Selon les explications fournies par des maçons trouvés sur les lieux du drame, la pluie et le vent violent ne sont venus qu’achever l’effondrement de ce mur érigé sans tenir compte de normes requises. Une jeune fille de 19 ans, une autre de 9 ans et un gamin de 6 ans ont trouvés la mort sur le champ.
La pluie qui s’est abattue dans la capitale congolaise dans la nuit du mardi 26 au mercredi 27 janvier 2010 a causé la mort de trois personnes d’une même famille au quartier Kimbwala, commune de Mont Ngafula. Il s’agit d’une jeune fille de 19 ans, une fillette de 9 ans et d’un petit garçon de six ans, décédés dans leur chambre. Celle des parents a été partiellement touchée. Mais la maman a eu des contusions sérieuses et a été acheminée dans une formation médicale. Le père, apparemment, se porterait bien.
Le vent a tellement soufflé en bourrasques qu’il ait emporté un pan du mur mitoyen construit par le voisin, entraînant dans sa chute une fondation de plus de deux mètres de hauteur qui a percuté la maison des victimes qui dormaient dans leur chambre. Elles ont été ensevelies sous les décombres et sont mortes sur-le-champ. Seul le petit garçon de 6 ans est l’enfant biologique du couple éploré. La jeune fille et la petite fillette étant respectivement une cousine germaine et la nièce de l’épouse.
Selon les explications fournies par des maçons trouvés sur les lieux du drame, la pluie et le vent violent ne sont venus qu’achever l’effondrement de ce mur érigé sans tenir compte de normes requises. Les travaux ont donc été mal exécutés. Ils font également remarquer le non-sérieux de leurs collègues commis à cette tâche. Plusieurs sacs de ciment destinés à la construction ont pris une destination inconnue.
En effet, la fondation a été construite sur un terrain en pente remblayé avec la terre noire pour avoir un même niveau. La base de la hauteur du tracé de cette fondation n’a débuté qu’au niveau de la terre remblayée, au lieu d’aller à une certaine profondeur de la terre ferme. Une fois le mur érigé, on n’a pas prévu la canalisation pour évacuer les eaux de pluie. Ce qui fait que celles-ci s’infiltraient facilement dans le sol remblayé, le rendant mou. En outre, ce sont les barres de fer de 6 mm qui ont été utilisées pour les colonnes. Ajouter à cela le «sabotage» des travaux non seulement par le soutirage des sacs de ciment, mais aussi par la construction en terre battue de certaines parties de la fondation. Pour maquiller leur forfait, les fameux maçons crépissent les joints. Sous l’action des eaux de pluies, plusieurs joints voient leur crépi céder. Et on ne peut que découvrir la supercherie.
A noter que le propriétaire de la parcelle commettait le tort de ne pas faire le suivi de l’exécution des travaux. A en croire les maçons interrogés, il avait tellement confiance à son «ingénieur» ou contre-maître. Il lui confiait matériel et argent. Mais lorsqu’il a eu vent de la disparition des sacs de ciment et autres barres de fer, il vient, quelques rares fois, ces derniers temps, font-ils remarquer.
Olivier Dioso/Le Potentiel
(Tkm/GM/PKF)