On ne cessera pas de parler des conséquences des déclarations de Karel De Gucht devant le parlement européen. De même, on ne cessera pas de s’étonner que le commissaire européen ait choisi de transporter le discours belge qu’il avait développé lorsqu’il était en charge de la diplomatie de ce pays, à l’Union européenne. Il va de soi que si Karel De Gucht devenait l’ange le plus proche de Dieu, il aura le même discours en tout lieu et en toute circonstance.

Il ne suffit pas de s’en étonner, mais il faut en mesurer les conséquences dès le moment où, il est vrai que ce discours n’est pas sans conséquences. Pendant qu’en Rdc on semble avoir classé le dossier et avoir pris le parti de jeter le bébé et l’eau du bain, en Belgique, pays de Karel De Gucht, on est loin de classer le dossier. La question revient pratiquement dans plus d’un débat sur les médias.

En Rdc, certains, cherchant la petite bête, veulent à tout prix et à dessein, élargir le cercle des soutiens à Karel De Gucht contre les dirigeants congolais. On a parlé de Louis Michel, de Colette Braeckman pour démontrer que les « karelistes » se recruteraient désormais même parmi ceux qui étaient considérés hier comme de grands soutiens de Kinshasa.

On sait que les politiciens peuvent facilement changer de discours, mais que cela arrive à un homme d’affaires qui aura fait preuve de sollicitude et de compréhension à la Rdc et au peuple congolais, on voudrait démontrer le vide qui se serait creusé autour de Kinshasa. Il suffisait de dire que même George Forrest, cet homme dont le Congo est sa seconde patrie et qui a démenti le dicton selon lequel « l’argent n’aime des bruits » en investissant en pleine guerre en Rdc, aurait par son homme de confiance, vice-président du groupe Forrest, rejoint Karel De Gucht. C’est tout l’intérêt de ce grossier mensonge autour des propos tenus par Pierre Chevalier à l’émission « De Zevende Dag » le dimanche 24 janvier dernier.

Car, si George Forrest qui est resté fidèle à ce pays pour tout lui donner, appuyait les propos de Karel De Gucht, les propos de Karel De Gucht auraient les apparences de vérité indéniable. Malheureusement pour les mauvaises langues, les propos de Pierre Chevalier ont été suivis par plusieurs témoins qui ont démenti le contenu qui leur est donné.

En effet, comme souligné plus haut, les propos désobligeants de l’ancien ministre belge des Affaires étrangères Karel De Gucht contre le gouvernement de Kinshasa font aussi la polémique dans son pays, en Belgique. Dans un article de la semaine dernière, la Libre Belgique s’inquiétait des conséquences des critiques de Karel De Gucht, Commissaire européen, sur l’aide budgétaire prévue par l’Union européenne au bénéfice du Congo.

D’abord parce que l’Union européenne se range derrière l’avis de De Gucht et que tant que le gouvernement congolais refuserait de lui remettre un visa, l’aide budgétaire risque d’être bloquée, concluait la consœur avant de poursuivre en disant qu’ensuite, parce que le futur Commissaire européen chargé de l’aide au développement, qui ne sera plus De Gucht d’ici quelques semaines, ne connaît pas le Congo et risque de se détourner de la question. Et pourtant, poursuivait La Libre Belgique, l’aide budgétaire européenne, plus de 200 millions d’euros, est cruciale pour le pays.

Compte tenu de tout cela, on peut dire que la critique de De Gucht ne pouvait donc pas tomber à un plus mauvais moment. Sur la télévision flamande VRT, le même sujet était au cœur du débat hebdomadaire de l’émission De Zevende Dag de dimanche dernier. Ici, c’est Pierre Chevalier, l’homme de confiance de George Arthur Forrest et vice Président du Groupe Forrest qui prend la parole. Il déplore dans son intervention une critique qui n’est pas nécessaire, ajoutant qu’un politicien, dans ce cas-ci Karel De Gucht, ne doit pas être une partie du problème, mais doit au contraire le résoudre.

Aujourd’hui, c’est de toute évidence le contraire auquel on assiste. Questionné sur la corruption, Chevalier rétorque que les financements de la Coopération belge au Développement est une aide qui va directement à des projets : pas de corruption possible. Même son de cloche du côté des actuels ministres belges des Affaires étrangères, Steven Vanackere, et de la Coopération au Développement, Charles Michel : pas question d’annuler le financement que la Belgique amène au Congo.

C’est même le contraire puisque le ministre congolais de la Coopération Internationale et Régionale, Raymond Tshibanda et le ministre belge pour la Coopération au développement, Charles Michel ont conclu de nouveaux accords de coopération renforcés. C’est donc bien au niveau de l’Europe que tout se joue ». Comme on le voit, le ciel est loin de s’abattre sur le Congo et sur les Congolais dans la mesure où les vrais amis de ce pays ne sont pas prêts à le lâcher conformément au souhait sournois de mauvaises langues.

JDG/L’Avenir


(DN/TH/GW/Yes)