Président de CD&V, M. Decroo soutient que lorsqu’on est engagé dans un dialogue avec un pays ou un peuple, on doit le faire dans le respect de la dignité de chacun.
Karel De Gucht désavoué par le parti politique de Alexandre Decroo, une personnalité marquante de la politique belge. Que diront les politiciens congolais qui l’avaient soutenu, estimant que le Congo devrait s’incliner devant la volonté arrogante de ce commissaire européen ? Pour le vice-premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht n’a pas le monopole de la préoccupation au sujet de la Rdc. La délégation de l’Ua conduite par Soumana Sakho, estime que la Rdc a beaucoup fait pour instaurer la paix et qu’à ce sujet, elle est un modèle à suivre en Afrique.
Au cours de la cérémonie de la présentation des vœux, le président de CD&V, parti auquel appartient Steven Vanackere, s’est désolidarisé du commissaire européen. Le président de ce parti politique, Alexandre Decroo a manifesté son soutien à la diplomatie de dialogue de Steven Vanackere. Pour le président de CV&D, lorsqu’on est engagé dans un dialogue avec un pays ou un peuple, on doit le faire dans le respect de la dignité de chacun. Il a, à ce sujet, dénoncé ce qu’il a appelé, la diplomatie de mégaphone. Il s’est félicité par contre de la diplomatie de Steven Vanackere qui permet d’instaurer le dialogue avec tous les partenaires de la Belgique. Il faut signaler que l’OPENVLD, parti de Karel De Gucht et le CV&D sont des partis chrétiens flamands qui font partie du gouvernement.
Cette position du parti de Alexandre Decroo est un désaveu à peine voilé des attitudes de Karel De Gucht. On ne sait pas comment Karel De Gucht va digérer cela. Mais, à la suite de cette réaction sans équivoque du CD&V, on aimerait voir la gueule de quelques politiciens congolais qui, à la suite de la décision du gouvernement congolais de déclarer Karel De Gucht persona non grata, sont montés au créneau pour dénoncer ce qu’ils ont abusivement appelé, réaction épidermique.
Ces politiciens sans personnalité et par conséquent sans discours, voulaient, on le sait, faire plaisir aux blancs en attendant en secret le certificat de fidélité et de servilité. Le parti auquel appartient Steven Vanackere et qui est en coalition gouvernementale avec le parti de De Gucht et qui aurait pu être le premier à le soutenir, vient de démontrer que même les blancs ont leurs fous dont il faut se méfier. Comme on le voit, en voulant être plus royalistes que le roi, ces politiciens congolais au discours volatile et changeant au gré d’intérêts, ne peuvent à ce jour éviter le ridicule.
Certains parmi eux se disaient hier révolutionnaires et d’autres des nationalistes. Mais, ils auraient voulu que Kinshasa néglige l’arrogance et les attitudes racistes de Karel De Gucht au profit de 285 millions de dollars Us dont le commissaire européen serait porteur et des relations sans heurts avec l’Europe. La suite des événements donne raison aux dirigeants congolais. Car, non seulement le parti de De Gucht désapprouve le commissaire européen, mais aussi, on ne voit pas pourquoi Kinshasa aurait reçu un commissaire européen qui est convaincu de n’avoir en Rdc aucun interlocuteur.
Karel De Gucht, c’est ce qui doit avoir exacerbé les dirigeants de CV&D, allié du parti de Vanackere au gouvernement, a dernièrement démontré que sa demande de venir en Rdc n’était qu’une provocation. Même la Commission européenne qui avait semblé le soutenir commence à se poser des questions. Les dernières déclarations de Karel de Gucht le dimanche dernier sur le plateau du « Zevende Dag (VRT) » est une preuve qu’il n’y a rien de constructif dans le comportement du commissaire européen.
Il s’en est pris au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères de son pays, Steven Vanackere l’accusant d’avoir été reçu par le président congolais, Joseph Kabila. On se demande donc ce que De Gucht serait venu faire au Congo, si, raciste, il estime qu’il ne peut pas serrer la main du président congolais et par conséquent ne peut pas prendre un verre de bière avec lui. Si telles attitudes ne sont pas racistes, on doit trouver une autre définition au mot racisme. Supposons que rien ne marcherait en Rdc, est-ce une raison que De Gucht qui vient donner des leçons ne puisse rencontrer ceux à qui il réserve ces leçons ?
La réplique de Steven Vanackere qui se trouvait encore au Burundi au moment où Karel De Gucht faisait ses déclarations, est intervenue à travers un texte enregistré. Le ministre belge des Affaires étrangères a fait remarquer à Karel De Gucht que « Personne n’a le monopole de la préoccupation » à propos de la Rdc. Karel De Gucht lui, estimait que la situation en Rdc s’améliorerait avec ses coups de gueule. Il a donc déclaré que : « Ce qui se passe au Congo est un drame inconcevable. En tant qu’être humain, je n’aurais pas pu me résoudre à avoir un entretien agréable avec Kabila, un verre de bière à la main ». Il n’y a aucune logique dans ce propos. Karel De Gucht est le seul à estimer que la situation de la Rdc est stationnaire. Et le ministre belge des Affaires étrangères lui a fait remarquer encore une fois qu’il ne revient pas à un ministre belge de « délivrer des diplômes » aux dirigeants congolais.
Raciste, Karel De Gucht a estimé qu’en causant avec les dirigeants congolais, le ministre Sten Vanakere s’était « aplati » devant Joseph Kabila. Le Chef de la diplomatie belge a saisi l’occasion pour donner une leçon de savoir-vivre à Karel De Gucht en lui démontrant qu’il avait eu avec le président congolais une rencontre courtoise. Cela ne les avait pas empêchés d’évoquer tous les problèmes du Congo.
Dans sa haine, le commissaire européen, Karel De Gucht est incapable de trouver une ironie qui valle la peine en disant que depuis qu’il a quitté la diplomatie belge, « cela va mieux au Congo, il y a moins de viols, la situation dans l’Est s’arrange et la corruption est combattue ». Il part de prémisses dont la certitude ne se trouverait que dans son jugement du reste corrompu par la haine. La vérité, c’est que la situation en Rdc a beaucoup changé. Si c’est cela qui peut conditionner un verre de bière avec le chef de l’Etat congolais, le ministre Vanackare avait donc raison de prendre ce verre de bière.
Lorsque Karel De Gucht déclare : « Si ce n’est pas le cas, je ne pourrais pas imaginer que le ministre Vanackere, si bien intentionné, aille boire un verre de bière avec Kabila. Je ne l’ai d’ailleurs jamais fait », il trouve des contradicteurs aussi bien en Europe qu’en Afrique. En Belgique, il doit compter avec la réaction de son gouvernement particulièrement de son successeur à la diplomatie belge qui lui avait fait savoir, au sujet de la venue du roi en Rdc le 30 juin prochain lors des festivités du cinquantenaire de l’indépendance de la Rdc que : « J’ai le sentiment que, pour gagner la confiance, l’on doit aussi donner quelque chose ». Décidé de tourner la page De Gucht, le chef de la diplomatie belge prend un engagement : « je voudrais mener une diplomatie efficace, axée sur les résultats ».
Charles Michel rejette les propos de De Gucht
Pour sa part, le ministre belge de la Coopération, Charles Michel (MR) félicite Steven Vanackere pour les contacts qu’il a eus avec Joseph Kabila, contacts que Karel De Gucht dénonce. Le ministre belge de la coopération a fait cette déclaration lundi dernier sur les antennes de la VRT. Pour lui, « la politique de la démolition » ne porte pas de fruits. Par conséquent, a-t-il poursuivi, « Il est logique que le ministre Vanackere s’il va au Congo ait des contacts avec les acteurs politiques ».
Le plus important, a dit le ministre Charles Michel, ce sont les résultats. Les propos de Karel De Gucht ne sont pas parole d’Evangile. Pour Charles Michel, c’est son droit de donner son avis. Et le ministre belge de dire partager la préoccupation sur la situation humanitaire en Rdc. J. Kabila lui-même et son gouvernement ne sont pas moins préoccupés par cette situation. Il est cependant cynique de rendre les dirigeants congolais responsables de cette situation dont ils s’occupent jour et nuit au prix des sacrifices.
L’UA contredit De Gucht
Karel De Gucht, non seulement n’a pas le monopole « de la préoccupation sur la situation de la Rdc », mais aussi n’a pas la primauté de jugement sur ce qui se passe dans ce pays. La délégation de l’Ua qui séjourne au Congo a loué les efforts du gouvernement de la Rdc dans la recherche des solutions dans le renforcement de la paix et de la sécurité sur toute l’étendue de son territoire. C’est l’ancien Premier ministre du Mali, Soumana Sakho, chef de cette délégation de l’Ua qui a fait le constat que beaucoup d’autres dirigeants européens et américains ont déjà fait. Comme par hasard, il n’y a que Karel De Gucht qui ferait un constat contraire. En ce qui concerne Soumana, son avis, mieux sa conviction est que la Rdc a réussi le processus de paix avec la réinsertion et la réintégration des anciens rebelles notamment en cherchant à résoudre les problèmes liés à sa situation de pays post conflit.
Il a poursuivi en disant que la Rdc a fait montre des capacités à aider les autres pays du continent par le maintien de la paix. « Il s’agit d’un bel exemple de solidarité africaine et une démonstration de ce que peut réussir l’Afrique unie dans la prise de ses responsabilités pour trouver des solutions aux problèmes africains », a dit Soumana Sakho avant d’ajouter que la Rdc est à ce titre, « un exemple concret qui peut profiter aux pays africains membres de l’Ua ». Tout ceci démontre que le discours de Karel De Gucht n’est crédible qu’auprès de certains illuminés sollicitant en rampant, les attentions de certaines chancelleries.
Joachim Diana G./L’Avenir
(TN/TH/GW/Yes)