Comme pour se solidari­ser avec leur collègue Oswald Wazalugendo, le conseiller fi­nancier qui a décrété une grève de faim il y a dix jours, les mem­bres du bureau de la Commis­sion électorale indépendant (CEI) ont depuis hier mardi, suspendu leur participation aux réu­nions de leur bureau ainsi que celles de la plénière de la CEI. Et ce jusqu’à ce que leurs pré­occupations trouvent des solu­tions. Il s’agit notamment du 1er vice-président et des rappor­teurs-adjoint de la Cei.

Pour cause, ces mem­bres du bureau de la Cei con­testent bien de faits. Entre autres, ils notent l’absence pro­longée des débats internes délibérément entretenue par l’Abbé président de la Cei, Apollinaire Malu-Malu. Ils regrettent le dysfonctionnement et la paralysie des organes de la Cei dont le bureau, l’assemblée plénière et les commissions spéciales par le fait de leur président.


Ces membres du bureau de la Cei déplorent aussi la confiscation de la gestion des affaires administratives et financières entre les seules mains de l’Abbé président de la Cei en violation, renseignent-ils, du principe de la collégialité repris dans l’article 3 alinéa 3 de  la loi organique de la Cei, ils constatent également les ab­sences trop fréquentes et pro­longées du président Malu-Malu de la Cei, toujours et tous les jours en voyage.

Les quatre collaborateurs de l’abbé Malu-Malu regrettent amèrement la situation sociale plus que noire, et de plus en plus désespérée des membres, ca­dres et agents de la Cei sur l’en­semble du territoire, due à l’impaiement de leurs salaires voilà bientôt une année. Ils dé­plorent encore l’indifférence et l’insensibilité du Gouvernement à leurs différentes revendications. Ils sont aussi soucieux de l’avenir du processus électoral entamé depuis 2005 jusqu’à ce jour inachevé et craignent de le voir retardé ou interrompu. Signalons que plusieurs autres points ont été également énumérés quant à ce.

Par ailleurs, les quatre membres du bureau de la Cei demandent à leur collègue Wazalugendo de suspendre sa grève de faim d’autant plus que son état de santé devient critique. Les membres de la Cei semblent en retard par rapport à leur président qui attend avec impatience l’enterrement de la Cei et à la naissance de la Ceni.

Le Conseiller financier de la CEI s’évanouit après neuf jours de grève de faim

Un jour de grève de faim pour un mois d’arriéré de salaire. Telle est, vraisemblablement, la démarche méthodologique brutalement dégagée par le Conseiller Financier de la Commission Electorale Indépendante qui a voulu se faire entendre. Avec cette pratique importée, peu habituelle dans la culture congolaise, mais interpellateur, Oswald Wanzalugendo, c’est de lui qu’il s’agit, a tenu à sonner le tocsin d’une situation alarmante de la trésorerie de la CEI. Il était utile et urgent, raconte-t-il après réanimation, d’envisager un mécanisme capable de porter la voix auprès de ceux qui s’évertuent à tirer en longueur leurs « querelles d’allemands », autour du budget 2010.

Pendant près de dix jours, l’homme a refusé de s’alimenter car, n’ayant rien pour vivre ni pour faire vivre sa famille. Tombé évanoui à son dixième jour, les siens l’ont vite acheminé au Centre hospitalier Nganda, où ses jours sont mis hors de danger. Il faut dire que l’homme a ceci de particulier, qu’il a accepté de payer le prix de sa décision alors qu’il s’agit du sort de nombreux travailleurs. Et, loin de paraître rigolote, la nouvelle doit interpeller au plus haut point les Députés et Sénateurs ainsi que le Gouvernement qui, jusque là, oublient que le fonctionnement harmonieux de cette institution est gage d’une bonne élection.

D’où, vient que le Gouvernement, auquel Oswald Wanzalugendo a adressé un mémorandum, doit se ressaisir, non seulement pour le cas de la CEI, mais également pour ceux qui comptent des années d’arriérés de salaire. Il en va du sérieux et de la qualité des services à rendre. Le cas de ce digne fils du pays, qui a pourtant renoncé  à un travail aux Etats-Unis d’Amérique où il a vécu pendant 16 ans, n’encourage pas ceux de la diaspora à envisager un retour au pays.

Depuis des semaines, la situation du non paiement des salaires de cadres et agents de la Commission Electorale Indépendante (Cei), défraie l’actualité. Hélas ! Pour certain, le ras-le-bol a atteint le summum. Le samedi l6 janvier 2010, alors que le pays commémorait la mort de M’zée Laurent-Désiré Kabila, c’est le même jour que choisi le Conseiller Financier de la CEI, Oswald Wanzalugendo, pour démarrer sa grève de faim. Car, ne sachant plus quoi faire après avoir vivoté pendant neuf mois sans salaire.

Cependant, avant de se priver de la nourriture, il a pris soin d’adresser un mémorandum au Premier Ministre en réservant copie aux Ministres des Finances et du Budget ainsi qu’aux Présidents de deux chambres du Parlement, a-t-on appris. N’eut été les proches du gréviste, avons-nous appris. le pire serait arrivé. Parce qu’à son dixième jour de grève, l’homme est tombé évanoui et a été rapidement amené au Centre hospitalier Nganda, le dimanche 24 janvier 2010, où ses jours ne sont plus en danger.

Un moyen de communication

Dans un pays où on ne copie que ce qui est bureaucratique, et les autres aspects secondaires (veste Jeeps…), les chefs des institutions doivent lire, entre les lignes, cette autre forme de communication importée de l’occident. En effet, les uns et les autres doivent comprendre que le temps perdu inutilement autour de l’affectation des ressources additionnelles a causé préjudice à toute la République. Sinon, la solution serait déjà trouvée. Ainsi, si le commun des mortels, habitué à sa vie prosaïque, peut en rire, il ne peut être autrement avec les « décideurs ».

Besoin de réajuster les choses

En cette année judiciaire, chaque institution devrait veiller au grain pour que l’année 2011, celle des élections, ne puisse pas connaître des telles failles. Surtout que la Commission Electorale Indépendante, muée bientôt en Commission Electorale Nationale Indépendante, tient la balance de la crédibilité des élections. Par ailleurs, au moment où certains ne jurent que par l’Occident, il ne peut, en aucun cas, être commode de pousser ceux qui sont rentrés au pays, de ressasser le passé. C’est le cas de ce compatriote qui a abandonné du boulot aux Etats­ Unis pour rentrer au pays en vue de participer à sa reconstruction. Ils sont rares.

L'Avenir/La Prospérité


(TN/TH/GW/Yes)