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Il y a neuf ans jour pour jour que le président Joseph Kabila a accédé au pouvoir à la tête de la RDC en succédant à son prédécesseur et père feu M’Zée Laurent-Désiré Kabila. Le bilan que dresse la classe politique de cette presque décade de pouvoir est teintée de vues partisanes qui ne s’empêchent pas de s’accorder sur l’essentiel de la progressive restauration du pays conduite avec maîtrise par l’homme du 26 janvier 2001

Le 26 janvier 2010 aura marqué la neu­vième année de pouvoir continu de Jose­ph Kabila Kabange, périodes de transition et poste électorale confondues.

D’abord en tant que président de la République de fait, mais néanmoins désigné par la nomen­klatura de l’époque, par consensus, pour des raisons évidentes de sécurité et pour préserver le pays d’une vacance de pou­voir dont personne ne pouvait imaginer l’issue.

Pour rappel, Jo­seph Kabila Kabange avait succédé, le 19 janvier 2001, à son père et prédécesseur, Laurent-Désiré Kabila, assassiné le l6 janvier 2001 à Kinshasa.


A ce titre, il avait prêté le serment constitutionnel devant les membres de la Cour suprême de justice, devenant ainsi le quatrième président de la RD Congo succes­sivement après Joseph Kasa-­Vubu, Joseph-Désiré Mobutu et Laurent-Désiré Kablia. Ensuite en tant que Président de la Républi­que démocratiquement élu au suf­frage universel direct à l’issue d’un scrutin libre. Au décompte, cela fait donc neuf ans d’exercice d’un pouvoir dont le bilan est jugé posi­tif par la majorité qu’il s’est forgée rassemblée au sein de « l’Alliance pour la majorité présidentielle (AMP) », tandis que, comme il fal­lait s’y attendre, ses opposants estiment ce bilan « négatif », beaucoup restant à faire.

Selon Gaston Musemena, député de la majorité présidentielle et l’un des fidèles lieutenants du président Kabila cité par la radio onusienne « Okapi.net » qui se fait l’écho de cet anniversaire, « pour juger l’action de Joseph Kabila, il faut garder présent à l’esprit les circonstances qui l’ont conduit au pouvoir. Le pays traversait une période de guerre et de chaos. Il était donc la solution acceptée tant par la communauté nationale que internationale ».

Pour le député Musemena qui juge le bilan de neuf ans de pouvoir de Joseph Kabila « large­ment positif », ce ne sont pas des faits l’attestant qui font défaut. Il épingle à l’actif de Kabila Kabange entre autres, la réunification et la pacification - quoique relative parce que des résidus des élé­ments de la rebellions hutu rwan­daise continuent encore d’écumer une partie de l’Est du pays - de la RD Congo jusqu’il y a peu déchi­rée par les rebellions menées à la fois par le Rassemblement Con­golais pour la Démocratie dans les Kivu et le Mouvement de Libéra­tion du Congo (MLC) au Nord.

Sans compter d’autres roitelets qui pontifiaient dans des républiquettes non autrement iden­tifiées où étaient levées des taxes et caractérisées par un intense tra­fic des richesses minières et na­turelles. Autre fait marquant que Musemena met également à l’ac­tif du président Kabila, c’est l’inauguration de la troisième Républi­que au terme de l’organisation parfaite de la première élection présidentielle au suffrage universel en 2006. On se rappellera qu’il avait remporté cette élection après un second tour très disputé avec son challenger du MLC, Jean-Pierre Bemba, largement battu et, depuis, prisonnier et en instance d’être jugé par la Cour pénale in­ternationale de la Haye (Hollande) pour des « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité » que ses troupes auraient commis -Il fut à l’époque des faits chef militaire hiérarchique de son mouvement, le MLC -en Centrafrique tour à tour en 2002 et 2003.

Musemena reconnaît que « beaucoup d’efforts sont fournis pour effacer la dette de la RD Congo et améliorer les conditions de vie des populations ». Avec la fin des conflits armés majeurs en RDC, estime-t-il, « le programme de reconstruction du président Kabila Kabange, mieux connu sous le label 5 chantiers de la République, conserve toutes les chances d’aboutir parce que le pays est déjà pacifié ».

Beaucoup reste à faire

Si pour sa part l’opposition reconnaît aussi certains points positifs dans la gouvernance du président Kabila, le député Jean-Martin Mukonkole qui évoque éga­lement la réunification du pays qui reste n’importe comment un fait indéniable, met cependant un bémol à ce bilan qu’il juge, lui, au nom de cette opposition, « globalement négatif ». « Il en veut pour preuves, le retard ou l’absence observée dans la matérialisation de plusieurs élé­ments du programme du gouver­nement ». L’armée, selon lui, n’est pas reformée, les budgets de l’Etat ne sont pas exécutés, la produc­tion agricole ne redécolle pas alors que le secteur minier tend à disparaître. Cela ne fait l’ombre d’un moindre doute.

La Gécamines, autrefois con­sidéré comme le poumon économique de la RD Congo avec une contribution de l’ordre de 70% au budget de l’Etat n’est plus, depuis de nombreuses années, que l’om­bre d’elle-même. De ses cendres sont nées des sociétés tentaculaires qui se nourrissent aux mamelles de ce géant d’argile. Cela est une autre évidence qu’il ne faut pas éluder. Mais à sa décharge, Kabila Kabange lui-même l’a reconnu et ordonné par conséquent la réforme du secteur minier qui se poursuit encore. Les affirmations du député Mukonkole sont confortées, dans le secteur social, par des grognes qui se succèdent à un rythme d’enfer et se ressemblent toutes, à quelques exceptions près. A ce sujet, faut-il rappeler que le prési­dent de la République, dans son message des vœux de fin d’année, a décidé de placer l’année 2010 sous le signe du social.

Lorsqu’il lui arrive d’évoquer la décentralisation du reste déjà consacrée par une loi, ce député de l’opposition fait observer que le passage aux 26 provinces comme prévu dans la constitution n’est pas encore opérationnel, tandis que les provinces ne sont toujours pas autorisées à retenir à la source les 40% des recettes auxquels elles ont droit conformément aux prescrits de la constitution. Il es­time que « beaucoup reste à faire pour que ce programme ne de­meure pas un simple chapelet de bonnes intentions ».

Au sujet de cette décentrali­sation qui fait polémique, deux thè­ses s’affrontent depuis quelque temps. D’un côté les partisans de la « décentralisation tout de suite » au nombre desquelles les provinces à viabilité relative, et de l’autre, le Bas-Congo et le Katanga notamment, ceux qui souhaitent qu’elle soit différée sine die. Les premiers parce que cette décen­tralisation est la seule voie devant mener les provinces nouvellement créées à leur développement à tous points de vue, tandis que les seconds parce que la mise en application de cette nouvelle forme de l’Etat est susceptible d’appau­vrir davantage notamment les en­tités territoriales décentralisées qui n’ont, pour l’heure, ni infrastructu­res publiques, ni infrastructures routières appropriées.

Beaucoup estiment que la décentralisation doit être progressive, graduelle. A ce sujet, même le prési­dent de la République, émettant un avis personnel lors d’une inter­view, avait épousé la thèse d’une « décentralisation progressive » . Il n’est pas sans intérêt de rappeler que tout récemment encore, le gouvernement a ordonné l’arresta­tion, au Katanga, de certains ac­teurs politiques qui avaient cru devoir réveiller les vieux démons de l’épuration ethno-tribal. C’est notamment le cas des communau­tés balubakat et Sympia Luanzo qui divergent sur la manière de la mise en oeuvre de cette décentra­lisation.

Procès des assassins

Controverse sur le bilan de neuf ans de pouvoir de Joseph Kabila - c’est aussi cela qui fait la force de la démocratie, l’unani­misme étant une antithèse de la pratique démocratique - contro­verse également sur le procès « suspendu » des assassins de M’zée Laurent-Désiré Kabila. Par­tant, selon la radio onusienne, il est difficile d’aborder l’avènement de Joseph Kabila Kabange au pou­voir sans faire allusion aux con­damnés du procès de feu Kabila.

A ce sujet, interrogé le 17 janvier dernier par France 24, à l’is­sue d’une messe en mémoire des héros nationaux, l’archevêque de Kinshasa, Monseigneur Laurent Monsengwo Pasinya, a déclaré notamment: « Je demande que la justice fasse son travail le plus vite possible pour que ces gens soient jugés ou libérés. Le jugement du tribunal disait qu’il fallait complé­ter les enquêtes. Nous disons donc: complétez ces enquêtes ou libérez-les ! ». Il y va de l’équité dans la notion de la « tolérance zéro ». Près de 51 détenus dans cette affaire croupissent encore et toujours derrière les barreaux du CRPK/Makala, en attendant le réexamen de leur dossier judiciaire. Celui-ci n’est pas encore à l’ordre du jour.

Jeff Kalambaie/Uhuru


(DN/TH/GW/Yes)



Last edited: 28/01/2010 13:50:17

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