Du 20 au 22 janvier 2010 se tient à Ouagadougou une conférence internationale sur l’éducation. L’intégration des langues et cultures africaines dans l’éducation est la clé de voûte de cette réunion.

Elle réunit des experts et des ministres africains de l’éducation qui se donnent le mandat de réfléchir sur cette thématique.

A cette occasion, une trentaine de journalistes africains sous l’égide de l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique prennent part à cette conférence. C’est le ministre burkinabé de l’Enseignement de base, Marie- Odile Bonkoungou, qui a présidé l’ouverture de la rencontre dans la salle de conférences de Joly Hôtel.

L’Afrique subsaharienne regorge plus de deux mille langues locales. Parmi ces dialectes, seules 176 langues nationales sont utilisées dans les écoles. Ce constat de l’UNESCO est plus controversé puisque les enseignements en majorité commencent par une langue étrangère en Afrique.


Malheureusement, ces langues locales qui côtoient les langues étrangères n’assument pas une fonction assez valorisante quant à leur utilisation dans les écoles. « Elles végètent en marge des systèmes nationaux au risque de s’appauvrir graduellement et disparaître tôt ou tard, dira Odile Bonkoungou, ministre de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation (MEBA) du Burkina, dans son discours d’ouverture.

Elle sera suivie par Ahlin Byll-Cataria, secrétaire exécutif de l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA) et de Adama Ouane de l’Institut de l’UNESCO pour l’éducation tout au long de la vie (UIL).

Tous ont souligné dans leur intervention l’utilisation de nos langues nationales comme facteur essentiel dans le processus de l’accélération de l’offre éducative.

Du reste, une étude de 2005, commandée par l’ADEA, l’UIL et la GTZ et présentée à une conférence à Windhoek (Namibie) sur la thématique, avait montré la nécessité de promouvoir l’éducation multilingue pour améliorer les résultats de l’apprentissage et l’efficacité des systèmes éducatifs africains.

La conférence de Ouagadougou s’est voulue un continuum sur l’amélioration et de l’apprentissage de la qualité de l’éducation à travers l’utilisation des langues et des cultures africaines.

Venus de pays africains comme le Congo Brazzaville, la Libye, l’Ouganda, le Togo, la Centrafrique, le Malawi, etc., les ministres en charge de l’éducation de base ont 72 heures pour se pencher sur les difficultés qui entravent la mise en oeuvre effective des politiques d’éducation par les professionnels, les experts et chercheurs de ce secteur.

Avec les partenaires au développement, ils passeront au peigne fin les enjeux politiques et techniques liés à l’introduction des langues et cultures africaines.

Se basant sur les expériences du Burkina qui a enregistré des avancées significatives, les participants ont planté le décor de leur réunion par des visites de terrain dans la province d’Oubritenga (Loumbila) où des écoles bilingues et multilingues spécialisées ont donné des résultats concluants.

Dans ce village situé à une vingtaine de kilomètres de la capitale (Ouagadougou), la délégation ministérielle était accompagnée d’une trentaine de journalistes africains. Sous l’égide de l’ADEA, ces hommes de médias à l’issue des échanges d’expériences, ont pris la ferme résolution de contribuer à la réalisation des objectifs du plan d’action de l’Union africaine pour la deuxième décennie en matière d’éducation en Afrique.

La conférence débouchera sur l’adoption d’un guide des politiques sur la mise en oeuvre de ces réformes.

Le ministre hôte de la rencontre sur l’éducation a souhaité que cette réunion puisse générer des solutions à la problématique de l’intégration des langues et cultures africaines dans l’éducation ainsi que les défis et les implications posés par cette intégration.

Marie-Odile Bonkoungou, dont les collègues des autres pays ont salué les expériences, a, au nom du gouvernement burkinabé, remercié les participants pour cette synergie d’action en faveur de la valorisation des langues locales.

Le Palmarès


(Tkm/BT/PKF)