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Pendant que Kinshasa observe impassible la nouvelle irritation de Karel De Gucht contre les autorités de la RDC, l’actuel chef de la diplomatie belge Steven Vanacker rétorque au maugréant que la compassion pour les Congolais n’est un monopole réservé à personne

Incorrigible Karel De Gucht. Il tient coûte que coûte à se rappeler à la bonne mémoire des Congolais qui auraient sans doute tendance à l’oublier. Il vient de remettre ça comme on dit en mettant les pieds dans le plat, cette fois-ci en s’en prenant à ce qu’il qualifie d’ « attitude complaisante » de la Belgique vis-à-vis de la RD Congo. Bien plus, il est pris la mouche du coche contre son successeur à la rue des Quatre Bras, à Bruxelles, Steven Vanacker (nouveau ministre belge des Affaires étrangères), qui vient d’effectuer une visite de travail de trois jours dans notre pays.

 
Karel De Gucht n’a pas raté l’occasion de dire, le week-end dernier, tout le mal qu’il pense des dirigeants congolais et, avec eux Joseph Kabila en tête.

« Je ne qualifierai pas d’agréable la rencontre de Vanacker autour d’un verre de bière avec Kabila », a déclaré le téméraire (dans le mal) Karel De Gucht. Réponse du berger à la bergère dans le pur style des sempiternelles et ennuyeuses querelles belgo-belges dont les Congolais n’ont que faire, le ministre des Affaires étrangères a rétorqué à l’étape de Kigali que « nul n’a le monopole de la compassion ». Envers le peuple congolais.

Au-delà de l’accueil chaleureux qu’il a reçu au cours de sa visite au Congo, Steven Vanacker a indiqué que ce qui intéresse la Belgique, c’est plutôt l’ « intérêt » des Congolais. « Je l’ai dit au président Kabila avec courtoisie, parce que s’il ne nous écoute pas, la Belgique perd son influence. C’est pourquoi notre objectif est que la Belgique retrouve son influence au Congo ». Au cours de la période des difficultés dans les relations belgo-congolaises, a fait observer le ministre Vanacker, les Etats-Unis et la France ne s’étaient pas intéressés au Congo, « voilà pourquoi je tiens à ce que la Belgique retrouve son influence en RDC », a déclaré sur la radiotélévision flamande BRT le ministre belge qui a révélé axer « sa » politique sur l’ « efficacité ».

Querelle autour d’un verre de bière

Le moins que l’on puisse dire de ces nouvelles déclaration du Commissaire européen, qui n’a plus la charge du Développement et aux Affaires humanitaires, mais celle du Commerce extérieur depuis quelques temps, est qu’il n’a pas du tout apprécié, non seulement la visite de son successeur au ministère belge des Affaires étrangères dans notre pays, mais aussi et surtout l’accueil chaleureux que lui a réservé les autorités congolaises, à commencer par le numéro un d’entre eux, qui l’a reçu dans son ranch de Kasumbalesa, à quelque 100 kilomètres de Lubumbashi.

De telles déclarations, dont on est déjà familier, interviennent quelques jours après le refus annoncé du gouvernement congolais d’accorder le visa d’entrée à ce personnage belge très bavard rongé par une jalousie morbide qui n’ose pas dire son nom à l’égard de son successeur au ministère des Affaires étrangères. Qu’il n’ait pas apprécié - c’est son droit le plus légitime - la rencontre de Vanacker et Kabila autour d’un verre de bière », c’est aussi vouloir insinuer qu’il aurait tant aimé être, lui, à la place de Steven Vanacker pour partager ce verre de bière-là avec un Kabila qui préfère l’ignorer.

Mais, on va aider De Gucht en lui rafraîchissant la mémoire que la Belgique, son plat pays pour emprunter à son célèbre compatriote Jaques Brel, compte énormément des tavernes et des hôtels de standing, des pubs à l’anglaise et organise jusque dans les profondeurs des villages flamands tout le long de l’année kermesses et autres manifestations foraines où la bière coule à gogo. A propos de la bière justement, si Kabila a pu s’offrir - qui lui en dénierait cette liberté? - le plaisir d’en partager un verre avec Vanacker, qui a été son hôte pendant quelques heures, Karel De Gucht peut tout aussi bien s’en offrir, seul ou avec qui il veut, dans ces endroits dont il a le libre choix, en portant également son choix sur pas moins de 121 marques de bières produites en Belgique, au nombre desquelles la célèbre brune « mort subite » qui porte bien son nom et qui lui ferait davantage perdre la tête.

Le péché mignon de Mende

Le plus choquant dans l’ « affaire » Karel De Gutch, c’est qu’il se recrute, dans la classe politique congolaise, des personnes qui estiment - à tort assurément - que l’ancien ministre belge des Affaires étrangères a le droit de porter n’importe quel jugement autant sur les dirigeants congolais, indistinctement, que sur leur manière de diriger les affaires de l’Etat. Du coup, le ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mende Omalanga, par ailleurs porte-parole attitré du gouvernement, se trouve pris, bien malgré lui, au centre d’une controverse qui n’a pas lieu d’être.

En cause, ses prises de position en riposte aux égarements à n’en jamais finir de l’incorrigible Karel De Gutch. Que ce personnage peu respectueux des usages diplomatiques et discourtois s’offre le malin plaisir, on va plutôt écrire la maladresse de faire des observations idiotes à la limite des injures à l’endroit des autorités congolaises, passe encore.

Mais voilà qu’il se trouve des personnes en RD Congo se croyant bien placées pour sinon approuver, en tout cas pour amplifier son discours. C’est le comble qu’on ne pouvait pas imaginer. On a même été scandalisé d’entendre certains abonnés présents des plateaux des télévisions de proximité tenter de justifier les déraisonnements de ce commissaire européen.

Le péché mignon de Lambert Mende Omalanga est d’avoir vigoureusement réagi, dans la foulée de l’énergique protestation officielle de son collègue des Affaires étrangères, Alexis Thambwe Mwamba, ayant agi lui-­même dans le cadre normal de ses prérogatives en tant que ministre de ce secteur bien précis.

Ceux qui trouvent le moyen de jeter la pierre à Mende ne disent pas si le ministre de la Communication et des Médias n’avait pas qualité, en tant que porte-parole officiel du gouvernement, pour élever la voix au nom de celui-ci. N’importe quelle autre personne, ministre ou pas, portant la casquette de porte-­parole aurait plutôt fait preuve de son incompétence en se tenant coite face à des déclarations du genre de celles de Karel-le ­flamingant. On est porte-parole ou on ne l’est pas. L’opposition peut-­elle justifier sa course effrénée vers la recherche d’un porte-parole en qui elle devra se reconnaître?

A moins que les pourfendeurs de Mende nous disent que son rôle, en tant que porte-parole justement, est circonscrit aux seuls comptes ­rendus des réunions du Conseil des ministres. Ce qui serait une hérésie. Non, cette qualité et ce titre lui donnent le droit d’engager le gouvernement en toute circonstance et chaque fois que de besoin. Ne leur en déplaise, il joue ce rôle avec un rare brio.

On l’a vu face aux exagérations des radios périphériques - quoique très appréciées chez nous pour des raisons évidentes - dont une correspondante pas trop zélée s’est arrogé les droits que la souveraineté de l’Etat congolais ne lui reconnaît pas. Il fallait l’arrêter et c’était fait sans que cela n’ait en rien enfreint la liberté de la presse que l’on ne doit pas confondre avec la licence.

On l’a également vu face aux montages grossiers de certaines ONG des droits de l’homme qui ont cru devoir rapporter ce que les yeux du plus grand nombre - les Congolais - n’ont pas vu. Puisqu’il est à sa place, le ministre de la Communication et des Médias à chaque fois réagi au moment qu’il fallait, donc selon les exigences de l’actualité ou de l’événement. On n’a pas à l’aimer ou à le détester du moment qu’il reste dans les limites de ses fonctions et de ses prérogatives. Celles de porte-parole notamment. Trêve de prêchi-prêcha, la controverse n’a pas lieu d’être.

Karel De Gucht a péché, il fallait qu’il y ait quelqu’un pour lui donner la claque à la mesure de sa bêtise. Mende l’a fait et c’est mieux ainsi. Quant aux autres, ils n’ont qu’à la boucler. Ainsi, les canards du Bon Dieu seront bien gardés.

Charles Michel de la Coopération prend parti pour Steven Vanacker

Le ministre de la Coopération, Charles Michel (MR) défend l’entretien qu’a eu le ministre des Affaires étrangères, Steven Vanackere (CD&V) avec le président congolais, Joseph Kabila. Il a remarqué lundi sur les antennes de la VRT que la « po­litique de la démolition » ne rapportait rien. « Il est logique que le ministre Vanackere s’il va au Congo ait des contacts avec les acteurs politiques », a souligné Charles Michel, remarquant que cela ne signifie pas qu’il apporte son soutien, mais qu’il a la capacité pour plaider pour la bonne gouvernance et pour s’atta­quer au problème de la corruption.

Pour Charles Michel, il appartient au ministre des Affaires étrangères belge de conduire le dialogue avec le gouvernement congolais. Le plus important, ce sont les résultats, a-t-il remarqué.

Concernant les propos critiques du commissaire européen pour le développement et l’aide humanitaire, Karel de Gucht (Open Vld), Charles Michel souligne qu’il est libéral et qu’il pense donc que M. De Gucht a la liberté de donner son avis. Il remarque qu’il partage l’analyse du commissaire européen sur la situation huma­nitaire au Congo.

Belga/Uhuru/Le Potentiel


(DN/Tkm/GW/Yes)



Last edited: 26/01/2010 16:21:04

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