Les mesures d’ajustement budgétaire et monétaire prises l’année dernière 2009 ont épargné la RDC de la catastrophe pourtant frôlée et évitée de justesse, a révélé le gouverneur de la BCC Jean Claude Masangu à la 1ère réunion qu’il a présidée du comité de politique monétaire
La RDC est passée en 2009 à deux doigts de la catastrophe. Alors que toutes les conditions étaient réunies pour être ballottés par les courants d’air, une embellie s’est heureusement annoncée. On l’a vraiment échappé belle. A l’occasion de la 1ère réunion du comité de politique monétaire qui s’est tenue vendredi sous sa présidence, Jean-Claude Masangu a défini les missions essentielles dévolues à cet organe composé des experts de la politique monétaire et de change de la Banque centrale et qui a été élargi aux experts de la Présidence de la République, de la Primature, ministères des Finances et du Budget.
Il en a profité pour expliquer comment la RDC a évité une détérioration plus profonde du cadre macro-économique, Masangu Mulongo a rappelé que la politique monétaire a été menée en 2009 dans un contexte difficile marqué par des chocs internes et externes ayant affecté profondément le cadre macroéconomique. Globalement, devait-il préciser, le taux d’inflation s’est établi à 53,4 % et la monnaie nationale s’est dépréciée de 29,2 % en 2009 contre respectivement 27,6 % et 21,3 % en 2008. N’eût été la prise de différentes mesures d’ajustement budgétaire et monétaire par le gouvernement et la Banque centrale du Congo, La détérioration du cadre macro-économique aurait été plus profonde.
La cible d’inflation est établie à 15% dans un contexte de ralentissement de la croissance de la base monétaire et de la masse monétaire fixée respectivement à 22 % et 27%. Pour le premier trimestre de cette année, il prévoit le maintien du dispositif actuel d’instruments de politique monétaire, le taux directeur (70 % l’an) et le coefficient de la réserve obligatoire (7 %), toutes choses étant égales par ailleurs, pour prévenir contre ce qu’il a qualifié d’évolution erratique de l’Inflation et du taux de change. Cependant, a-t-il fait remarquer, si la stabilité se consolide à terme, l’Institut d’émission pourrait envisager la possibilité d’assouplir la politique monétaire.
Missions et structures du comité de politique monétaire
Pour Jean-Claude Masangu, les missions essentielles du comité de politique monétaire, organe placé au service de l’autorité monétaire, sont notamment de suivre au jour le jour, l’exécution de la politique monétaire et de change en évaluer les résultats par rapport aux cibles fixées par la programmation monétaire proposer à l’autorité monétaire, des mesures de politique monétaire et de change, ainsi que toute autre mesure pouvant améliorer la conduite de cette dernière.
Et enfin, suivre l’évolution de la conjoncture économique intérieure et internationale en vue d’anticiper les problèmes et les chocs qui pourraient affecter la politique monétaire et de permettre à la BCC de mener une politique monétaire et de change anticipative.
Le comité de politique monétaire est présidé par le gouverneur de la BCC avec comme vice-président, le directeur général en charge de la politique monétaire et des opérations bancaires. Et dispose d’un bureau composé des cadres de la BCC, des experts de la présidence de la République, la primature et des ministères des Finances et du Budget. Le CPM comprend deux sous-comités techniques. Composé par des cadres supérieurs de la BCC, le premier appelé comité de politique monétaire restreint (CPMR) est chargé de statuer sur les problèmes urgents de politique monétaire et de change et de valider le montant d’appel d’offres des BTR et des adjudications des devises.
Le second sous-comité appelé sous-comité technique des prévisions de la liquidité ( SCTP) a pour missions d’élaborer les prévisions des facteurs de la liquidité bancaire et de proposer les montants des adjudications des BTR et des devises. Le OPM collabore étroitement avec le comité des billets de banque (CBB), lequel a pour mission principale, la mise en place d’une politique d’émission monétaire conforme aux besoins de l’économie nationale, notamment, la production, la distribution et la gestion des billets de banque.
Le directeur général Jean-Louis Kayembe wa Kayembe, en charge de la politique monétaire à la BCC, a fait un exposé sur les outils de surveillance de la politique monétaire. Il a montré aux membres du comité de politique monétaire rénové, les principales articulations de tous ces outils, l’analyse des données en vue de proposer à l’autorité monétaire les décisions à prendre à chaque évolution de la situation monétaire de notre pays.
A l’issue de cette réunion, le gouverneur s’est prêté aux questions de la presse sur le renforcement de la surveillance des indicateurs des marchés. Les conséquences de l’élargissement du comité de politique monétaire aux experts d’autres institutions, les causes des fluctuations des taux de change et les perspectives d’avenir du CPM.
JRT/Le Phare
(DN/TH/GW/Yes)