Le Comité de politique monétaire élargi comprendra, outre les experts de la Banque centrale du Congo, ceux de la Présidence de la République, de la Primature, des ministères des Finances et de Budget. L’objectif visé est d’établir une cohérence entre les différentes politiques ( de change, fiscale, monétaire, etc.).
Jean-Claude Masangu, Gouverneur de la Banque centrale du Congo et Président du Comité de politique monétaire élargi a présidé la réunion du lancement officiel de cette structure. C’était vendredi 22 janvier dans la grande salle de conférence de la Banque centrale du Congo. En effet, il y a quelques années, l’Institut d’émission s’était lancé dans un vaste chantier des réformes coulées dans un programme appelé « Plan stratégique de développement de la BCC et du système financier national ».
Un plan qui, de l’avis du Gouverneur Jean-Claude Masangu, avait pour objectif, une Banque centrale moderne. La réalisation de ce plan devrait déboucher, d’une part, sur la modernisation du cadre de conception et d’exécution de la politique monétaire et de change et, d’autre part, sur le renforcement de l’efficacité de la politique monétaire.
Soulignons que pour accomplir sa mission, la Banque centrale du Congo a mis en place un dispositif général de politique monétaire ayant pour principaux piliers un cadre d’analyse, un cadre opérationnel et un cadre de conception et de surveillance de la politique monétaire. « Je commencerai par expliquer le cadre opérationnel ainsi que celui de conception et de surveillance qui est une structure appelée ‘Comité de politique monétaire’ », a expliqué Jean-Claude Masangu, qui a mentionné que le Comité de politique monétaire (CPM) est un cadre de conception, d’exécution, de suivi et d’évaluation de la politique monétaire.
Les missions essentielles du CPM peuvent se résumer comme suit : suivre au jour le jour l’exécution de la politique monétaire et de change, en évaluer les résultats par rapport aux cibles fixées par la programmation monétaire, proposer à l’autorité monétaire des mesures de politique monétaire et de change ainsi que toute autre mesure pouvant améliorer la conduite de cette dernière, et enfin, suivre l’évolution de la conjoncture économique intérieure et internationale en vue d’anticiper les problèmes et les chocs qui pourraient affecter la politique monétaire et de permettre à la Banque de mener une politique monétaire et de change anticipative.
Politique monétaire 2009 et perspectives 2010
En 2009, la politique monétaire a été menée dans un contexte difficile marqué par des chocs externes et internes ayant affecté profondément le cadre macroéconomique. Globalement, indique le banquier central, le taux d’inflation s’est établi à 53,4% et la monnaie nationale s’est dépréciée de 29,2% en 2009 contre respectivement 27,6% et 21,3% en 2008. N’eut été le différentes mesures d’ajustement budgétaire et monétaire prises par le Gouvernement et la Banque centrale du Congo, la détérioration du cadre macroéconomique aurait été plus profonde.
Il faut aussi dire qu’en 2010, la politique monétaire demeurera prudente en raison de la nécessité d’amorcer la désinflation de l’économie et d’assurer la stabilité de la monnaie nationale. La cible d’inflation est établie à 15% dans un contexte de ralentissement de la croissance de la base monétaire et de la masse monétaire fixée respectivement à 22% et 27%.
Pour le Gouverneur de la BCC, au premier trimestre, le dispositif actuel d’instruments de politique monétaire, à savoir le taux directeur (70% l’an) et le coefficient de réserve obligatoire (7%), serait maintenu toutes choses restant égales par ailleurs pour prévenir contre toute évolution erratique de l’inflation et du taux de change. Cependant, si la stabilité se consolide à terme, l’Institut d’émission pourrait envisager la possibilité d’assouplir sa politique monétaire.
Quid de l’indépendance de la BCC ?
Tout juste après la présentation du Comité de politique monétaire élargi, Jean-Claude Masangu, Gouverneur de la Banque centrale du Congo a animé un point de presse, pour répondre à quelques questions de la presse.
A la question de savoir pourquoi l’élargissement, Jean-Claude Masangu a fait savoir que si son Institution a opté pour l’élargissement à des membres extérieurs à la BCC, c’est pour qu’il y ait cohérence entre différentes politiques (change, fiscale, monétaire, etc.). Une autre raison, c’est pour faciliter une meilleure circulation des informations de la base au sommet. L’option de les intégrer a été levée afin que tout le monde sache pourquoi la BCC a fait le choix sur une politique quelconque, et non sur l’autre. Pour le n°1 de la BCC, son institution doit connaître des informations qui viennent d’autres acteurs, notamment du Trésor.
Au sujet de l’indépendance de la BCC, l’argentier national a noté que les faits d’intégrer les acteurs extérieurs ne pourra pas nuire à son indépendance. « L’indépendance de la BCC s’exprime dans la conception, la mise en œuvre et l’évaluation de la politique monétaire », a-t-il expliqué, avant d’ajouter que le fait qu’il y ait des acteurs extérieurs ne change rien.
Le Comité devra prendre des décisions de manière consensuelle, et c’est seulement en cas de désaccord qu’on va au vote. Pour rappel, le CPM est présidé par le Gouverneur.
Le Directeur général en charge de la politique monétaire et des opérations bancaires en est le vice-président. Le CPM a un bureau constitué par des cadres de la Banque, de la Présidence de la République, de la Primature et des ministères des Finances et du Budget. Il est appuyé par un secrétariat technique composé des cadres de la BCC.
L’Avenir
(CL/PKF)