Net profil bas affiché par le gouvernement devant le Sénat auquel l’organe exécutif a solennellement demandé pardon en sollicitant la faveur de l’autorisation des crédits provisoires dans l’attente de l’aboutissement et de la promulgation du budget à nouveau réexaminé au Parlement
Le gouvernement a pris conscience des commentaires offensant les élus du peuple et demandé pardon aux sénateurs, lors de la plénière du jeudi 21 janvier. Cette plénière du Sénat a abandonné le point concernant la demande des crédits provisoires par le gouvernement pour entamer vendredi, la question relative à la nouvelle affectation des recettes additionnelles.
Le gouvernement a solennellement demandé pardon aux sénateurs réunis, le jeudi 21 janvier en séance plénière, pour avoir été diabolisés par des commentaires tendancieux, lesquels ont porté atteinte à leur dignité et à la noblesse de leur fonction, à propos de l’affectation des recettes additionnelles du budget 2010. Le pardon avait été présenté aux élus des élus au nom du gouvernement par le vice-Premier ministre en charge de la Reconstruction, Emile Bongeli.
Accompagné du ministre du Budget et du vice-ministre des Finances, le représentant du Premier ministre était arrivé au Sénat, en vue de donner des éclaircissements du gouvernement sur les préoccupations exprimées par le chef de l’Etat en sollicitant une seconde lecture du Projet de la loi budgétaire pour l’exercice 2010. Ce qu’il a déjà fait à l’Assemblée nationale et qu’il n’a pu faire mercredi au Sénat, où la séance a dû être suspendue pour reprendre jeudi. Et cela, en vue d’examiner la demande des crédits provisoires en attendant la promulgation de la loi budgétaire par le chef de l’Etat.
« Le gouvernement est sensible aux inquiétudes et à l’indignation des sénateurs à ce sujet, d’autant plus que de nombreux commentaires tendancieux ont gravement porté atteinte à leur dignité et à la noblesse de leur fonction. Non sans raison, ils se sont sentis jetés en pâture vis-à-vis de leurs électeurs », a déclaré Emile Bongeli.
Avant d’indiquer : « Ainsi, pour l’intérêt supérieur de la Nation, je tiens solennellement à vous supplier de pardonner à tous ceux qui vous ont offensés, qui continuent à vous offenser et qui vous offenseront, consciemment ou inconsciemment ».
Les 606.734.980.010 CDF dégagés par les deux Chambres, le gouvernement souhaite les affecter essentiellement aux dépenses d’investissement et non aux dépenses récurrentes et contraignantes, a-t-il révélé en signalant aussi que la bonne exécution du budget 2010 au premier semestre constitue un critère pour atteindre le point d’achèvement. Il n’a pas oublié enfin de relever l’engagement du gouvernement à mobiliser les ressources nécessaires et à agir avec une attention particulière en matière d’exécution de l’ensemble de dépenses notamment en ce qui concerne en priorité celles liées à la reconstruction nationale, au fonctionnement et aux rémunérations.
Une plénière sur les recettes additionnelles
Au cours de la plénière de jeudi, prévue pour l’examen et l’adoption du projet de loi portant ouverture des crédits provisoires, le sénateur Nyarugabo a présenté une motion de procédure, démontrant que le Sénat n’a pas été saisi par l’Assemblée nationale conformément à la loi, afin d’examiner cette matière en seconde lecture. Il a été soutenu par la majorité de sénateurs par l’honorable Henri-Thomas Lokondo qui a démontré qu’il n’existe pas de matières sur lesquelles la plénière devait débattre.
Il a souligné aussi que la loi budgétaire étant déjà en discussion pour 48 heures au niveau de l’Assemblée nationale, on ne saurait rien avec les crédits provisoires d’autant plus que cette loi budgétaire sera transmise incessamment au Sénat. Malgré la position opposée des sénateurs Nimy et Kiluba qui tenaient à examiner ce Projet de loi, le vote a donné, sur 80 sénateurs présents dans la salle, 50 voix pour la motion, 25 voix contre la motion et 5 voix abstentions.
Finalement, Kengo wa Dondo a informé la plénière que la nouvelle affectation des recettes additionnelles étant fin prêt à la commission « Ecofin » de l’Assemblée nationale, et que le gouvernement n’ayant pas demandé au Sénat d’examiner le Projet portant crédits provisoires, tous étaient convoqués à la plénière de ce vendredi pour n’examiner que la loi budgétaire 2010 afin de répondre aux préoccupations du chef de l’Etat concernant l’affectation nouvelle des recettes additionnelles.
Stéphane Etinga/Le Potentiel
(DN/TH/Yes)