La bonne gouvernance et la transparence dans la gestion comptable et financière des entreprises ainsi que le dévelop­pement économique en RDC passent notam­ment par la bonne tenue de la comptabilité à travers le pays. A la veille de l’échéance fiscale du 31 mars 2010 relative au dépôt des déclarations fiscales de l’exercice 2009 auprès de a Direction Générale des Impôts (DGI), le ministère des Finances, par le biais du Conseil permanent de la Comptabilité au Congo (CPCC), vient de renfor­cer les capacités des professionnels de la comptabilité en matière d’arrêté des comptes 2009. Du 11 au 15 janvier au Cepas à Kinshasa Gombe, des cadres comptables et finan­ciers des entreprises ont été formés en ma­tière de clôture des comptes annuels et de production des états financiers. Cette session de formation a été solennellement clôturée par le directeur de cabinet adjoint du ministre des Finances, Kampene, représentant le ministre empêché.


Ainsi durant cinq jours, les experts du CPCC, les inspec­teurs Mayenda et Molobonzama, chefs de division à la DGI et maî­tre Gustave Luzolo, fiscaliste et avocat au barreau de Bruxelles, ont consolidé les connaissances de cent soixante-huit cadres comptables et financiers. 138 sé­minaristes proviennent de vingt ­trois entreprises publiques et trente de vingt et une entreprises du secteur privé. Parmi les Sémi­naristes, on retrouve des représen­tants de banques, de cabinets d’audit, d’entreprises, et un in­dépendant. Les animateurs ont abordé plusieurs thèmes liés à la clôture des comptes en mettant un accent particulier sur les inno­vations comptables et fiscales in­tervenues en 2009.

Dans les thèmes abordés, il y a eu, entre autres, les points de vigilance liés à la crise financière internationale ; l’évaluation et l’assainissement des compte d’une entreprise dans le cadre de la transformation des entreprises publiques l’organisation des opé­rations de clôture des comptes; la détermination du résultat fiscal les pénalités et fraudes fiscales. Le blanchiment des capitaux et les conventions fiscales sur la double imposition; la réévaluation légale des actifs immobilisés des entreprises; l’établissement et le remplissage des tableaux de syn­thèse du Plan comptable général congolais; le point sur l’applica­tion des normes comptables inter­nationales IFRS pour PME en RDC et l’adoption prochaine du Syscohada ont aussi occupé une bonne part des enseignements dispensés.

Moment important pour l’économie

Selon le représentant du minis­tre des Finances, Kampene, ce séminaire sur l’arrêté des comp­tes 2009 revêt un caractère impor­tant pour l’économie de la RDC dans le contexte du programme triennal formel conclu avec le Fonds monétaire international, pro­gramme qui peut permettre à la RDC d’accéder au point d’achève­ment de l’initiative pays pauvres très endettés au terme duquel 90% de la dette extérieure sera effacée. Le représentant du minis­tre a salué l’action entreprise par le CPCC et son secrétaire géné­ral d’accompagner le gouverne­ment dans ses efforts et sa politique de transformation des entre­prises publiques et de l’améliora­tion de la représentation de l’infor­mation comptable.

Il a rappelé aux sémina­ristes que le métier du professionnel du chiffre est d’intérêt général. « En votre qualité de profession­nels du chiffre, vous êtes un maillon important dans la crois­sance et le développement de l’économie congolaise. A ce titre, vous devez accompagner le gouvernement dans ses efforts de mobilisation des ressources publi­ques et de sécurisation du climat des affaires dans notre pays. C’est à ce prix qu’ensemble, nous pou­vons attirer les investisseurs et convaincre nos partenaires au dé­veloppement sur notre capacité à assurer la reconstruction de notre pays et à accompagner le pro­gramme économique du gouverne­ment axe sur les cinq chantiers de la République ».

Il a insisté sur le fait que l’Etat prie les cadres comptables, « comme l’exige les règles de leur profession, de ne pas tomber dans la tentation de manipuler les résultats compta­bles de leurs entreprises ou de pro­duire de faux bilans dans le seul but de priver l’Etat de ses moyens d’action en éludant l’impôt dû ou à payer par leurs sociétés ».

Précisant au passage que les sanctions et les pénalités prévues à charge de ces entreprises et de leurs complices, leur ont été rap­pelées au cours de cette forma­tion. Il a émis le voeu d’avoir les déclarations de revenus 2009 à la DGI et les états financiers du même exercice comptable, selon la formule consacrée dans leur métier, « sincères et réguliers et refléteront les résultats et le patri­moine de leurs entreprises et en­tités au 31 décembre 2009 ».

Dans son mot de clôture, le secrétaire général du CPCC, An­dré Foko Tomena a lui aussi for­mulé un vœu. Il ose croire que les séminaristes vont capitaliser tous les enseignements, les conseils pratiques et surtout les expérien­ces découlant du séminaire, en faisant davantage preuve de ci­visme fiscal et comptable. « Nous ne doutons pas un seul instant de votre capacité, et surtout, de vo­tre maîtrise de toutes les matiè­res dispensées au cours de ce séminaire et de les mettre à profit pour la clôture des comptes de l’exercice 2009 ».

Bientôt les états généraux de la profession comptable

Profitant de cette occasion, Foko Tomena a confirmé l’organi­sation par le CPCC, avec l’appui technique du Copirep, des états généraux de la profession comp­table libérale en RDC du 1er au 5 février 2009. A l’ordre du jour, il sera notamment question de la création d’un ordre professionnel unique regroupant tous les révi­seurs comptables, les experts-comptables et les fiscalistes.

« Le projet de texte de loi sur l’Ordre sera soumis à l’examen du gou­vernement avant sa transmission au Parlement pour adoption. Il a renchéri que le CPCC, en sa qualité d’autorité comptable nationale, a déjà ouvert le chan­tier de la migration du système comptable congolais vers le Syscohada et les IFRS ( normes comptables internationales). Et ce en attendant la promulgation de la loi de l’adhésion de la RDC au Traité de l’Ohada déjà votée par le Parlement. Foko Tomena a en outre exprimé le souhait de son institution d’améliorer davantage les actions de formation et les conditions d’accueil de ses sémi­naristes.

« ... Le CPCC tient à ren­forcer le partenariat qu’il entretient avec vos entreprises et vous-mê­mes las professionnels qui êtes au centre de nos intérêts afin de faire véritablement de la compta­bilité, pour paraphraser feu profes­seur Kinzonzi, un réel outil de gestion et de développement économique de notre pays ».

En ce qui concerne le pro­cessus de transformation des en­treprises publiques en cours abordé au cours du séminaire, la numéro un du CPCC est revenu sur la panoplie de méthodes d’éva­luations patrimoniales existantes. Pour lui, il y a lieu de privilégier celles qui assureront la pérennité et la consistance du patrimoine et non celles d’usage sous d’autres cieux qui ne retiennent que le po­tentiel utile de ces entreprises.

A ce sujet, l’expertise du CPCC reste disponible pour vous conseiller et même vous accompa­gner à réussir cette importante réforme en cours dans vos entre­prises respectives ». Enfin, au nom des sémina­ristes un haut cadre de la Gécamines a pris la parole à la clôture pour exprimer les préoc­cupations et suggestions des pro­fessionnels de la comptabilité pour les actions de formation à venir.

Didier Munsala B./L’Observateur


(TH/CL/PKF)