Les perspectives 2011 ne sont plus des horizons lointains qui peuvent encore permettre la passivité ou l’attentisme, c’est déjà la veillée d’armes des prochaines échéances électorales pour lesquelles affûter la mobilisation générale derrière le président Joseph Kabila demeuré l’homme de la situation, indique le Prof. John Francis Mbala.
L’année 2010 ouvre l’horizon 2011 qui cristallise les prochaines échéances électorales pour lesquelles il est temps de commencer à se préparer. Un des analystes familiers de digitalcongo.net en la personne du Prof. John Francis Mbala scrute cet horizon et ces perspectives. Comme à son habitude, il se donne le loisir de réfléchir sur cette donne politique en émettant des considérations aussi pertinentes qu’édifiantes sur la situation qu’il analyse. Voici ci-après à travers les réponses aux questions d’interview lui proposé les réflexions de cet indéniable visionneur et critique lucide des réalités politiques de la RDC opérant dans la diaspora congolaise en France.
Bonjour Prof. Mbala, vous êtes l'un des analystes sérieux et familiers de digitalcongo.net. Or vous avez observé un silence depuis un moment déjà. N’avez-vous plus de commentaire qui vaille pour l’année nouvelle 2010 qui vient de s’ouvrir ?
Avant tout je me dois de vous remercier et je profite de l'occasion pour vous adresser mes Meilleurs vœux 2010. C'est l'occasion de souhaiter à tous les Congolais en général où qu'ils se trouvent et au premier des Congolais en particulier, j’ai cité le Chef de l'Etat, le président Joseph Kabila Kabange à l’endroit duquel je formule avec toute la déférence due à sa haute personnalité mes vœux les plus sincères pour cette année 2010. Puissions-nous tous œuvrer davantage pour que notre pays retrouve un droit de cité dans le concert des nations, mais déjà œuvrons au changement des mentalités en récusant les antivaleurs qui plombent l'élan démocratique enclenché par le président de la République : la corruption, le népotisme etc.
Je formule également le vœu que le quotidien des Congolais s'améliore, et cela passe par un véritable toilettage de la classe politique et une meilleure rationalisation des institutions pour que, enfin, par une meilleure adéquation entre les salaires et les prix affichés, le coût de la vie soit allégé. Cela permettra aux Congolais de retrouver le sourire, car ne nous le cachons pas, une grogne sociale couve et un désamour du peuple à l'égard du gouvernement est plus que tangible.
Oui, à ce propos est notée une veillée d’ar mes en perspectives d’un remaniement qui crispe visiblement la classe politique. Vous avez souvent soutenu que le Président Joseph Kabila ne doit pas accepter d'être « prisonnier des partis politiques », pouvez- vous être explicite là-dessus, surtout qu’il s’agit d’une cruciale préoccupation de l’heure ?
Il est vrai que l'actualité politique est dominée par l'imminence d'un remaniement. Mais depuis quand ce remaniement a été annoncé par les médias ? Presque un an ! C'est dire que le Président de la République, Son Excellence Joseph Kabila Kabange, ne se laisse pas influencer par la pression des Médias. Ce ne sont pas les journalistes ou certaines opinions tenues dans des salons qui dictent son agenda politique, et s'il doit, certes, tenir compte de l'opinion publique, il lui revient de s’aviser seul pour choisir le moment opportun d’opérer les changements nécessaires au sein du gouvernement, voire dans diverses institutions, afin qu'enfin les hommes qu'il faut prennent la place qu'il faut !
Voyez-vous : la logique politique relative à la représentation au sein du gouvernement des partis ou groupement ayant participé à son élection en 2006 n'a plus lieu d'être. Si nous devons nous garder de toute généralisation, il sied de souligner que beaucoup de ministres n'ont pas été à la hauteur, et certains ont même brillé par une incompétence notoire conjuguée à une absence d'adhésion aux cinq chantiers initiés par le chef de l'Etat. 2010 sera donc une année cruciale de par le dernier virage à prendre pour 2011, année de l'élection présidentielle.
Il s’agit d’une échéance qui intervient dans un contexte difficile. Le peuple a faim, il veut du travail. Le Congolais n'est pas un mendiant. Le peuple murmure, il n'attendra pas indéfiniment que les politiciens affichent des signes ostentatoires de richesses tandis qu'il croupit dans une misère qui ne dit plus son nom. Face à ces évidences, puisque tout ceci est un secret de polichinelle, le Président de la République, tel un capitaine de bateau sur une mer agitée, doit donner un sérieux coup de volant pour ne pas heurter un fatal iceberg. Cela passe par une relecture des accords passés dans le contexte des élections.
A situations exceptionnelles, dit-on, mesures exceptionnelles. L'Alliance pour la majorité présidentielle n'est plus efficace pour assurer la mise en œuvre de la vision politique du Chef de l'Etat et rassurer le peuple qui veut voir son quotidien s'améliorer. Je m'étonne de constater que certains ne réalisent qu'aujourd'hui que l'AMP pose problème, alors que dès 2007, il y a donc deux ans, moi j'écrivais et alertais déjà en signifiant que : « L'AMP est un géant aux pieds d'argile ».
Maintenant que l'AMP accuse des signes de fatigue et que l'action gouvernementale n'est plus vraiment concertée de par l'absence de collégialité affichée, certains députés de la majorité allant jusqu’à se permettre de critiquer ouvertement les membres du gouvernement, ceux-ci à leur tour critiquant en sourdines certains collègues, le Président de la République a raison de préparer la mise en place d'un gouvernement plus efficace, parce qu’il y a lieu de préparer sa réélection. Il est peut-être prématuré d'évoquer cette question, mais qui d'autre que lui devrait poursuivre la mise en œuvre des cinq chantiers qu'il a lui-même initiés ?
Pour mieux aborder le virage de 2010 vers 2011 et rassurer le Peuple, le Chef de l'Etat devrait esquiver le piège des partis politiques, parce qu’il dépend d'abord du peuple. Le chantage des partis politiques n'est pas profitable au peuple. Tant que les doléances du souverain primaire ne sont pas prises en compte, il sera difficile d’attendre de ce peuple un vote serein pour tel ou tel candidat. Le Président de la République, faut-il le rappeler, n'a pas été élu par les partis politiques.
Sans faire ici un cours de droit constitutionnel, rappelons-nous simplement qu'il a été élu au suffrage universel direct (S.U.D) par le peuple. Ainsi s’il n’a des comptes à rendre, ce ne sera qu’au Peuple au rendez-vous de 2011. Ce lien Kabila-Peuple lui confère toute la légitimité nécessaire pour tenter de conduire à terme les réformes qu'il a enclenchées dans le cadre des cinq chantiers.
Le Président Joseph Kabila est un homme d'Etat, ce n'est pas le Président de l'AMP, et encore moins du PPRD. Il est le Président de tous les Congolais, et à ce titre il ne saurait être « le prisonnier des partis politiques ». Comme en 2006, en 2011 il s'adressera, une fois sa candidature confirmée, directement au peuple. Depuis 2006, le Chef de l'Etat a respecté les accords passé au sein de l'AMP, mais vu la situation exceptionnelle, l'incompétence visible de certains membres du gouvernement, des mesures exceptionnelles devraient être prises, car certaines personnes envoyées par leurs partis politiques pour siéger au sein des gouvernements successifs ont plus que déçu. Il y a donc lieu que le Président de la République choisisse les futurs membres du gouvernement sans être pris en otage par des accords qui ne portent pas des fruits escomptés.
Le président Joseph Kabila est l'homme du Peuple, il a eu raison de se présenter devant son peuple déjà en 2006 en tant que candidat indépendant. A terme, la configuration AMP éclatera pour être remplacée par une structure nouvelle dans le contexte des élections à venir. Il ne faut pas perdre de vue que la politique est dynamique, en mouvement. 2006 ne sera pas une répétition de 2011 ! Il faut prendre au sérieux la participation annoncée de l'UDPS et même un éventuel rebondissement du MLC, sans négliger l'émergence probable d'une union de l'opposition en gestation.
Ainsi compte tenu de l'inconstance inhérente chez certains hommes politiques congolais, leur vénalité, la faible culture politique, c'est fort probablement en ordre dispersé qu'ils se présenteront et d'ores et déjà le Président Joseph Kabila peut être assuré de sa réélection. La question est de savoir avec quels hommes ira-t-il aux élections tant les gouvernements successifs ont été intégrés par des incompétents soucieux de la culture de jouissance, et ce au détriment des intérêts du peuple.
Professeur, c’est depuis la représentation de la diaspora que vous vous êtes fait remarquer et à ce titre vous avez œuvré pour que les Congolais de l'étranger soient partie prenante dans le processus de reconstruction. Quel bilan tire- vous de vos actions ?
Je ne peux avoir la prétention d'être un des représentants de la diaspora, puisque je n'ai pas été désigné officiellement par une structure gouvernementale depuis le pays ou un regroupement associatif à l'étranger. Néanmoins, je reste l'un des militants actifs qui ai œuvré avec efficacité pour l’émergence d’un ministère des Congolais de l'étranger. Il y a eu plutôt un poste de Vice-ministre. J'ai vu ici ou là des polémiques inutiles autour du débat soulevé sur cette situation. Cependant une réalité demeure, et à cet effet il suffit d'être curieux. Je vous propose un lien: 1° http://www.digitalcongo.net/article/38895
Vous voyez bien que dès le 18 novembre 2006, je proposais qu’émerge une structure institutionnelle en charge de la diaspora. Que certains m'aient pressenti pour l'animer est plus que légitime et à nouveau je remercie mes soutiens (lien : http://www.digitalcongo.net/article/54170 )
Mais comme je l'ai écrit quelque part, une nomination relève du pouvoir discrétionnaire du chef de l'Etat. Nous restons persuadés que la diaspora associée véritablement au processus de reconstruction pourra dynamiser le circuit économique et par ricochet le volet social. Je mûris présentement des actions associatives tout en considérant que je serais plus efficace si j'apporte mon savoir et mes compétences au sein d'une structure gouvernementale parce qu’il existe autour de ma personne un potentiel qui ne s'est pas éteint : un réseau et/ou une dynamique de par le ralliement que vous avez pu constater dans le lien-article précité.
Puisque, comme vous le reconnaissez bien, ce choix relève de la compétence discrétionnaire du Chef de l’Etat, laissons-lui la latitude de s’en aviser, fixons les yeux sur l’événement d’éclat attendu cette année 2010 : à savoir le cinquantenaire de l’Indépendance du pays. Avez-vous quelque commentaire ou suggestions à en émettre ?
Tout ou presque a été dit. Beaucoup reste à faire. Si nous avons obtenu une indépendance politique – et encore ! - l'indépendance économique reste un combat permanent. En témoignent les guerres chroniques dont le pays n’a pas été épargné depuis l'indépendance. En dit long le permanent complot de balkanisation du Congo que nos dirigeants ne cessent de dénoncer. A mon avis, il y a une autre indépendance à acquérir, sinon à conquérir : l'indépendance des esprits, une sorte de décloisonnement de la pensée, ce qui passe par le changement des mentalités, sans lequel nous piétinerons ou ferons du surplace. En ces journées anniversaires comment ne pas rendre hommage aux visionnaires de cette conquête que furent les regrettés Patrice Emery Lumumba et Laurent Désiré Kabila !
Avez-vous quelque chose à ajouter comme votre mot de la fin ?
Nous aimons tous le Congo. Cela est une réalité. Un homme en la personne du Président Joseph Kabila conduit les destinée d'un pays sous-continent, et parce que pour la plupart d’entre nous, nous adhérons à sa vision politique, nous devons l'épauler, car les cinq chantiers ne sont pas les chantiers du Chef de l'Etat lui seul, ils appartiennent à tous les Congolais, où qu'ils se trouvent.
Maintenant que le Président de la République a raison de mettre davantage l'accent sur les compétences, nous saluons ici sa volonté de sortir de la logique des partis politiques dont certains membres présents au gouvernement jouent contre les cinq chantiers et nourrissent plutôt la grogne sociale qui couve. A bon entendeur, salut. J'ai dit et il y a lieu pour tous d'agir avec force et vigueur. Tout contact utile peut lui parvenir : johnfrancismbala@hotmail.com
D.Nzuzi/MMC
(DN/PKF)