Le banditisme est observé dans les grandes villes du monde. A l’origine de cette situation, plusieurs facteurs parmi lesquels les inégalités sociales, la misère, l’oisiveté, la démission des parents dans l’éducation de leurs progénitures, etc. D’aucuns diraient que cette situation est un fléau du monde moderne. Mais, à ce que l’on sache et cela peut être vérifié, elle est tributaire des mœurs des habitants de chaque pays.

A l’époque coloniale, si on veut bien parler particulièrement de Léopoldville, aujourd’hui Kinshasa (capitale de la République démocratique du Congo), il y avait des jeunes gens appelés communément « bills » (jeunes gens en marge de la société : NDLR). Lesquels se distinguaient par leur démarche nonchalante et leur turbulence.

Fait à épingler : ils fumaient du chanvre. C’est ce qui est sans doute à l’origine de la perturbation de leur comportement dans la société. Parmi les « bills » très connus à l’époque, on peut Billy, Mivais John, Gozilla, etc. On ne peut parler des « bills » sans évoquer le nom d’un prêtre catholique qui oeuvrait à la paroisse saint Pie X (commune de Ngiri-Ngiri), mieux connu sous le sobriquet de Père Buffalo (décédé l’année dernière).

On n’oubliera jamais sa contribution pour amener ces délinquants à changer de comportement décrié et à être utile dans la société. Il a rapproché ces délinquants en partageant leur mode de vie. C’était simplement une stratégie adoptée pour atteindre le but qu’il visait. But qu’il a réussi et qui a fait que le « billisme » a disparu à cette époque à Léopoldville. Cela à la grande satisfaction de la population.

A titre illustratif, Billy, après un voyage effectué en Italie dans le cadre de la JOC (jeunesse ouvrière catholique) avait trouvé un emploi au sein d’une imprimerie de la place. Gozilla, pour sa part, était employé dans l’administration d’un organe de presse de la place.

L’accalmie revenue, on pouvait circuler à travers les communes de Kinshasa sans être inquiéter. Seulement voilà : quarante-cinq ans après l’accession du Congo-Belge à l’indépendance, le banditisme d’un autre genre appelé phénomène « Kuluna » (banditisme urbain : NDLR) a vu le jour dans la capitale, rompant ainsi avec cette accalmie.

A ses débuts, ce phénomène était observé à Mombele, un des quartiers de la commune de Limete, et dans la commune de Ngaba. Très vite, il a gagné d’autres communes, même celles connues jusque là comme des oasis de paix telles que Bumbu, Kintambo, Kasa-Vubu et Bandalungwa.

Les délinquants faisant partie de ce phénomène sont regroupés dans différentes « écuries » dont les appellations sont révélatrices du but belliqueux qu’ils poursuivent. On peut citer notamment des appellations telles que « Armée Rouge », « Bolafa » et « Mbeli Mbeli ». Au début, on a observé que les « écuries » d’une commune donnée s’affrontaient avec celles d’autres communes. Lors de ces affrontements, ils utilisaient les armes blanches.

Conséquence : certains délinquants étaient blessés grièvement et les séquelles restaient après avoir été soignés. On peut reconnaître facilement ces délinquants par leurs visages qui ne sont plus beaux à voir, car déformés par des cicatrices.

Progressivement, ces délinquants ont cessé de s’affronter pour s’attaquer à la paisible population. Situation qui n’a pas laissé indifférente l’autorité qui a décidé de prendre des mesures draconiennes pour mettre fin à ce phénomène. Les agents de l’ordre ont reçu mission de la hiérarchie de traquer ces délinquants jusque dans leur dernier retranchement. Cette traque a abouti à l’arrestation de certains délinquants. Qui, devant certains faits de flagrance, ont été mis à la disposition de la justice. Jugés, ils ont été condamnés à de lourdes peines d’emprisonnement. Celles-ci vont au-delà de dix ans pour dissuader les autres « Kuluna » à abandonner leur sale besogne.

Afin de les éloigner de la capitale, l’autorité a décidé qu’ils aillent purger leur peine d’emprisonnement dans certaines prisons de l’intérieur du pays, dont Buluwo, dans la province du Katanga, et Angenga et Ekafela dans la province de l’Equateur. Tout le monde a applaudi cette décision de l’autorité. Mais cela ne suffit pas, estiment certains observateurs. Qui pensent que les prisons ne devraient pas être pour eux des lieux où ils devraient tourner les pouces.

Ils devront être ceux de rééducation pour que une fois libérés, ils puissent abandonner leur sale besogne et être utiles à la société. Grâce à un métier qu’ils auront appris entre-temps lors de leur séjour en prison. A défaut, ils risquent de rééditer leurs méfaits et être un danger public. Malgré l’appel de l’autorité et la peine d’emprisonnement infligée à leurs collègues arrêtés et qui devait les dissuader, certains « Kuluna » refusent d’abandonner leur sale besogne. Nous appelons les responsables de la Police nationale congolaise à les traquer jusqu’à leur dernier retranchement.

On aurait tort de croire que seule la Police est concernée par la lutte contre le phénomène « Kuluna ». Ne dit-on pas que l’union fait la force. La population devrait faire sien cet adage en lui prêtant son concours. Assurément, cette conjugaison d’efforts va contribuer à débarrasser la capitale de cette racaille qui trouble l’ordre public et la quiétude de la population et dont la société congolaise n’a nullement besoin.

Fl. NL-NS/Le Potentiel


(TH/GM/PKF)