Selon Mme Thérèse Olengha, porte-parole de l’Exécutif provincial, l’insubordination est le grief retenu à l’endroit de ces bourgmestres.
Papy Epiana (Maluku), Ernest Numbi Kasongo (Limete), Biya Kikwama Senghor (N’Djili), Onema (Ngiri-Ngiri) et Tele Mukwanga (Ngaba). Ces cinq administrateurs de communes de Kinshasa sont sous le coup de suspension pour une durée indéterminée depuis le week-end dernier. Cette information rendue publique par la porte-parole de l’Exécutif provincial, Thérèse Olengha, souligne l’insubordination comme grief retenu à l’endroit de ces bourgmestres. Mais que s’est-il donc passé?
A en croire le ministre provincial de la Population, sécurité et décentralisation, Godard Motemona, abordé hier par Le Phare, dans le souci de sauver la population kinoise, en général, et la jeunesse de la capitale en particulier, le gouvernement provincial a amorcé des initiatives pour mettre fin à la commercialisation, distribution et consommation de whisky fortement alcoolisé, appelé vulgairement « Supu na tolo ». Cette boisson, a-t-il rappelé, est souvent source de motivation poussant les criminels inciviques à commettre des forfaits tant décriés par l’opinion publique.
Ainsi, poursuit le ministre provincial, les bourgmestres ont été instruits de détruire les stocks de ce breuvage et d’arrêter toute personne le commercialisant dans des marchés ou quartiers. « Un délai a été accordé et les services de l’autorité urbaine ont constaté que certains bourgmestres n’ont pas été à la hauteur de cette tâche. D’où la prise de cette décision », a clamé Godard Motemona.
Convaincu que les bourgmestres disposent des moyens pour accomplir cette action, le patron de la sécurité provinciale a salué cette sentence car « à un certain moment il faut arrêter l’impunité! ». Pour lui, il s’agit d’une décision responsable et mûrement réfléchie par le Conseil des ministres parce que les administrateurs communaux sont le relais du gouverneur. « Nul ne peut évoquer un règlement de compte car la suspension s’appuie sur des bases objectives ».
Pour sa part, à la suite de son collègue de la Sécurité, la ministre provinciale de la Fonction Publique, Nephtalie Idia, a précisé qu’au stade actuel il ne s’agit pas d’une sanction, mais d’une mesure préventive. « Nous avons ouvert une action disciplinaire, et au moment opportun, les intéressés peuvent présenter leurs moyens de défense » a-t-elle indiqué.
Soulignons que « Supu na tolo », entendez par là « la Soupe dans la poitrine », se vendait dans presque tous les marchés de Kinshasa et surtout à la portée de toutes les bourses. Liqueur locale de fabrication artisanale, il a fait des ravages parmi les jeunes de Kinshasa.
L’Etat congolais avait interdit la vente du whisky en sachet. Mais, les fabricants ont trouvé un autre moyen de continuer cette décision, c’est-à-dire vendre en petites mesures qui équivaut en petits sachets. Le comble est que certaines de ces bouteilles n’ont aucune indication. Pas de marque de fabrication, ni de taux d’alcool, et pas même la date d’expiration.
L’Exécutif provincial ayant fait un pas dans la lutte contre ce fléau, il appartient maintenant à l’Occ et au Service de l’Hygiène de veiller au respect de la réglementation en matière de fabrication des liqueurs, vins et spiritueux.
Tshieke Bukasa/Le Phare
(TN/Tkm/GW/Yes/PKF)