Il ressort des propos du chef de la diplomatie française que les relations rwando-congolaises peuvent compter avec l’appui français, sinon européen, pour la concrétisation de tous les objectifs, notamment la paix en Rdc.
La visite officielle du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, dévoile une réalité importante à tous ceux qui savent lire les signes du temps. La coopération rwandocongolaise devra prendre une nouvelle tournure.
Le chef de la diplomatie française ne s’en est pas caché, lorsque d’entrée de jeu, il a déclaré : « Je veux dire que géopolitiquement, le plus important qui se soit opéré, c’est le rapprochement, en tout cas l’entente et le dialogue entre le président du Rwanda et le président de la République démocratique du Congo ». Il suffit d’être branché pour interpréter correctement ces mots entre les lignes.
Cet exercice de longue haleine qu’est le rapprochement entre Kagame et Kabila ne date pas d’aujourd’hui. Mobutu l’avait compris à sa manière vers 1996 lors de la naissance de la toute première insurrection dite des banyamulange qui a fini par éjecter le maréchal de son « trône ». Mais avant cela Mobutu avait déployé toute sa machine diplomatique en vue de sauvegarder la paix au Zaïre, et par ricochet, son pouvoir. Cela n’a pas réussi ! La brouille n’a pas tardé à noircir le ciel entre Kabila et Kagame. Là encore, aucun effort de rapprochement n’a abouti. La méfiance entre les deux hommes devenant de plus en plus radicale.
A l’avènement de Joseph Kabila, la situation a évolué d’une manière assez particulière. En partie, à la faveur de la volonté politique du chef de l’Etat ainsi qu’à son optimisme. Reçu hier après-midi à la cité de l’Union africaine par le président de la République, Kouchner a une fois de plus salué le rapprochement, l’entente et le mouvement de dialogue entre le Rwanda et la Rd Congo. Kabila, rendant la pareille à son hôte, a, à son tour élevé la diplomatie française avec le rétablissement des relations diplomatiques entre la France et le Rwanda.
Le plus important pour la population congolaise se trouve être la deuxième paire de la réaction de Kouchner : « Est-ce que cela (NDLR : Le rapprochement entre Kigali et Kinshasa) a apporté ses fruits ? Politiquement sûrement. Est-ce que sur le terrain, pour les hommes et les femmes qui sont à l’Est de la RDC, les choses se sont arrangées? Pas assez ». La vérité de cette proposition frappe par son évidence ! Mais, durant tout le séjour du ministre français aux Affaires étrangères, le constat d’une constance éblouit : la détermination de la France d’oeuvrer aux côtés du gouvernement congolais pour des résultats meilleurs.
Pour la situation dans l’Est de la Rdc, il déclarera à peu près : « Mais je voudrais connaître qu’est-ce qu’on peut faire pour que la population au Nord et au Sud Kivu puisse, après ces années d’opérations humanitaires et de politique de maintien de la paix, est-ce que la situation s’améliore ? Que peut faire la France et que peut faire l’Europe? ». Désormais les relations rwando-congolaises peuvent compter avec l’appui français, sinon européen, pour la concrétisation de tous les objectifs, notamment la paix en Rdc.
Muzito et Kouchner
Quant au Premier ministre Adolphe Muzito; il avait reçu le ministre français des Affaires étrangères à l’Hôtel du gouvernement toujours hier 8 janvier. Là aussi, les deux hommes ont abordé diverses questions, notamment: la situation de l’Est et les FDLR, la sécurité, les relations entre la RDC et le Rwanda, les violences sexuelles, le sommet de Copenhague, les relations entre la RD Congo et le FMP.
S’agissant de la situation de l’Est, les deux hommes ont échangé sur les efforts nécessaires visant à favoriser le retour à la paix et à la stabilité dans la région. Le rôle et le futur mandat de la Monuc ont été discutés. Sur ce point, la France juge prématuré le retrait de la mission de l’Onu en RD Congo. Toujours à propos de la Monuc, le chef de la diplomatie française a indiqué que les autorités congolaises souhaitent que la Mission de l’Onu en RD Congo s’adapte mieux à une tâche orientée vers le développement.
Les violences sexuelles dont sont victimes les femmes de la part de groupes armés ont également été évoquées dans les discussions entre les deux hommes d’Etat. La France souhaite que des efforts supplémentaires soient engagés dans ce domaine. Sur la question relative des FDLR, sujet des tensions dans la région entre le Rwanda et la RDC, M. Kouchner a salué les efforts réalisés par les deux pays pour une stabilité dans la région. Les choses semblent prendre une bonne tournure, a-t-il indiqué à la presse.
Parmi les questions abordées entre les deux hommes, il y a eu également les relations entre le FMI et la RD Congo, et le Sommet de Copenhague tenu en décembre 2009. Sur le sommet de Copenhague, la France envisage dans les prochains jours, la tenue d’une réunion des pays du bassin du Congo.
Climat de paix, un must !
Avec le ministre congolais de la Coopération, Raymond Tshibanda, le ministre français, Bernard Kouchner, a félicité le progrès enregistré. Avant de reconnaître que le niveau des investissements français en RD Congo, était insuffisant au regard de la dimension gigantesque de la RDC. Il a saisi cette opportunité pour rappeler la nécessité d’instaurer un climat de paix favorable au développement.
Sous entendu, condition sine qua non de l’engagement des hommes d’affaires français en Rdc. De son côté, Raymond Tshibanda a mis en exergue ce qu’il a appelé la convergence des vues entre la France et la Rd Congo. Qui plus est, il a souligné la volonté politique qui anime le gouvernement congolais en ce qui concerne l’amélioration du climat des affaires dans notre pays. Après Kinshasa, l’homme d’Etat français traverse à Brazzaville avant de fouler le sol burkinabé et ivoirien !
Z.V/Le Palmarès
(TN/TH/GW/Yes)