Tous les notables du territoire de Bafwasende en Province Orientale se sont réunis, dimanche 15 novembre 2009, à la cité de Bafwasende, chef-lieu, à 262 Km sur la nationale n° 4. L’objet de cette rencontre était de statuer sur le cas de Roger Lumbala qui, avec sa rébellion du RCD-N avait sévi dans cette partie de la RD Congo en 1999.

Dans cette réunion, tous les notables de Bafwasende présents ont mandaté M. Philippe Aluta, conseillé du gouverneur de province et ressor­tissant de ce territoire, comme repré­sentant des victimes de la rébellion de Roger Lumbala. Ce dernier est ac­cusé de meurtre de plusieurs fils et filles de Bafwasende, de viol d’une centaine de femmes, d’enrôlement des enfants dans l’armée de son mou­vement politico-militaire et de déportation.

Il avait par ailleurs réquisitionné toutes les carrières de diamant et s’était approprié tous les produits (Carats de diamant) ou les avait achetés à vils prix, appauvrissant par ricochet les fils et filles de Bafwasende, ter­ritoire qu’il avait administré comme un Etat dans un Etat en y percevant toutes sortes de taxes et impôts, y compris ceux à la frontière (OFIDA,DGI...).

Il est également mis sur le dos de Roger Lumbala le détolement des maisons du village situé au PK 210 appartenant à la CELCO et de des­truction et tentative de déplacement du groupe électrogène de l’Hôpital général de référence de Bafwasende à la cité du même nom.

Etant donné que Roger Lumbala et son RCD-N (Rassemblement Con­golais pour la Démocratie/National), mué en parti politique à la faveur de l’Accord global et inclusif avaient bénéficié dans leur sale besogne de l’appui de l’Ouganda, les notables de Bafwasende ont demandé à Philippe Aluta d’introduire une plainte à la Cour pénale internationale(CPI).

Cet ex-chef de guerre devra donc endos­ser toute la responsabilité de ces cri­mes (crimes de guerre, crimes con­tre l’humanité, crimes économiques, crimes sociaux) dont les preuves ont été rassemblées et remises au représentant légal des victimes des guerres de Bafwasende après sa désigna­tion par la notabilité.

Dans leurs échanges, les nota­bles de Bafwasende ont fait le constat selon lequel leur territoire loupe beaucoup de projets pour son développement parce que présenté comme un lieu où règnent l’insécurité et la ten­sion. Cette responsabilité incombe à Roger Lumbala dont l’argent amassé dans son épongée sanglante à Bafwasende lui avait permis de battre campagne dans son Lodja natal (Kasaï Occidental) et de s’y faire élire député national en 2006.

Pour les notables de Bafwasende, Roger Lumbala doit être arrêté par la C.P.I. pour que pareille désolation ne se répète plus dans leur terroir. D’après Philippe Aluta, le gouverneur de la Province Orientale, Médard Autsai Asenga, est déjà tenu informé de résolutions prises par les notables de Bafwasende. Aussi une plante est déjà transmise à la CPI à La Haye aux Pays-Bas.

A la préoccupation sur le fait que certains crimes, bien que de la compétence de la CPI, ont été com­mis avant l’entrée en vigueur du Sta­tut de Rome (juillet 2002), les nota­bles de Bafwasende estiment que leur démarche vise à alerter l’opinion na­tionale et internationale. Qu’elle sache que quelque part en RD Congo, des crimes les plus odieux avaient été commis à l’endroit des paisibles citoyens. Comment expliquer que pour le plaisir de tuer, on puisse arroser de rafale un tireur de vin de palme perché sur son palmier comme si on abattait un singe ou tirer à bout por­tant sur quelqu’un debout devant sa porte de maison ! Tout cela mérite ré­paration des victimes et sanction exemplaire des coupables.

En outre, les participants à cette réunion ont jeté un regard rétros­pectif rapide sur le Forum pour la pacification et le développement de Bafwasende tenu du 17 au 22 septem­bre 2007 au chef-lieu du territoire, lequel avait réuni 500 participants. Une réunion a été projetée au mois de fé­vrier 2010 afin d’évaluer les résolutions prises au cours de ces assises.

Gilbert Risasi Sindano/La Référence Plus


(TN/Yes)