nzangaLe défi à relever est celui de l’amé­lioration des conditions sociales. Une mission qui cadre avec les at­tributions de la Commission inter­ministérielle permanente « Besoins sociaux de base ». Les Dépêches de Brazzaville ont voulu savoir ce qu’il en était réellement : est-ce un nouveau slogan politique ou une réelle volonté de changer la donne sociale ? Le gouvernement en a-t-il les ressources ?

Lors d’une interview accordée au journal Africanews, le vice-Pre­mier ministre en charge des Besoins sociaux de base, Nzanga Mo­butu, avait indiqué que le gouvernement s’attelait à asseoir une politique sociale, crédible et efficace.

Selon des sources généra­lement crédibles, les contacts éta­blis l’année passée entre la vice-­Primature en charge des besoins sociaux de base et quelques struc­tures de son secteur auraient fait mouche.

Des informations notam­ment confirmées par certains ser­vices des différents ministères de la Commission interministérielle permanente Besoins sociaux de base. « L’année 2010 sera celle de la lutte contre la pauvreté par la création d’emplois », ont-ils dit.

Rapprocher l’Onem de la population

Nos sources confirment que des mécanismes sont déjà mises en place pour que dès ce mois de jan­vier, l’opération de lutte contre le chômage débute avec l’extension des services de l’Office national de l’emploi (Onem) dans toutes les provinces et dans les communes de Kinshasa sous l’impulsion de la Commission.

Ce déploiement aura le mérite de rapprocher l’Onem de la population afin d’identifier le be­soin d’emploi (nombre, identité et profil des demandeurs) et l’emploi réellement disponible.

Au bout du compte, il sera question d’établir la relation entre l’emploi et le deman­deur répondant au profil requis. Ce qui conduira forcément à la dé­tribalisation et la dépolitisation de l’emploi.

En outre, nous a-t-on indiqué, la Commission Besoins sociaux de base a également établi un parte­nariat avec le Programme cadre de création d’emplois et de revenus (Procer). Une structure dont la mission est d’identifier les emplois à créer et de les mettre à la dispo­sition de l’Onem.

A cet effet, l’Insti­tut national de préparation profes­sionnelle (INPP) jouera un rôle important dans le cadre de la for­mation et de la reconversion des chômeurs, le cas échéant, selon les recommandations du Procer.

Une autre institution et non la moindre dans cette chaîne de lutte contre le chômage est le Fonds so­cial de la République démocratique du Congo (RDC) dont le renforce­ment de la collaboration avec la Commission interministérielle Besoins sociaux de base n’est un sec­ret pour personne.

« Cette institu­tion a été créé en vue de soutenir financièrement tous les projets à caractère social », a indiqué une source. C’est via cette structure que le gouvernement et la Banque mondiale financent les projets so­ciaux. Elle doit jouer un rôle in­contournable dans le financement de l’accès à l’eau potable sur l’en­semble de la République et dans la création des logements sociaux.

Ces stratégies et mécanismes visent, en définitive, à doter le pays d’un modèle social, améliorer l’environnement immédiat du congolais, réduire le taux de chômage et, par conséquent, lutter contre la pauvreté.

Notons qu’en 2003, selon le rapport publié par le Programme des Nation unies pour le     développement, 26% seulement de la population congolaise avait accès aux points d’eau aménagés.

Aussi, parmi les raisons générale­ment évoquées pour expliquer l’enlisement de la situation sociale de la RDC, figure le manque d’em­ploi stable, sur fond d’un chômage de longue durée pour la grande majorité de la population. Les sta­tistiques disponibles en la matière font état de plus de 90% de la po­pulation active qui se situe en de­hors ou plutôt exclue du marché du travail depuis plus de dix ans.

Tous les secteurs de base pris en compte

Outre la loi pour la gratuité de l’en­seignement primaire et secon­daire, il ressort des discussions avec des experts qu’aucun secteur des besoins sociaux de base n’a été oublié (éducation, santé, genre, af­faires sociales, etc.).

« 2010 sera vraiment une année du déploie­ment de tout l’armada pour l’a­mélioration du secteur social », ont-ils dit. C’est peut être ce qui justifie la prochaine visite en RDC, au mois de février, du vice-Premier ministre belge en charge du volet social.

Soulignons qu’au regard de l’article 53 de l’Ordonnance n°08/073 du 24 décembre 2008, il est créé au sein du gouvernement trois commis­sions interministérielles perma­nentes dont celle des besoins so­ciaux de Base, dont la présidence a été confiée au vice-Premier minis­tre, Nzanga Mobutu.

Cette com­mission est composée des ministè­res suivants : Santé publique, Enseignement primaire et secon­daire, Enseignement supérieur et universitaire, Affaires foncières, Urbanisme et Habitat, Emploi, tra­vail et prévoyance sociale, Culture et Arts, Jeunesse et Sports, Recher­che scientifique, Genre, Famille et Enfants ainsi qu’Affaires sociales, humanitaire et solidarité nationale. Sa mission s’articule essentielle­ment autour du social, particuliè­rement à l’accès et l’amélioration de la qualité des services sociaux de base.

Les Dépêches de Brazzaville


(CL/Tkm/GW/Yes)