Décrétée comme telle par le Président de la République Joseph Kabila Kabange, lors de son discours sur l’état de la Nation le 6 décembre dernier, 2010 revêt un caractère particulier. Et Nzanga fait déjà de la lutte contre le chômage son cheval de bataille.
Le défi à relever est celui de l’amélioration des conditions sociales. Une mission qui cadre avec les attributions de la Commission interministérielle permanente « Besoins sociaux de base ». Les Dépêches de Brazzaville ont voulu savoir ce qu’il en était réellement : est-ce un nouveau slogan politique ou une réelle volonté de changer la donne sociale ? Le gouvernement en a-t-il les ressources ?
Lors d’une interview accordée au journal Africanews, le vice-Premier ministre en charge des Besoins sociaux de base, Nzanga Mobutu, avait indiqué que le gouvernement s’attelait à asseoir une politique sociale, crédible et efficace.
Selon des sources généralement crédibles, les contacts établis l’année passée entre la vice-Primature en charge des besoins sociaux de base et quelques structures de son secteur auraient fait mouche.
Des informations notamment confirmées par certains services des différents ministères de la Commission interministérielle permanente Besoins sociaux de base. « L’année 2010 sera celle de la lutte contre la pauvreté par la création d’emplois », ont-ils dit.
Rapprocher l’Onem de la population
Nos sources confirment que des mécanismes sont déjà mises en place pour que dès ce mois de janvier, l’opération de lutte contre le chômage débute avec l’extension des services de l’Office national de l’emploi (Onem) dans toutes les provinces et dans les communes de Kinshasa sous l’impulsion de la Commission.
Ce déploiement aura le mérite de rapprocher l’Onem de la population afin d’identifier le besoin d’emploi (nombre, identité et profil des demandeurs) et l’emploi réellement disponible.
Au bout du compte, il sera question d’établir la relation entre l’emploi et le demandeur répondant au profil requis. Ce qui conduira forcément à la détribalisation et la dépolitisation de l’emploi.
En outre, nous a-t-on indiqué, la Commission Besoins sociaux de base a également établi un partenariat avec le Programme cadre de création d’emplois et de revenus (Procer). Une structure dont la mission est d’identifier les emplois à créer et de les mettre à la disposition de l’Onem.
A cet effet, l’Institut national de préparation professionnelle (INPP) jouera un rôle important dans le cadre de la formation et de la reconversion des chômeurs, le cas échéant, selon les recommandations du Procer.
Une autre institution et non la moindre dans cette chaîne de lutte contre le chômage est le Fonds social de la République démocratique du Congo (RDC) dont le renforcement de la collaboration avec la Commission interministérielle Besoins sociaux de base n’est un secret pour personne.
« Cette institution a été créé en vue de soutenir financièrement tous les projets à caractère social », a indiqué une source. C’est via cette structure que le gouvernement et la Banque mondiale financent les projets sociaux. Elle doit jouer un rôle incontournable dans le financement de l’accès à l’eau potable sur l’ensemble de la République et dans la création des logements sociaux.
Ces stratégies et mécanismes visent, en définitive, à doter le pays d’un modèle social, améliorer l’environnement immédiat du congolais, réduire le taux de chômage et, par conséquent, lutter contre la pauvreté.
Notons qu’en 2003, selon le rapport publié par le Programme des Nation unies pour le développement, 26% seulement de la population congolaise avait accès aux points d’eau aménagés.
Aussi, parmi les raisons généralement évoquées pour expliquer l’enlisement de la situation sociale de la RDC, figure le manque d’emploi stable, sur fond d’un chômage de longue durée pour la grande majorité de la population. Les statistiques disponibles en la matière font état de plus de 90% de la population active qui se situe en dehors ou plutôt exclue du marché du travail depuis plus de dix ans.
Tous les secteurs de base pris en compte
Outre la loi pour la gratuité de l’enseignement primaire et secondaire, il ressort des discussions avec des experts qu’aucun secteur des besoins sociaux de base n’a été oublié (éducation, santé, genre, affaires sociales, etc.).
« 2010 sera vraiment une année du déploiement de tout l’armada pour l’amélioration du secteur social », ont-ils dit. C’est peut être ce qui justifie la prochaine visite en RDC, au mois de février, du vice-Premier ministre belge en charge du volet social.
Soulignons qu’au regard de l’article 53 de l’Ordonnance n°08/073 du 24 décembre 2008, il est créé au sein du gouvernement trois commissions interministérielles permanentes dont celle des besoins sociaux de Base, dont la présidence a été confiée au vice-Premier ministre, Nzanga Mobutu.
Cette commission est composée des ministères suivants : Santé publique, Enseignement primaire et secondaire, Enseignement supérieur et universitaire, Affaires foncières, Urbanisme et Habitat, Emploi, travail et prévoyance sociale, Culture et Arts, Jeunesse et Sports, Recherche scientifique, Genre, Famille et Enfants ainsi qu’Affaires sociales, humanitaire et solidarité nationale. Sa mission s’articule essentiellement autour du social, particulièrement à l’accès et l’amélioration de la qualité des services sociaux de base.
Les Dépêches de Brazzaville
(CL/Tkm/GW/Yes)