Bien que l’année 2009 est considérée comme une année noire, il y a eu quand même pas mal d’événements des groupes qui se sont produits soit sur certaines chaînes de télévision, soit dans les différents centres culturels du pays, notamment la Halle de la Gombe, le Centre Wallonie-Bruxelles...
Généralement en Afrique noire, la couleur noire a toujours eu une signification tout à fait particulière. Ce langage sémiologique exprime la mort dans une communauté ou une société bien déterminée.
Ceci évidence a été prouvée en République démocratique du Congo, durant presque toute l’année 2009. Ceci, parce qu’il y a une succession d’événements malheureux, voire même de la mort, qui a frappé la grande famille des acteurs et actrices du théâtre populaire congolais.
L’année qui va tiré sa révérence en quelques jours est celle que les congolais, amoureux de l’art dramatique, ont pleuré abondamment plusieurs artistes comédiens, qui ont quitté tour à tour cette terre des hommes.
Nous pouvons citer : Matthieu Mateya Matondo alias « Sans Souci », Lisala Ngomba, Visa, Larisa, Goutte Epaisse, etc. Ces protagonistes congolais tant aimés par les téléspectateurs de deux Congo et ceux du monde, ont précédé les vivants dans le monde de l’au-delà au moment où l’on s’y attendait le moins.
En effet, le 23 juin 2009, l’opinion congolaise ainsi qu’internationale a été surprise par la mort de l’acteur Matthieu Mateya Matondo, connu communément sous le nom de « Sans Souci d’Afrique ».
L’inévitable dame la mort l’a frappé sur le lit d’hôpital, après une maladie accompagnée d’une intervention chirurgicale. Deux semaines durant, la ville de Kinshasa a été presque morte. Mais pour son enterrement, il fallait toquer des portes par si, et des bureaux par là.
La disparition de ce Baobab a été suivie deux jours après, c’est-à-dire, le 25 juin, par un autre artiste. Celui-ci était un musicien considéré comme « The King of Pop », entendez, le roi de la pop, Michaël Jackson, « Mukalenga Jacques Kasongo » comme l’appelait affectueusement certains kinois pour le rapprocher de plus en plus de ces origines africaines.
Cette coïncidence a encore donné plus d’envergure à ces deux cérémonies funéraires à Kinshasa, à telle enseigne qu’elle a fini par mobiliser tous les kinois. Lisala Ngomba, un autre artiste génie a trouvé la mort mercredi le 14 octobre 2009, presque dans les mêmes situations que son précédent.
Mais sa particularité est qu’il a été attaqué par la maladie épidermique connue sous le nom de « Mbasu », qui l’a douloureusement frappé pendant quatre jours. Et les derniers jours, le pauvre artiste n’a plus supporté la douleur de la dite plaie, il a cédé à l’appel de la mort.
Il sied de signaler que Lisala Ngomba a longtemps presté aux côtés de Matthieu Mateya Matondo alias « Sans Souci », avant de former son propre groupe. Encore, une fois de plus, lors de ces funérailles, de sérieux problèmes d’ordre essentiellement financiers se sont posés à tel point qu’il y a eu des discussions de part et d’autres.
Mais la situation a été calmée par l’Assemblée Nationale de Théâtre Populaire et Cinéma (ANTPC). Cette organisation qui s’occupe tant soit peu de la survie des artistes comédiens congolais, a donc volé au secours de la famille eplorée.
Peu avant, Matthieu Matondo alias « Sans Souci », un autre artiste avait quitté cette terre des hommes. Il s’agit de « Ya Zaza » du groupe Lys-boy de Lady Esobe. Par après est venu le tour de la charmante Bibish Kaniki « Larisa », du groupe Cinarc de M. Bienvenu Tukebana, alias « Caleb ».
Celle-ci avait été arrachée à l’affection des siens le 4 novembre 2009, des suites d’une longue maladie. Elle a souffert de la méningite qui l’a dérangé dramatiquement jusqu’à l’emporter dans l’au-delà.
Tout juste après, est venu le tour de l’actrice Pamua Ilunga, connu sous le nom de « Visa la charmante », qui a rendu l’âme au Saint Père le 8 mars 2009 pendant qu’elle accouchait suite à une intervention (césarienne).
Cette actrice hors du commun, a pu prester de son vivant presque dans tous les grands du monde de l’art dramatique du Congo. Enfin, c’est l’actrice Goutte Epaisse, du groupe « Maman Alinga », qui est morte au troisième trimestre de cette année, suite à une courte maladie.
Comme on peut bien le constater, tous ces artistes ont disparu suite à des maladies diverses, mais aussi avec un seul point commun, celui de la non prise en charge des soins médicaux soit par l’autorité de tutelle, soit carrément par les associations multiples qui s’occupent des artistes comédiens.
Il est temps…
A chaque fin de l’année, toutes les entreprises, les ministères doivent présenter le rapport bilan en spécifiant tous les volets de leurs actions durant l’année écoulée.
Mais pour le ministère de la culture et des arts de la République démocratique du Congo dans son volet Art dramatique, une certaine opinion se pose la question de savoir, quel est le bilan de l’année 2009 ? Du moins en ce qui concerne l’art dramatique congolais, ce bilan est d’après nous mi-figue, mi-raisin.
Toutefois, une chose est vraie, la situation sociale des artistes comédiens congolais laisse à désirer, quand bien même ils produisent des œuvres du jour le jour. Il est temps que le gouvernement de la République, par le biais du ministère de la Culture et des Arts prenne à bras le corps la prise en charge des artistes en général, et les comédiens du pays en particuliers.
La valorisation du droit de l’auteur devient sine qua none, dans la mesure où plusieurs artistes congolais meurent sans toucher ni un franc de leurs fruits de l’esprit.
Comme vous pouvez bien le constater, cet article est écrit non pas pour faire du mal, mais tout simplement pour faire réfléchir sur la situation sociale des artistes comédiens congolais qui produisent des œuvres d’esprit dignes et fascinantes, mais qui restent condamnés et esclaves de l’argent mesquin des sponsors qui ne visent que leurs intérêts.
Bien que l’année 2009 est considérée comme une année noire, il y a eu quand même pas mal d’événements des groupes qui se sont produit soit sur certaines chaines de télévision, soit dans les différents centres culturels du pays, notamment la Halle de la Gombe, le Centre Wallonie-Bruxelles, le Ciaj, l’Espace Mutombo Buichi, etc.
A tous les artistes congolais vivants, nous leur demandons de produire encore et toujours de spectacles et des pièces très éducatives pour l’encadrement de la jeunesse congolaise qui a certainement besoin de ces acteurs pour s’informer, se former et se divertir.
Onassis Mutombo/L’Avenir
(BT/PKF)