Le ministre de la Culture et des arts Esdras Kambale a procédé, lundi, au rond-point Kimpwanza dans la commune de Kasa-Vubu à Kinshasa, à la pose de la première pierre du monument du premier Président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kasa-Vubu, à l’occasion de la commémoration de la Journée des martyrs de l’indépendance organisée le 04 janvier de chaque année. Ce monument devant mesurer 5 mètres de hauteur et en bronze, sera érigé avec le concours de la République Démocratique de Corée et son érection devra s’achever avant le 30 juin 2010.

Dans son mot de circonstance, le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta a indiqué qu’il a plu au Chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange, de décréter l’année 2010 année du cinquantenaire de l’indépendance de la RDC » et qu’au-delà des activités festives, le Président de la République voudrait marquer un temps d’arrêt pour reconstituer la mémoire collective des Congolais sur l’histoire du pays, sur ses hommes, ses    grands événements, ses hauts faits depuis l’accession à l’indépendance jusqu’au 30 juin 2010.   

André    Kimbuta a également fait un rappel historique sur les événements qui se sont déroulés le 4 janvier 1959 et qui ont conduit à l’accession du pays à l’indépendance. Aussi, le gouverneur de la ville de Kinshasa a rendu un hommage au Chef de l’Etat pour sa promesse faite le 6 décembre 2006, d’honorer la mémoire des hautes personnalités qui ont marqué l’histoire de la RDC, à l’exemple des mausolées construites en mémoire de M’zée Laurent Désiré Kabila, à Kinshasa, Joseph Kasa-Vubu, à Singini, dans la province du Bas-Congo ainsi que l’érection du monument de Patrice Emery Lumumba dans la commune de Limete, à Kinshasa.

Intervenant à la suite du gouverneur Kimbuta, le commissaire général du cinquantenaire (CGC) Denis Kalume Numbi a rappelé les dispositions légales portant création du CGC, mettant en exergue ses objectifs et ses missions dont la reconstitution de la mémoire collective, un des socles comme base d’un développement durable et dont le balisage est lancé par les cinq chantiers.

Il a mis l’accent sur la trilogie qui doit permettre d’immortaliser et pérenniser tout événement notamment la date de l’événement, le lieu de l’événement et l’acteur clef. Toutes les interventions du jour ont été suivies par le dévoilement de la plaque commémorative du cinquantenaire, par le ministre de la Culture et des arts.

Remerciements au Chef de l’Etat pour l’érection du monument du premier Président de la RDC

Le député provincial, élu de la commune de Selembao et cadre de l’Alliance des bâtisseurs du Kongo (ABAKO), Davin Luyeye qui s’est confié à l’ACP, a remercié le Chef de l’Etat d’avoir pensé à ériger un monument en mémoire du premier Président de la République Démocratique du Congo, feu Joseph Kasa-Vubu.

Pour le député Luyeye, ce geste revêt un caractère significatif dans la mesure où il réconcilie la RDC avec son passé. Cette journée historique, dédiée au Président Kasa-Vubu à travers ce monument, permet de jeter la lumière sur la personne de Joseph Kasa-Vubu qui est l’un des pères de l’indépendance. Il a enfin lancé un appel aux membres de l’ABAKO de soutenir les actions du Chef de l’Etat.

Quant à la député Mwabi Tumba, élue de la commune de N’djili, cadre du Parti du peuple pour la reconstruction et développement (PPRD), elle a indiqué que le Président Kasa-­Vubu doit être considéré comme le pionnier de l’indépendance pour avoir eu le courage de réclamer l’indépendance tout haut sur la place publique.

Pour le ministre provincial de Transport, Mpika Roddy, la reconnaissance des mérites de Joseph Kasa-Vubu n’est pas l’affaire de l’ABAKO, mais plutôt une affaire de tout le peuple congolais. Il a félicité l’implication du Président Joseph Kabila Kabange pour la résurrection de la mémoire de feu Kasa-Vubu.

L’historien Elikya Mbokolo critique la passivité des Congolais d’aujourd’hui

La République démocratique du Congo a commémoré, lundi. le 51ème anniversaire des martyrs de son indépendance. Un analyste politique historien, le professeur Elikya Mbokolo note avec satisfaction l’acc­élération de l’histoire politique et sociale du pays. Cependant, il déplore la passivité du peuple congolais d’aujourd’hui qui accepte tout face à certaines injustices sociales, rappelle radiookapi.net. Le professeur Elikya rappelle que les événements du 04 janvier 1959 ont fait que tout aille très vite. Les choses que les Congolais ne pouvaient pas obtenir auparavant. Ils les ont obtenues entre le 04 janvier 1959 et le 30 juin 1960.

En une année et demie, ajoute l’historien congolais, on a obtenu des choses qu’on demandait pendant dix ans sans succès. Un aspect importa­nt, c’est le rôle du peuple congolais, en particulier du peuple kinois. Ces gens qui brusquement ont dit, à cette date: « c’est assez ! Et il faut que maintenant çà change totalement ! », a-t-il fait remarquer.

Ce qui contraste avec l’attitude de la génération actuelle. « Le peuple (congolais) d’aujourd’hui est apathique et pas­sif. Il accepte toute une série de cho­ses notamment l’absence de travail, le non payement ou le payement re­tardé des salaires ou encore l’étage d’un luxe insolent de la part d’un cer­tain nombre de responsables. Cette passivité doit être combattue. Parce que les peuples qui luttent sont les peuples qui vivent ! », a déploré le professeur Elikya.

De Kinshasa à Kisangani

Le 4 janvier 1959 des milliers des Congolais avaient perdu leur vie à la place YMCA de Matonge à Kins­hasa dans la vague de revendication de l’indépendance. Des manifestations officielles sont prévues, en ce même lieu lundi, par le gouvernement en collaboration avec l’Alliance des Bakongo (ABAKO).

A Kisangani, le gouverneur Médard Autsai a déposé une gerbe des fleurs lundi, sur la place des martyrs en présence de tou­tes les sommités de la Province Orien­tale. A cette occasion, il a parlé des projets de 2010, année qui verra la construction de deux écoles et deux centres de santé dans chaque terri­toire de la province.

De mardi à Lubudi

Dans le Bas-Congo, une cé­rémonie de commémoration de cette journée a été organisée au cimetière de Ngadi I dans la commune de Ma­tadi en mémoire des pionniers de l’indépendance. Selon le maire de Ma­tadi, le programme prévoit un récit historique de cette journée par le député Longo Sita. L’orateur devrait décrire les événements qui ont marqué le 04 janvier 1959 dans la ville  portuaire.

Appel au pardon mutuel et à la recon­version morale. Tel est le contenu de divers messages adressés à la popu­lation, lundi, par les orateurs dans des cultes d’action de grâce organisés dans diverses églises de Kananga, au Kasaï occidental. Plusieurs autorités politico administratives ont participé à ces cultes. Par ailleurs, les activités commémoratives du cinquantenaire de l’indépendance de la RDC de­vraient être officiellement lancées dans l’après-midi devant le bâtiment administratif de Kananga.

Au cours d’un culte d’action de grâce en l’église catholique Sacré Coeur de Lubudi au Katanga, l’abbé Théophile Kalenga a appelé les Con­golais à continuer de lutter pour une décolonisation totale et pour le déve­loppement du pays. Des représen­tants des différentes associations, notamment les activistes de droit de l’homme  ont participé à ce culte.

ACP/Radiookapi.net/Le Potentiel


(DN/Th/GW/Yes)