Les pouvoirs publics en RDC sont interpellés sur les procédures demeurés problématiques de passation des marchés pour veiller à ce que les opérations qui s’y effectuent se mènent dans la transparence et un franc jeu à tous les échelons
Beaucoup de choses ont été dites autour de la passation des marchés en 2009. Et d’aucuns ont fondé leur foi sur « opération » « tolérance zéro » pour dépoussiérer ce dossier brûlant à la base de la montée de la corruption dans les secteurs publics et privés du pays. C’est, en effet, dans la passation des marchés que les efforts de l’Etat ont été le plus trahis par des contrats léonins dont la préparation et la signature n’ont cessé de laisser des cadavres dans les tiroirs des institutions publiques.
C’est pour mettre un terme a cet état des choses que le chef- de l’Etat a pris ses responsabilités en engageant une lutte systématique contre les antivaleurs dont la corruption. Le Parlement à son tour, a haussé le ton en dénonçant publiquement des cas de corruption, des contrats des détournements des fonds, les maffias organisés sur les dos des contribuables.
Cette vaste campagne a eu le mérite de bénéficier du soutien d’une opinion publique favorable à la pratique et à la gestion orthodoxe des affaires pour améliorer le bien-être des populations. Mais sur le terrain, d’aucuns déplorent les résistances enregistrées de la part des pouvoirs exécutifs et judiciaires pour matérialiser cette volonté du Chef de l’Etat, en témoigne la conclusion de nouveaux marches publics sans appel d’offre. Notamment dans les marchés de constructions, des ventes de véhicules, des tracteurs réalisés au mépris de la réglementation sur la passation des marchés.
Les contrats des ventes sont signés de gré à gré sans aucune compétition des soumissionnaires désireux d’offrir des services de qualité aux gouvernements. Tout est fait au mépris de la réglementation sur la passation des marchés. Cette attitude longtemps décriée semble avoir la peau dure dans les milieux institutionnels congolais. Les marchés sont confiés a des entreprises choisies sur base d’aucun critère objectif et généralement après négociation des dessous des tables qui va de 10 à 40 % de commissions. Dans d’autres marchés, comme dans des secteurs des routes, des mines les investisseurs bien rodés se limitent à donner des miettes aux agents de l’Etat avant de leur faire signer des engagements qui mettent en péril les intérêts du pays et de ses populations, car l’argent ainsi libéré ne servira pas aux objectifs déclarés. C’est ainsi qu’on a assisté à des chantiers des routes, des bâtiments inachevés... abandonnés à leur triste sort.
Certes, il y a des personnalités qui ont été dans le cadre d’une politique-spectacle, arrêtées et jetées en prison. Mais, cette opération n’était que cosmétique car les dessous de l’iceberg sont restés inébranlables. La corruption étant assise sur un système qui paralyse le gouvernement et le pouvoir judiciaire. Même le remue-ménage observe dans la magistrature en 2009 tarde à donner des fruits, car la simple permutation et élévation des magistrats ne .suffisent pas. Il faut que le socle du système judiciaire congolais soit revisité.
De l’autre côté, il faut craindre qu’en 2010 si les règles de passation des marchés publics ne sont pas clarifiées que le Congo qui a grandement besoin de soutien des investisseurs ne se prive de leur apport faute de mécanismes encourageant et facilitant les transactions. Cette manière de faire les choses risque d’être, à la longue, source de frustration permanente et occasion d’ouvrir des procédures judiciaires sur la place internationale contre la RD Congo. Et ce; au moment où toutes les machines sont mises en marches pour l’adhésion du Congo à l’OHADA.
Après la promesse de 2009 et les tentatives de régulariser les procédures de passation des marchés, 2010 doit permettre de passer aux actes pour redorer le blason des institutions publiques et donner la chance à tous les orateurs économiques. La libéralisation prônée par le gouvernement ne doit donc pas ouvrir la voie à un système sauvage qui profite aux uns au détriment des autres. Vu les systèmes qui sapent les fondements de l’opération « tolérance zéro » et décourage les initiatives privées et leur, contribution dans l’effort de redressement économique de la RDC.
L’Avenir
(DN/TH/GW/Yes)
Last edited: 31/12/2009 14:46:18