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Bonjour | 19/03/2010 14:35 | English Make DC Home page | RSS feed

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Les pouvoirs publics en RDC sont interpellés sur les procédures demeurés problématiques de passation des marchés pour veiller à ce que les opérations qui s’y effectuent se mènent dans la transparence et un franc jeu à tous les échelons

Beaucoup de choses ont été dites autour de la passa­tion des marchés en 2009. Et d’aucuns ont fondé leur foi sur « opération » « tolérance zéro » pour dépoussiérer ce dossier brûlant à la base de la mon­tée de la corruption dans les secteurs publics et privés du pays. C’est, en effet, dans la passation des marchés que les efforts de l’Etat ont été le plus trahis par des contrats léonins dont la préparation et la signature n’ont cessé de laisser des cadavres dans les tiroirs des institutions publi­ques.

C’est pour mettre un terme a cet état des choses que le chef- de l’Etat a pris ses responsabilités en engageant une lutte systématique contre les antivaleurs dont la corrup­tion. Le Parlement à son tour, a haussé le ton en dénonçant publiquement des cas de cor­ruption, des contrats des dé­tournements des fonds, les maffias organisés sur les dos des contribuables.

Cette vaste campagne a eu le mérite de bénéficier du soutien d’une opinion publique favorable à la pratique et à la gestion orthodoxe des affaires pour améliorer le bien-être des populations. Mais sur le terrain, d’aucuns déplorent les résis­tances enregistrées de la part des pouvoirs exécutifs et judi­ciaires pour matérialiser cette volonté du Chef de l’Etat, en témoigne la conclusion de nouveaux marches publics sans appel d’offre. Notamment dans les marchés de construc­tions, des ventes de véhicu­les, des tracteurs réalisés au mépris de la réglementa­tion sur la passation des mar­chés.

Les contrats des ventes sont signés de gré à gré sans aucune compétition des sou­missionnaires désireux d’offrir des services de qualité aux gouvernements. Tout est fait au mépris de la réglementa­tion sur la passation des mar­chés. Cette attitude longtemps décriée semble avoir la peau dure dans les milieux ins­titutionnels congolais. Les marchés sont confiés a des entreprises choisies sur base d’aucun critère objectif et gé­néralement après négociation des dessous des tables qui va de 10 à 40 % de commis­sions. Dans d’autres marchés, comme dans des secteurs des routes, des mines les investisseurs bien rodés se li­mitent à donner des miettes aux agents de l’Etat avant de leur faire signer des engage­ments qui mettent en péril les intérêts du pays et de ses populations, car l’argent ainsi libéré ne servira pas aux ob­jectifs déclarés. C’est ainsi qu’on a assisté à des chan­tiers des routes, des bâti­ments inachevés... abandon­nés à leur triste sort.

Certes, il y a des per­sonnalités qui ont été dans le cadre d’une politique-specta­cle, arrêtées et jetées en pri­son. Mais, cette opération n’était que cosmétique car les dessous de l’iceberg sont res­tés inébranlables. La corrup­tion étant assise sur un sys­tème qui paralyse le gouver­nement et le pouvoir judiciaire. Même le remue-ménage observe dans la magistrature en 2009 tarde à donner des fruits, car la simple permuta­tion et élévation des magis­trats ne .suffisent pas. Il faut que le socle du système judi­ciaire congolais soit revisité.

De l’autre côté, il faut craindre qu’en 2010 si les rè­gles de passation des mar­chés publics ne sont pas cla­rifiées que le Congo qui a grandement besoin de soutien des investisseurs ne se prive de leur apport faute de méca­nismes encourageant et faci­litant les transactions. Cette manière de faire les choses risque d’être, à la longue, source de frustration perma­nente et occasion d’ouvrir des procédures judiciaires sur la place internationale contre la RD Congo. Et ce; au moment où toutes les machines sont mises en marches pour l’ad­hésion du Congo à l’OHADA.

Après la promesse de 2009 et les tentatives de ré­gulariser les procédures de passation des marchés, 2010 doit permettre de passer aux actes pour redorer le blason des institutions publiques et donner la chance à tous les orateurs économiques. La li­béralisation prônée par le gou­vernement ne doit donc pas ouvrir la voie à un système sauvage qui profite aux uns au détriment des autres. Vu les systèmes qui sapent les fon­dements de l’opération « tolé­rance zéro » et décourage les initiatives privées et leur, con­tribution dans l’effort de redres­sement économique de la RDC.

L’Avenir


(DN/TH/GW/Yes)



Last edited: 31/12/2009 14:46:18

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