La Société Civile à travers le Réseau Ressources Naturelles (RRN) exige la libération de 16 paysans arrêtés à Muanda sur injonction de l’Administrateur de ce territoire pour manifestation contre la pollution de l’environnement par PERENCO, dans sa lettre adressée au Premier ministre Adolphe Muzito.
Le coordonateur du Réseau des Ressources Naturelles Joseph Bobia est sortie de son silence pour exiger la libération immédiate de 16 paysans arrêtés arbitrairement à Muanda et déportés à Boma sur injonction et influence de l’Administrateur du territoire de Muanda, au cours d’un point de presse tenu mercredi à Kinshasa.
Ces arrestations ont fait suite à la manifestation de la population des Villages Kongo et Tshienda contre la pollution de l’environnement précisément des terres agricoles et rivières par enfouissement des déchets toxiques à côté de leurs villages par la société pétrolière PERENCO.
« Nous réclamons aussi la suspension et la traduction en justice de l’Administrateur du Territoire de Muanda et ses complices », a martelé Joseph BOBIA.
Ce dernier a poussé le pion plus loin en insistant sur la compensation et la réparation des préjudices causées par PERENCO et par l’Administrateur du territoire de Muanda sur des villages de Kongo, Tshiende et particulièrement de ceux arrêtés.
Selon le coordonateur BOBIA, « cette préoccupation fait l’objet du contenu de la lettre du Réseau des Ressources Naturelles (RRN) adressée au Premier ministre, ministre de la Justice et de Garde des Sceaux, ministre des Hydrocarbures et au président du conseil supérieur de la magistrature de la République ».
La copie de ladite lettre a été réservée au Gouverneur du Bas-Congo, à la direction de PERENCO/Kinshasa, au Bureau de PERENCO/Muanda, à la direction générale de PERENCO/Paris et à l’Administrateur du territoire de Muanda.
En effet, 16 paysans des communautés locales de Kongo et Tshiende ont été arrêtés mardi 15 décembre dernier à Muanda, l’un des territoires de la province du Bas-Congo, après avoir organisé un Seat-in pacifique et légal devant l’entrée principale du terminal pétrolier MIBALE de l’entreprise pétrolière PERENCO à Muanda, a révélé l’ONG Actions pour les Droits, l’Environnement et la vie (ADEV).
Elles ont manifesté contre la pollution de l’environnement, la pollution des terres agricoles et des rivières, l’enfouissement des déchets toxiques à coté de leurs villages par la société PERENCO. Ces deux villages sont situés à plus ou moins 800 à 900 mètres du terminal Mibale.
Informé la veille de ce sit-in, l’Administrateur du territoire de Muanda, Monsieur Ngongo Ngongo s’est rendu sur le lieu de la manifestation avant de demander aux manifestants de constituer une délégation pour négocier avec Parenco au chef-lieu du territoire situé à 21 Km de Kongo et Tshiende.
« Les 16 personnes choisies (8 par village) sont arrivées à Muanda à Bord d’un véhicule de PERENCO et y ont été arrêtées quelques temps après, mises au cachot et transférées à la prison centrale de Boma où elles sont détenus depuis le 17 décembre », a-t-elle révélé.
L’ADEV a fait savoir que lors de la première audience des 8 des 16 prévenus le 21 décembre dernier en chambre de conseil, « le procureur de la République a soutenu notamment que les 16 prévenus sont poursuivis du chef de rébellion, qu’ils n’ont pas d’adresse sûre et connue et que leur fuite est à craindre parce qu’ils vivent dans les villages proches de la frontière avec l’Angola. »
Ces accusations ont été réfutées avec force par Me Roger Mavungu du barreau de Matadi, avocat pris par l’ADEV.
Hygin Mandiangu/MMC
(HM/CL/Yes)
Last edited: 31/12/2009 14:11:23