La République démocratique du Congo a figuré à la 38ème place sur les 47 pays de l’Afrique subsaharienne concernés par l’en­quête sur l’Indice de perception de la corruption menée en 2009 par l’Organisation internationale, Transparency International. La République démocratique du Congo (RDC) a partagé cette place avec son voisin, le Congo/Brazza­ville et la Guinée Bissau. En ce qui concerne le rapport Doing Business, le pays figure à la 182ème place, soit l’avant dernière place. La RDC est aussi citée sur la liste des pays disposant de nombreu­ses ressources naturelles, mais qui ont obtenu un score inférieur ou égal à 2/10.

« Bien que ce pays dispose d’un potentiel qui lui permettrait de générer d’importants revenus et de fait, améliorer son développement économique et social, elle n’a pas su mettre à profit ses richesses pour instaurer des programmes de réduction durable de la pauvreté », a souli­gné le rapport Transparency Inter­national, une organisation qui fait l’état de lieu de la corruption dans le monde. Elle Indique également qu’au lieu de réaliser la croissance économique grâce à ses richesses immenses, la RDC s’est illustrée par un degré élevé de corrup­tion au sein des industries d’ex­traction minière, d’exploitation forestière et dans le secteur de l’ad­ministration.

« Une pratique qui a engendré la Stagnation économi­que, et provoqué davantage des inégalités et des conflits divers », explique Transparency Internatio­nale. « Pour faire face à cette si­tuation, le gouvernement a décidé de faire de la lutte contre la cor­ruption son cheval de bataille au cours de l’année 2010 », a déclaré tout récemment le vice-premier ministre congolais chargé des In­frastructures, M. Emile Bongeli devant un groupe d’hommes d’af­faires congolais et expatriés.

A son entrée en fonction, en novembre 2008, le gouvernement du Premier ministre Adolphe Muzito s’est assigné comme missions entre autres la refondation de l’Etat, la consolidation de la paix et de l’unité nationale, la con­solidation de la stabilité macroéconomique et la mise en oeuvre de cinq chantiers, l’amélioration des conditions sociales par l’ac­cès de tous les services et la lutte contre la corruption et les pilla­ges des richesses naturelles de la République démocratique du Congo.

Une année après, force est de constater que tous ces objec­tifs sont loin d’être atteints. L’opération Tolérance zéro lancée par le gouvernement congolais n’a pas arrêté la pratique de corruption, de détournements et des pillages de deniers publics ainsi les pillages des richesses du Congo. Une pra­tique odieuse qui prive le trésor public des ses ressources en de­vises. Au cours de son discours pro­noncé devant le parlement congo­lais, le 7 décembre 2009, le prési­dent Joseph Kabila a reconnu que la RDC avait encore des efforts à fournir pour lutter contre la corrup­tion et améliorer le climat des af­faires considéré par plusieurs ex­ports comme exécrable.

Dans, son discours, le Chef de l’Etat a demandé au gouvernement congolais de déployer davantage d’efforts pour que le pays figure en bonne place dans le rapport Doing Business au cours de l’année 2010. « La RDC a des atouts pour relancer la croissance économi­que et lutter contre la misère et la pauvreté. Il faut seulement que les dirigeants congolais fassent preuve de plus de responsabilité et s’engage dans la lutte contre la corruption qui vide le trésor public des devises », a déclaré le professeur en relations Internationales à l’Université de Lubumbashi, Phi­lippe Biyoya.

La confiance

En outre la lutte contre la cor­ruption et les pillages des ressour­ces naturelles de la RDC, le gou­vernement congolais a reçu des instructions claires de la part du président Joseph Kabila. Celles de redonner confiance à la popu­lation congolaise, en apportant des réformes profondes dans la ges­tion de la République, d’ici le mois de mars prochain. « Pour relever ce défi, le gouvernement doit arrê­ter la dépréciation continuelle du Franc congolais, à la base de la baisse du pouvoir d’achat de la population.

Il doit aussi maximi­ser les recettes notamment dans les secteurs minier, pétrolier et forestier où l’on observe beaucoup de cas de fraude et de corruption », a déclaré Mademoiselle Sandrine Mabiala, économiste et spécia­liste en Management de l’Univer­sité de Ahmedabad en Inde. L’uni­versitaire congolaise qui s’expri­mait depuis le Centre culturel fran­çais a fait remarquer que les congolais n’ont pas de couverture so­ciale. L’accès aux soins de santé primaire, l’accès à l’eau potable, à l’électricité, au transport et à l’emploi restent encore un luxe ».

Selon elle, beaucoup de cho­ses restent encore à faire sur ce chapitre, étant donné que la situa­tion sociale de la population con­golaise ne s’est pas encore amé­liorée. A cela il faut ajouter la faillite des entreprises minières dans la province du Katanga, au sud de la RDC qui ont été fortement tou­chées par la crise économique et financière internationale.

Aujourd’hui, beaucoup d’entrepri­ses minières de cette province du Sud de la RDC ont fermé et ont mis leurs travailleurs au chômage. Au Kasaï Oriental, la Minière de Bakangwa (MIBA) qui produit du diamant a également fermé », a-t-il conclu. Selon Sandrine Mabiala, le gou­vernement congolais pourrait rele­ver ces défis si seulement il dé­cide de s’attaquer au mal congo­lais qui n’a pour nom que la corruption et les détournements.

Luc-Roger Mbala Bemba/L’Observateur


(DN/TH/GW/Yes)