Entre un Mpwela qui fait de l’injure facile une valeur et Evariste Boshab, c’est la nuit et le jour. Ce bureau a battu tous les records de per­formances de 1960 à nos jours. La Bande à l’honorable Mpwela a fran­chi le rubicond. Et du coup, toute la manœuvre qui entoure son activisme apparaît au grand jour.

En outre, ce qui arrive avec ce groupe même désa­voué par le parti auquel Mpwela est membre, dé­montre encore une fois, comme le dit un adage populaire, qu’un mauvais arbre ne donne jamais de bons fruits. C’est ici que doit commencer le vrai débat sur l’Amp. Il est vrai que l’Amp n’est pas une formation politique où, le gens, faute de discipline per­sonnelle, peuvent se faire régler par la même idéologie.

Dans le cas de l’Amp, faute d’une idéologie commune, les rapports ne sont régis que par une discipline librement consentie. Dans le cas contraire, il n’y aurait aucune  possibilité d’une action politique en groupe. Et Joseph Kabila ne peut compter sur l’Amp que dans la mesure où les membres font mon­tre d’une certaine discipline et surtout d’une certaine solidarité.

Dans une plate-forme où les rapports sont déjà difficiles à gérer, le droit à l’infidélité est une des tares qui doivent être combattues. Et pourtant, dans l’Amp, on a laissé trop de temps aux infidèles. Il est donc temps que le Chef de la majorité tape du poing sur la table. Car, il ne s’agit pas de créer au sein de l’Amp un silence de cimetière, mais de tordre le cou aux manœuvres des gens qui, pour préserver des positions acqui­ses, notamment au gouvernement, se montrent capables de jeter l’opprobre sur n’importe qui.

Derrière Mpwela se ca­chent des lâches

Cette manœuvre est à peine dissimulable. Les tireurs de ficelles se comportent jus­tement comme un singe qui se cache dans le feuillage oubliant que sa queue pendait et était visible.
Il y a des gens qui pen­saient qu’après eux, ce sera le déluge. ils ne peuvent se rete­nir à l’idée que non seulement ils ne peuvent résister au rou­leau compresseur de l’oubli, mais aussi à l’excellence avec laquelle le nouveau bureau de la chambre basse est dirigé, comme le démontre le bilan de huit mois de travail que nous publions à la page 5 de cette édition.

D’autres, parmi les ti­reurs des ficelles, même repen­tis, semblent avoir peur de l’ap­proche du remaniement. Pas étonnant que c’est lorsque le re­maniement se précise que les agitateurs se font plus actifs et entreprenants. C’est étonnant que sous prétexte de revendication de l’excellence et de la méritocra­tie, on se donne à l’injure facile.

Entre celui qui distribue facile­ment l’injure et celui qui se tait, parce qu’on répond aux imbé­ciles par le silence, qui est plus médiocre que l’autre? Et l’opinion s’étonne qu’un individu, un groupe d’individus qui n’ont pour carte de visite que la preuve de leur qualité « d’injurologues », se croient permis de traiter tous les autres de médiocres.

La question que l’on peut se poser est celle de savoir qui est Mpwela ? Il faut peut-être compter parmi les rares ressortissants de Songololo pour avoir de lui un souvenir flou. Il y a des gens qui, pour se faire populaire, n’ont de choix que de s’accro­cher sur les célébrités.

C’est le choix que semble avoir pris Mpwela en acceptant de jouer au fou du roi en servant la cause d’un courant annoncé autour du changement du bureau de la chambre basse et avec pompe, mais qui ressemble bien à un mort-né. Car, la tentative de remettre sur orbite est un vrai échec. Il faut être de mauvaise foi et maladroit pour lancer contre Evariste Boshab l’anonyme Mpwela. Toutes proportions gardées, c’est le jour et la nuit.

Alors qu’il y a des mois, depuis l’installation de l’Assemblée nationale, l’audit de la gestion du bureau était une question taboue, on voudrait en faire la grande re­vendication aujourd’hui au moment où Evariste Boshab se dit ouvert à tout contrôle de la gestion du bu­reau. On est même étonné qu’au moment où beaucoup d’agents de l’Etat ne sont pas payés, qu’un groupe de députés estime que l’on devrait en toute priorité servir les députés. Qu’à cela ne tienne, après investigation, il nous revient que les députés n’ont pas d’arrié­rés. A quoi donc tient la revendica­tion de la bande à Mpwela?

Ils sont venus au parlement pour s’enrichir

On se rend compte que l’on a affaire à des gens qui sont venus au parlement non pas pour rendre service, mais pour s’enrichir. Ces gens ont été mal habitués à toucher des avantages indus à chaque départ en vacances. Ils ne s’adaptent donc pas à une certaine orthodoxie imposée par le nouveau bureau.

L’opinion constate éga­lement qu’avant l’arrivée de ce bureau, on avait fait de la tri­bune de la chambre basse un lieu pour amuser la galerie en racontant des histoires. Cer­tains députés ne sont pas à même de se hisser au niveau où le nouveau bureau a situé les débats. Incapables de par­tager le sacrifice avec l’ensem­ble du peuple congolais, inca­pables d’élever les débats, ces députés n’ont de choix que la fronde qui, malheureu­sement, ressemble à la tempête dans un verre d’eau.

Demain, ce sera 2011. L’Amp, pendant cette pre­mière législature, aura invité  les politiciens à un bal des chauves. Tous, même les non chauves, se sont rasés le crane dans le seul but de par­ticiper au bal. Ce bal ayant duré plus que prévu, les che­veux ont commencé à pous­ser sur le crane des non chau­ves. On espère que le jeu sera clair aux prochaines échéan­ces. Certains partis politiques dont l’Arc qui a désavoué deux de ses membres faisant par­tie de la bande à Mpwela, ré­fléchira deux fois pour aligner sur sa liste des candidats dé­putés.

Empêcher l’Amp de se préparer aux échéances de 2011

De sa part, l’Amp devra réfléchir sur les membres qui rejoindront la plate-forme. Un adage dit que lorsqu’on ouvre sa maison à tout le monde, on y laisse entrer les paresseux et les vo­leurs. C’est donc le moment pour le chef de l’Etat de faire en sorte qu’il ait des hommes sûrs à lui pour une majorité ras­surante demain. Il est également temps de faire en sorte que la coalition à constituer demain ne soit plus un assemblage fait au hasard. On sait que le secrétaire général du Pprd de l’époque avait tout fait pour évi­ter la création d’une plate-forme homogène. Jusque la veille des élections, lors du Congrès de ce parti politique, l’idée d’une coalition solide n’était pas la bienvenue. Mais, devant l’évi­dence et l’insistance des observateurs avertis, il a été accepté du bout des lèvres l’idée de Pprd et alliés.

Visionnaire et respec­tant la décision du Congrès, Joseph Kabila qui était au courant des enjeux, mieux du piège où on voulait le prendre, a tout déjoué en se préten­dant comme candidat indé­pendant en lieu et place de contredire le Congrès du Pprd. On n’a pas eu le temps de pousser une bonne réflexion sur la plate-forme qui devrait porter la candidature de Joseph Kabila.

En 2011, il va de soi que Joseph Kabila sera le candidat de l’Amp. L’Amp n’étant pas un parti politique, il sera encore une fois un can­didat indépendant. Cependant, on a compris que pour le maître à penser à Mpwela et consorts, il faut jeter le discrédit sur cette plate-forme afin de se constituer un discours électoraliste demain. En outre, il faut y créer un climat qui ne peut pas favoriser la réflexion sur son avenir et celui de la coalition actuelle­ment au pouvoir. Hier, les ti­reurs de ficelles jouaient eux-mêmes ce rôle de cheval de Troie. Puisque détectés à temps, ils ont besoin de ma­rionnettes pour miner le clan politique du dedans. Il n’y a aucune autre raison pour justifier l’agitation de Mpwela au moment où on va vers la fin de la législature.

Joachim Diana G/L’Avenir


(DN/TH/GW/Yes)