Sortie médiatique encore une fois fracassante du ministre porte-parole du gouvernement, M. Lambert Mende, qui soulève à nouveau la controverse autour de l’opportunité de la prorogation en RDC du mandat de la Monuc tandis que l’Onu semble souffler le chaud et le froid
187 civils, 82 bandits et 28 policiers tués, tel est le bilan macabre des affrontements de Dongo, dans le district du Sud-Ubangi, province de l’Equateur, dressé mardi par le ministre de la Communication et médias, porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga. M. Lambert Mende, qui a animé une conférence de presse axée sur le point de la situation sécuritaire du pays, a également réagi à la résolution 1906 du Conseil de sécurité. Abordant la situation qui prévaut à Dongo (Equateur), le ministre Mende a déclaré que les services spécialisés sur le terrain n’ont établi aucune implication avérée d’un pays étranger dans ce conflit.
« C’est un mouvement mono-clanique qui a pour but de nettoyer ethniquement une bande de terre de 50 km sur 15, « en vue du contrôle des étangs piscicoles, a-t-il rappelé. Le mouvement dénommé « Mouvement de libération indépendante des alliés » (sic !) et sa branche militaire « Nzobo ya Lombo », entendez « les bandits du village », créés le 8 novembre 2009, sont dirigés respectivement par Mabenga Mong Bama, alias Ibrahim et son fils Ondjani et non pas par « des politiciens démonétisés de Paris qui cherchent à se trouver de nouveaux faire valoir pour se mettre en scène ».
Lambert Mende a établi le bilan de cette « aventure macabre » à 187 civils tués par les bandits, 82 bandits et 28 policiers tués. Il a déploré aussi de nombreuses fosses communes, des maisons d’habitation et des champs agricoles incendiées sur un rayon de 40 km. 37 éléments du mouvement ont été capturés lors des affrontements et sont acheminés à Kinshasa pour être jugés, a-t-il annoncé, ajoutant qu’à l’heure actuelle, les forces résiduelles des bandits armés sont repliés sur la localité de Enyele où ils se trouvent encerclés par les unités combattantes des FARDC.
Le porte-parole du gouvernement a affirmé que toute l’opération de pacification de Dongo a été menée uniquement par les FARDC, la MONUC ayant apporté un appui en transport et en ravitaillement. « Preuve que les forces congolaises sont à même de s’acquitter efficacement de leur tâche de défense du pays pour peu que soient mis à leur disposition des moyens adéquats ».
Tentatives de reconstitution d’une rébellion au Kivu
Le ministre de la Communication et médias a ensuite fait état de plusieurs tentatives de reconstitution d’une rébellion armée sur les cendres d’ex-mouvements armés CNDP et PARECO. Il a cité le cas de M. Gad, du lieutenant-colonel Nsengiyumua, l’ancien député François Gachaba et du général La Fontaine. M. Gad fut attaqué par une unité de l’opération Kimia II, qui lui a imposé une défaite sévère, tandis que Nsengiyumua a tenté, il y a quelques jours, de mener en insurrection un bataillon majoritairement composé d’éléments issus de l’ex-CNDP à Masisi.
Quant à La Fontaine, le ministre Mende l’a taxé de hors la loi, affirmant que les uns comme les autres devraient subir la rigueur de la loi. Dans la traque de la bande à Nsengiyumua, a-t-il ajouté, les FARDC ont repris le contrôle de la localité de Lukweti, au cours de cette deuxième moitié du mois de décembre 2009, démentant les allégations du BCUNDH et HWR sur des prétendus carnages commis dans cette localité par les FARDC.
La résolution 1906/2009 du Conseil de sécurité de l’ONU
M. Mende a, en outre, livré l’appréciation du gouvernement de la résolution 1906/2009 du Conseil de sécurité de l’ONU adoptée le 23 décembre 2009, qui présente, certes, quelques avantages pour le pays, mais fait un procès d’intention à la RDC. « Tout se passe comme si les rédacteurs de la résolution tenaient seulement à faire droit au pessimisme à la mode chaque fois qu’il est question de la RDC ».
Il a stigmatisé dans ce cadre, le style péremptoire affirmatif utilisé dans la résolution, qui méprise le principe de la présomption d’innocence ou encore la conditionnalisation de l’appui de la MONUC aux FARDC, au respect des droits de l’homme et du droit humanitaire international et ou encore, le constat du Conseil de sécurité selon lequel la situation en RDC continue de menacer la paix et la sécurité internationales dans la région.
Pour le ministre Mende, la résolution enferme la RDC dans une sorte de cercle vicieux par une sorte de prétention à pouvoir isoler l’objectif de protection des populations civiles congolaises de celui du renforcement des capacités de l’Etat. Elle aurait dû mettre en avant l’amélioration des capacités d’organisation et d’encadrement des FARDC pour les rendre aptes à assumer un devoir de protection dans l’exécution duquel la MONUC ne pourra pas suppléer éternellement.
Le gouvernement contrôle la situation sécuritaire à Dongo et au Kivu », dixit Lambert Mende
M. Lambert Mende Omalanga, ministre de la Communication et des Médias et porte-parole du gouvernement, a animé hier mardi un point de presse portant sur trois points essentiels : la situation sécuritaire à Dongo, les dernières tentatives déstabilisatrice au Kivu et l’appréciation par le gouvernement de la résolution 1906 du Conseil de sécurité de l’Onu sur la RDC.
Abordant la question sécuritaire à Dongo dans la province de l’Equateur, le ministre Mende a confirmé que le gouvernement se trouve face à la résurgence d’une querelle interclanique des années 40 entre la population Enyele de Lobala avec leurs voisins Monzaya de Boba . L’enquête menée par les services de l’Etat ont permis l’identification des acteurs de ces faits. Il s’agit d’une bande de bandits qui s’est baptisée « Mouvement de Libération Indépendante des Alliés » et non d’une certaine diaspora parisienne regroupée au sein des « Patriotes résistants congolais ».
Cette bande prétend « nettoyer ethniquement une portion de terre de 50 Km sur 15 qu’elle considère comme appartenant à leur clan de Lobala. Le numéro un de ce groupe, selon le ministre Mende est un certain Mabenga Mongbama alias Ibrahim le Grand libérateur qui est le père biologique de Ondjani, lequel est secondé par un ancien sergent des FAZ Emeka, devenu capitaine grâce au brassage. Un autre adjoint de Ondjani s’appelle Bozamba. Sur la liste de ces bandits, sont enregistrés un grand nombre d’enfants-soldats et quelques démobilisés d’anciens groupes armés, bien que le gros de la troupe soit exclusivement composé de membres d’un même clan.
Il convient de noter que le gouvernement a écarté l’implication de quelques acteurs politiques congolais dans ce conflit, après les investigations menées par les services spécialisés. Le gouvernement s’accorde aux enquêteurs pour affirmer que l’aggravation du conflit réside dans la généralisation de la culture de stupéfiants (chanvre) dans la contrée. A ce jour, le bilan de cette aventure est de 187 civils tués par la bande à Ondjani, 82 éléments rebelles morts pendant les combats, 22 éléments de la police tués, 57 bandits capturés et acheminés à Kinshasa et des maisons ainsi que des champs brûlés.
Le ministre de la Communication et des Médias a affirmé que le gouvernement est en mesure d’affirmer que sur la foi des renseignements disponibles, il n’y a aucune implication avéré d’un pays étranger dans ce conflit qui a saccagé Dongo ». Il a invité les Congolais réfugiés au Congo-Brazzaville ou éparpillés à travers différents sites à l’intérieur du pays à regagner sans criantes leurs villages, désormais en sécurité. Car, a-t-il ajouté, l’aide à leur apporter sera distribuée dans lesdits villages et non ailleurs.
« A l’heure actuelle, les forces résiduelles des bandits armés qui ont été mis en déroute se sont repliés sur la localité de Enyele où ils sont totalement encerclés par les FARDC » a noté Lambert Mende qui a ajouté que l’armée régulière a été instruite pour accorder à ces brebis galeuses une dernière chance de déposer les armes et de se rendre volontairement et pacifiquement pour répondre de leurs actes devant la justice.
La menace des ex-groupes armés écartée !
Passant de Dongo au Kivu, le ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mende a révélé deux tentatives de reconstitution d’une rébellion armée sur les cendres d’ex-mouvements armés CNDP et PARECO par deux individus, Gad et Nsengiyumva, tous anciens du CNDP. Il y a 2 mois, le dénommé Gad a tenté une « nouvelle rébellion » au Nord-Kivu, mais son bivouac fut attaqué par les FARDC. Ses complices qui avaient survécu à l’offensive s’était rendus pendant que Gad ne trouva son salut que dans une fuie vers l’Ouganda où il a été arrêté par les autorités ougandaises.
Quant au lieutenant-colonel Nsengiyumva, selon le porte-parole du gouvernement, il a tenté, il y a quelques jours de mener en insurrection 125 éléments de son bataillon issus de l’ex-CNDP à Masisi en connection avec ceux de PARECO pour marcher sur Lukweti. C’est après l’interception de leur colonne par les FARDC au cours de laquelle 53 hommes de Nsengiyumva ont été fauchés que la plupart d’entre eux se sont rendu compte de la supercherie.
Le ministre a Mende a précisé que « c’est dans la foulée de traque de la bande à Nsengiyumva que les FARDC viennent d’entrer à Lukweti ». A rappeler que les unités neutralisées et détruites ainsi que la bande réfractaire à l’intégration de Gad et les mutins de Nsengiyumva étaient composées en majorité d’anciens éléments de l’ex-CNDP. C’est une preuve a souligné le ministre Mende que les efforts de brassage des ex-CNDP au sein des FARDC commence à porter leurs fruits.
Enfin, le ministre de la Communication et des Médias a annoncé l’arrestation de François Gachaba, ancien éléments du CNDP et ancien député provincial du Nord-Kivu qui était condamné pour viol par un tribunal de Goma. Il est en train d’être transférer vers une prison d’Etat où il devra purger la peine de servitude pénale à laquelle il avait été condamné au Nord-Kivu.
ACP/Le Potentiel
(DN/TH/GW/Yes)