Entre les entreprises brassicoles, la clientèle de ces entreprises et les patrons du show-business phonographique s’est tissé un mariage d’intérêt devenu indissociable par la nature des activités qui unissent par la force des choses les brasseurs aux consommateurs de leurs produits.

Ceux-ci se laissent succomber par l’attrait persuasif du contenu des panneaux publicitaires aguicheurs dans lesquels les organisations des défenses des droits des enfants et des familles reniflent des relents libidineux si bien qu’ils s’en offusquent outre mesure.

Pour ces organisations, les concepteurs des slogans qui font la promotion des bières locales congolaises livrent des messages de nature à inciter les mineurs à la débauche et à la consommation précoce de l’alcool.

Les griefs les plus véhéments sont ceux qui sont faits à l’endroit des publicités assurant la promotion des bières brunes locales auxquelles des panneaux publicitaires vantent sans la moindre gêne ni d’égards pudiques les puissants stimuli que ces  bières susciteraient dans tout organisme masculin en mal de performances sexuelles.

Il serait malvenu de nier aux concepteurs de ces hardiesses libidineuses à la limite de l’immoralité le succès de leur marketing agressif au regard des parts des marchés que les bières brunes ont arraché aux bières blondes. Celles-ci ne tirant qu’à 5% de volume par rapport aux premières qui tirent à 6,5%, d’aucuns affirment que l’accroissement des consommateurs des bières brunes est le résultat de l’expérimentation que ceux-ci en font au détriment de leurs compagnes de lit au hasard des circonstances.

Et qu’entend-on de la bouche des délégués commerciaux des deux bords qui quadrillent à moto à longueur de journée les débits de boissons de leur obédience, sinon que leurs propos relaient les messages publicitaires en question, ce qui apporte de l’eau au moulin des associations de défense des droits des enfants dans la croisade qu’elles mènent en faveur de la protection de leurs pupilles.

Une grande partie de l’opinion publique est d’avis que le combat que mènent ces associations est juste dans la mesure où celles-ci font d’une pierre deux coups, car par la même occasion elles s’attaquent aux paroles licencieuses qui constituent les thèmes vantant les mérites des bières locales. Des chefs-d’oeuvre de production phonographique qui riment avec pornographie. Sans plus ! Quand on sait que ces chansons sont débitées dans les débits de boissons à grand renfort de nuisances sonores et sont même exécutées à l’occasion de fêtes de famille, on se rend à l’évidence combien les colères exprimées par les associations de défense des droits des enfants sont justifiées. Partant, les entreprises brassicoles congolaises devraient avoir à l’esprit que toutes les récriminations qui leur sont adressées dans ce sens  ne tendraient qu’à leur faire comprendre que leur marketing promotionnel pousse trop loin leur bouchon du libertinage : ce laisser-aller cause tellement de ravages moraux au sein de la société congolaise, au grand dam des familles qui ne savent plus à quel saint se vouer.

Les patrons du show-biz, grands bénéficiaires des largesses financières que leur procure le sponsoring providentiel des entreprises brassicoles ont vendu leur âme au diable. Les thèmes dont ils enveloppent les messages publicitaires vantant les vertus psychédéliques de nos bières auraient trouvé des oreilles complaisantes dans les bacchanales des temps antiques de la mythologie romaine. Que d’insanités ! Que d’appels de pieds aux bas instincts ! Que d’évocations lascives offensant la morale au nom des dieux de la bière !
  
Si à première vue personne ne trouverait à redire sur des actions promotionnelles en faveur d’un produit commercial donné, fut-il brassicole, les bonnes consciences sont par contre troublées devant les dérives auxquelles on assiste en République démocratique du Congo dans ce domaine de la promotion des bières locales.

Ce qui se passe dans e pays est unique au monde dans ce domaine. Jamais en Belgique, en France ou en Hollande on a vu les brasseurs offrir des primes à la pudeur comme cela se passe en Rd Congo, au vue et au su d’une institution appelée Commission de censure en mal d’assumer ses responsabilités.

Devant ces assauts répétés d’atteintes délibérées à la pudeur, face à la tolérance de ces infamies affichée par les pouvoirs publics, les familles ont jeté l’éponge. La résignation est la seule arme qui leur permet d’accepter l’inacceptable. Quelle honte à notre société ! Abandonnée à elle-même et à ses turpitudes, elle perd ses marques de noblesse au jour le jour, sacrifiées sur l’autel du dieu Bacchus !

Et pourtant ! Et pourtant, fin connaisseur des bières locales que nous sommes pour les avoir consommées et appréciées depuis la nuit des temps, à Léopoldville et aujourd’hui à Kinshasa,  nous restons d’avis - et nous osons l’affirmer-, toutes choses restant par ailleurs égales entre elles que, toutes les grandes bières locales ont acquis à ce jour une telle renommée et une telle notoriété qu’elles doivent se passer des déviances impudiques auxquelles les astreint les messages publicitaires que toutes les bonnes consciences décrient aujourd’hui.

Aussi, appelons nous les concepteurs  de service des slogans promotionnels dans nos brasseries d’observer désormais la plus grande retenue dans la conception de leurs messages publicitaires. De même, ils devraient par la même occasion imposer aux patrons du show-biz discographique la même circonspection afin de garder la morale sauve au sein de notre société.

Clément Vidibio/MMC


(CV/TN/Yes)