Dans le mouvement de la peinture populaire de Kinshasa, une caractéristique saillante est celle de ces familles de peintres travaillant souvent en ateliers.
De Moke père à Moke fils, de Bodo père à Bodo fils et Amani Bodo, le savoir-faire et le talent se transmettent de génération en génération. « La dernière exposition des œuvres d’art pour l’an 2009 est un travail en famille et en atelier. Il se déroule du 22 décembre 2009 au 26 janvier 2010 ».
Travail en famille, elle est tout comme son intitulée « Père et fils, copié ou continuité? » qui en dit plus.
En essayant de répondre a cette interrogation, la Directrice de la Halle de la Gombe, Mme Françoise a été claire à ce sujet au cours du vernissage organisé à cette occasion: le style du fils s’apparente quelque peu à celui du père.
Toutefois, le fils imprime aussi son style à lui ». Ce qui importe, c’est le message, quelle que soit sa nature, qui doit être véhiculé à travers l’œuvre d’art.
Dans le mouvement de la peinture populaire de Kinshasa, une caractéristique saillante est celle de ces familles de peintres travaillant souvent en ateliers.
De Moke père à Moke fils, de Bodo père à Bodo fils et Amani Bodo, le savoir-faire et le talent se transmettent de génération en génération.
Avant de continuer dans cette manière de voir les choses, notons que les artistes à l’ordre du jour sont Monsenguro Kejawamfi, dit peintre Moke né en 1950 à Ibe (Bandundu).
Sa peinture réaliste et exubérante témoigne de son observation minutieuse de la vie quotidienne kinoise sapeurs, scène de bar, rencontres galantes, rumba, et fêtes nocturnes, etc.
Une culture populaire dans toute sa rigueur effervescente, chahuteuse, drôle et parfois amère. Outre la vie publique se retrouve dans sa production très prolifique qui mêle savamment le discours social et l’expérience esthétique. Il décédé en 2001, malheureusement.
De son vrai nom Monsengwo Odia, Moke le fils est né en 1968 à Kinshasa. Il est l’aîné de sept enfants de Moke, peintre populaire de renommée internationale.
A 12 ans, il vend les tableaux de son père sur les marches. En 1997, il vend sa première toile « Erosion ». Depuis, Moke fils a participé à plusieurs expositions nationales et internationales à Bruxelles (2004), à Vienne (2005), à Kinshasa à l’Hôtel Memling (2005), au festival Yambi Rochefort (Belgique), 2007, en France ( 2009).
Moke fils est membre de l’association des peintres populaires (Appo) et président des ateliers Make, organisation dédiée à la mémoire de Make père.
L’autre artiste se nomme Bodo. Bodo père si on veut bien. Né à Mandu au Bas-Congo en 1953, sa carrière débute en 1970. En 1973, 1 entre en contact avec l’association des critiques d’art africain, par l’intermédiaire de M. Badibanga.
Maître Bodo dont les toiles sont signés « Art Bodo » est pasteur. Il mène de front son sacerdoce et son métier de peintre.
Avec une palette très colorée, décrit des sujets graves qui touchent aussi bien la société occidentale que celle de I’Afrique. Il a participé à plusieurs expositions à Kinshasa, aux Etats-Unis, en Espagne, en Chine, en France, en Italie, la liste n’est pas exhaustive.
Amani Bodo fils de Bodo père est né en 1988. En 1998, son père le prend comme élève et lui permet de peindre sur toile. L’enseignement se focalise autour de la reproduction des détails de tableaux du père. Il vend sa première toile en 2000. Ses travaux s’encrent alors dans la mouvance de la kinoiserie populaire, thématique dont il s’éloignera plus tard.
Son père et lui, déclare-t-il, ont la même façon de peindre mais par le même style.
Amani Bodo tente, dans sa peinture, de « représenter la pensée et de peindre l’invisible » en conservant le réalisme des peintres populaires kinds. Il est lui aussi membres de l’Appo.
GN/La Tempête des Tropiques
(Ern/BT/PKF)