Président de la Jeunesse et Solidarité Pprd/Suisse, Patrick Diassouka, qui s’est exprimé au journal Le Potentiel dans sa rubrique « Cinq questions à… » a estimé que les propos méprisant de De Gucht à l’endroit des dirigeants congolais méritaient des excuses.
1. Le Commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire, Karel de Gucht, vient, une fois de plus, vilipender les dirigeants congolais en affirmant devant le Parlement européen qu’il n’y a pas d’interlocuteurs politiques appropriés en République démocratique du Congo. Qu’en dites-vous ?
Nous considérons d’abord ces propos comme une ingérence de M. De Gucht dans les affaires intérieures d’un Etat souverain. Les dirigeants congolais dont ils parlent ont été élus démocratiquement et doivent être pris au sérieux par qui que ce soit. Karel De Gucht doit cesser de se prendre pour l’ange gardien du Congo et devrait se préoccuper de son pays, la Belgique dont les dernières crises gouvernementales ont démontré à la face du monde qu’elle n’est pas à l’abri de l’instabilité politique. Le peuple congolais a de liens historiques profonds avec les belges. Par conséquent, Kinshasa et Bruxelles sont appelées à développer des relations de respect mutuel. Les propos méprisants de De Gucht méritent que son auteur présente des excuses.
2. La corruption est un fléau qui a pris de l’ampleur en République démocratique du Congo. En tant que formateur de la jeunesse, quel pourrait être votre apport si vous assumiez les fonctions de conseiller du chef de l’Etat en matière de corruption.
Je voudrais d’abord saluer l’initiative prise par le chef de l’Etat de mener la guerre contre la corruption. Si j’étais conseiller à la présidence de la République en matière de lutte contre la corruption, je privilégierais plus le caractère prophylactique dans la lutte. Mes actions seraient axées sur la prévention, car mieux vaut prévenir que guérir, dit-on. Une bonne éducation civique basée sur l’amour de la patrie permet de prévenir la corruption dans ce sens qu’un citoyen patriote refusera de s’adonner à la corruption et dénoncera ceux qui sont corrompus. Je suis également de ceux qui pensent qu’il faut réformer l’appareil judiciaire dans la mesure où, une bonne justice permet de dissuader les hors-la-loi.
3. Lors de son discours sur l’état de la Nation, Joseph Kabila a dressé un bilan positif sur le plan de la paix et sécurité. Partagez-vous son satisfecit ?
Je peux dire que je suis moi-même témoin oculaire du retour de la paix. Je suis résident en Suisse et les images que la presse internationale se faisait le plaisir de diffuser à longueur des journées sur la République démocratique du Congo, c’étaient les bruits des bottes, des files interminables et minables des déplacés de guerre fuyant les combats. Il faut reconnaître que cela fait désormais partie du passé. J’étais à Goma au mois de juin dernier à l’occasion des festivités de l’indépendance et j’ai pu me rendre compte des efforts fournis pour que la paix devienne une réalité dans cette partie du pays. J’étais récemment au Katanga, à Mbuji- Mayi et à Kisangani. Le constat est le même. Je soutiens qu’en matière de paix et de la sécurité, le président a gagné le pari. Mais comme il l’a dit, il ne faut pas baisser la garde.
4. Le chef de l’Etat a annoncé de grands projets pour l’avenir, notamment la modernisation de la voie ferrée Kin-Matadi, Uélés, port en eau profonde de Banana. Pensez-vous que le temps joue en sa faveur ?
Mieux vaut un dirigeant porteur des projets que celui qui n’en a pas. Une personne qui a des projets finis par les réaliser même si cela ne se concrétise pas à 100%. En Europe, il y a des projets qu’on réalise maintenant, mais qui datent de plusieurs années. Pour que l’Union européenne devienne ce qu’elle est aujourd’hui, il a fallu du temps, mais l’idée a été conçue depuis longtemps.
5. Avez-vous un message particulier à adresser à certains de vos compatriotes ?
Je profite de l’hospitalité que m’offrent les colonnes de votre journal pour saluer le camarade Evariste Boshab qui nous a toujours inspiré par sa loyauté et sa compétence. Nous saluons également notre icône Yerodia Ndombasi et tous les membres de la Jeunesse et solidarité PPRD/Suisse.
Faustin Kuediasala/Le Potentiel
(TN/Ern./GW/Yes)