Il est important de maintenir durant l’année 2010 qui pointe à l’horizon le cap de celle 2009 marquée par les éreintantes tractations entre la RDC et ses partenaires financiers avec perspective entrouverte pour l’allègement de la suffocante dette de la RDC
Baisse des cours des matières premières à l’exportation suite aux effets de la crise économique mondiale ; conflit permanent dans l’Est du pays et accroissement des dépenses de souveraineté ; accroissement du déficit public entraînant la dépréciation de la monnaie et la monté de l’inflation, baisse des réserves internationales de la Banque centrale...
Autant de facteurs négatifs qui ont marqué le début de l’année 2009 pour la RDC. Privé du programme formel avec le FMI depuis 2005, le pays qui aspire atteindre le point d’achèvement de l’initiative PPTE renforcée (synonyme d’allègement de ± 90% de sa dette) va bien terminer l’année 2009, c’est-à-dire avec un programme formel avec le FMI.
C’est la perspective ouverte pour l’effacement d’environ 10 milliards de dollars américains de dette, en cas d’évaluation satisfaisante de la première revue au cours du premier semestre 2010. Il va falloir garder le cap. Depuis son arrivée aux affaires, le président Joseph Kabila a fait de l’allègement de la dette son cheval de bataille.
En ce mois de décembre 2009, la RDC a obtenu du FMI ce programme au titre de Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC), avec à la clé 551 millions USD de financement d’appui à la balance de paiement et 72,68 millions USD de réduction au titre de service de la dette vis-à-vis du FMI.
Dans tous les cas, il est de la responsabilité historique des autorités congolaises, particulièrement les acteurs du secteur économique et financier, de bien mettre en oeuvre ce programme tant recherché, en évitant des dérapages dans la conduite des politiques budgétaire et monétaire, ainsi que dans les réformes structurelles à mener.
Au regard de l’enjeu à savoir : l’Allègement d’environ 90% de la dette, nos autorités se doivent de remplir les trois conditions pour arriver au point d’achèvement de l’initiative PPTE (mise en oeuvre satisfaisante du programme et de la stratégie pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance, et réalisation des déclencheurs du point d’achèvement).
Il va falloir, entre autres, que la RDC applique le programme convenu pour une période de trois ans qui va se terminer en juin 2012. Les priorités du programme sont connues : assurer une croissance vigoureuse (une croissance moyenne du PIB réel de 5.5%): ramener le taux d’inflation en fin période à 9% d’ici 2012; renforcer la gestion des finances publiques, ramener les réserves brutes équivalentes à 10 semaines d’importations, aide non comprise d’ici 2012; limiter le déficit extérieur courant (dons compris) à 25% du PIB en moyenne; ramener la dette à un niveau viable.
En outre, ce programme renferme la conduite des réformes structurelles autour de certains axes, Primo, il y a l’amélioration de la mobilisation des recettes intérieures à travers l’élargissement de la base d’imposition et l’amélioration de sa gestion. Secundo, le renforcement de la gestion des finances publiques par l’amélioration de la préparation, de l’exécution et de la responsabilité budgétaires. Tertio, il est attendu une réforme de la Banque centrale du Congo afin de rétablir son indépendance et de renforcer son pouvoir de surveillance au moyen d’une assistance technique du département des marchés monétaires et des capitaux du FMI. Quarto, le développement du secteur privé passe notamment par la réforme des entreprises publiques, la rationalisation de la réglementation, la protection de l’investissement étranger et l’amélioration de la transparence dans la gestion des ressources naturelles.
En ce qui concerne la stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté, celle de la période 2006-2008 axée autour de cinq piliers, a été prolongée en 2010. Ces piliers sont: promouvoir la paix et la bonne gouvernance, consolider la stabilité macroéconomique et promouvoir une dynamique communautaire. Il ressort que ce qu’il faut faire est clairement repris dans le même des politiques transmis par la RDC au FMI.
C’est sur ce terrain que l’action de nos autorités est très attendue. Naturellement, les contraintes et les imprévus ne manquent pas. Mais, ils ne doivent pas écarter la RDC des priorités ci-haut citées. Les dérapages dans la conduite des politiques, la lenteur dans les réformes structurelles, comme lors du précédent programme conduit entre 2003 et 2005, devront être évités.
Au moment où l’on se prépare à entrer en 2010, la RDC doit garder le cap sur les priorités et objectifs du programme qui se veut contraignant. Mais ne dit-on pas que qui veut peut ?
Didier Munsala B./L’Observateur
(DN/Milor/GW/Yes)