Solange Ghonda, c’est cette petite dame au cœur tendre qu’il a plu au président de la République Joseph Kabila d’élever,  il y a quatre ans au rang d’ambassadeur spéciale des enfants.

Et depuis, Solange Ghonda a pris à bras-le-corps la croix et la bannière pour une seule cause : la défense des enfants et des femmes, à la fois cibles et proies faciles, incapables de résister aux méfaits que distillent les messages impudiques concoctés par le marketing agressif déployé pour la promotion de certaines bières locales.

C’est moins contre ces bières en elles-mêmes que contre l’impudicité que véhiculent les messages publicitaires utilisés pour les vendre et, par ricochet contre leur corollaire dévastateur sur le plan moral que Solange Ghonda a décidé de se dresser.

Pour le cas d’espèce, Madame l’ambassadeur spéciale des enfants a décidé de saisir la justice congolaise, par le biais du procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe d’une plainte à charge de la société Bracongo sarl en même temps que les responsables de sept chaînes de télévision dont Raga sarl, Cmb, Congo Web, Digital Congo, Drtv, Cctv, Rtga, toutes coupables d’avoir conçue et diffusé les messages publicitaires des bières SKOL et DOPPEL jugés offensants contre les bonnes mœurs.

Dans sa plainte, Solange Ghonda est d’avis qu’autant cette publicité est de nature à inciter les mineurs à la débauche et à la consommation de l’alcool, autant elle constitue un encouragement tacite aux violences faites aux femmes. En plus, selon madame l’ambassadeur spéciale des enfants, ces publicités font également la part belle aux violences conjugales et sexuelles dont sont toujours victimes les femmes.

Outragée à l’excès par la société brassicole qui est à la base de cette campagne, Solange Ghonda s’en prend aussi véhémentement contre leurs supports publicitaires, lesquels, affirme-t-elle présentent des images des femmes quasi nues, des gestes d’ébats sexuels attentatoires aux bonnes mœurs et des danses obscènes.

Dans sa plainte adressée au procureur de la République pour fustiger les méfaits que causent ces messages publicités empreintes d’obscénité, Solange Ghonda dit que, « pour tout bon sens, il demeure à ce jour impossible de trouver la corrélation entre le mariage, la boisson Doppel vantée, le combat et les images attentatoires aux bonnes moeurs présentées au public ».

Et, afin que le magistrat auprès duquel elle a diligenté sa plainte puisse appréhender la pertinence de cette action, Solange Ghonda est persuadée que sa cause aboutira.

Car, assure-t-elle, avec optimisme « qu’il s’agisse des accords internationaux relatifs à la violence faite à la femme dont la République démocratique du Congo est signataire ; qu’il s’agisse de la constitution et des lois congolaises dûment votées par le Parlement et promulguées par le chef de l’Etat, devenues opposables à tous ; qu’il s’agisse des règles d’éthique : il y a unanimité sur l’obligation de l’éradication de la ségrégation sous toutes ses formes et en tout lieu, de l’éradication de la violence faite à la femme et de promouvoir la protection des êtres vulnérables, notamment les enfants ».

A en croire l’ambassadeur spéciale des enfants, le directeur de cabinet du président de la République et le ministre de la Communication et des Médias ont instruit en son temps les responsables des supports audiovisuels concernés qui servent de relais à la diffusion de ces messages pour qu’ils mettent fin à la diffusion de ces messages et à la rediffusion de ces images  et messages publicitaires, mais que, à son grand désappointement, « la Bracongo et ces annonceurs » ont fait la sourde oreille.

Ce faisant, elle estime que « par ce comportement, les uns et les autres violent les dispositions pertinentes des lois de la République démocratique du Congo, notamment, souligne-t-elle, les articles 174 b et 175 al 1 et 2 du Code pénal Livre II.

Convaincue qu’elle a choisi cette voie en connaissance de cause du résultat auquel elle veut aboutir afin de parvenir à ses fins et barrer la route à l’immoralité rampante qui a envahi la société congolaise, Solange Ghonda a rassuré son interlocuteur, en l’occurrence le procureur de la République près le tribunal de Grande Instance de Gombe qu’elle est encore « de celles qui croient à la rigueur et à l’impartialité de la justice », parce que c’est à l’effet d’obtenir la protection des droits des enfants et des femmes qu’elle a saisi l’institution judiciaire.

Solange Ghonda contre Bracongo sarl sera-t-il un combat entre un pot de terre contre un pot de fer ? Ou celui de David sur Goliath ?

Clément Vidibio/MMC


(CV/DN/Yes)