Plus de 2.000 personnes sont mortes lors des nau­frages survenus sur le fleuve Congo, les rivières et les lacs en République démocratique du Congo au cours de l’année 2009, a indiqué mardi un res­ponsable du service de la sécurité fluviale et maritime au ministère des Transports et communication de la RDC.

Le dernier naufrage en date re­monte au mois de novembre dernier dans la province du Bandundu où plusieurs centai­nes de personnes ont péri, d’autres ont été portés dispa­rus lors du naufrage d’un bateau de la Société SODEFOR sur le lac Maï-Ndombe, dans le territoire de Kutu, dans la province du Bandundu, au nord-ouest de Kinshasa.

Selon un responsable de la Régie des Voies Fluviales (RVF), le nombre exact de passagers qui se trouvaient à bord de ce bateau n’est pas connu avec exactitude. « Le bateau transportait beaucoup de passagers clandestins. Beaucoup de rescapés ont eu la vie sauve en s’accrochant aux fûts, à des bidons d’essence et aux parois du bateau », a conclu le responsable de la Régie des Voies Fluviales.

Au mois d’octobre dernier, une baleinière surchargée de marchandises et de passa­gers a fait naufrage dans le territoire de Masimanimba, dans la province du Bandundu, faisant plus de soixante-dix morts et disparus et une quarantaine de res­capés.

Au mois de septembre, une vingtaine de personnes ont péri et une vingtaine d’autres disparues après le naufrage d’une embarcation sur le fleuve Congo, près de Kongolo, dans l’Est de la RDC. Quelques semaines avant, le naufrage d’un ferry dans la ri­vière Kasaï avait fait plus d’une cinquantaine de victimes.

Les parents pauvres

Ces quelques exemples sont illustratifs et montrent que le secteur de transport fluvial en République démocratique du Congo aura été le plus meurtrier au cours de l’année 2009.

Selon M. Mayele Nzoloko, directeur technique de la Régie des Voies Fluvia­les (RVF), les principales cau­ses de naufrages enregistrés en Rdc sont la surcharge, la vétusté des matériels flottants : (bateaux et ferries), qui pour la plupart datent de la période coloniale, le manque de matériels de balisage sur les cours d’eau en RDC, l’inexpé­rience et le manque de formation du personnel navigant.

« A cela il faut ajouter l’irresponsa­bilité des autorités politiques congolais qui ont laissé le secteur de la navigation fluviale entre les mains des armateurs peu soucieux de la sécurité de passagers », a expliqué le directeur technique de la RVF. Il y a quelque jours, le ministre congolais des Transports et Communication, Mathieu Mpita, a échappé a une motion de défiance à l’Assemblée na­tionale congolaise ; les dépu­tés l’ont accusé d’avoir favo­risé l’achat d’un vieux bateau de la Régie des voies maritimes. Le ministre des Transports est impliqué dans la corruption qui a entouré l’achat de ce vieux bateau qui aura coûté la bagatelle de 35 millions de dollars américains. Malheureusement, aujourd’hui, ce bateau est in­capable de naviguer et de remplir ses tâches », a expliqué un député de l’opposition.

Ar­gument réfuté avec véhé­mence par le numéro Un de la RVM, le Prof Mbuinga Bila, qui a invité les députés à Boma pour voir de visu le bateau en question et les services appréciables qu’il rend à la popula­tion et à la République. De l’avis de plusieurs observateurs, la RDC doit organiser les Etats Généraux du Transport Fluvial pour mettre de l’ordre dans ce secteur pourtant im­portant de l’économie natio­nale. Un secteur qui, malheureusement fait figure de parent pauvre de l’économie congolaise.

Luc-Roger Mbala Bemba/L’Observateur


(TN/Yes)