Le Conseil de sécurité de l’Onu a tranché sur la question controversée de prolongation ou non du mandat de la Monuc en RDC en décidant d’une reconduction dudit mandat pour cinq mois tout en envisageant de redéfinir le rôle de cette mission onusienne
Le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies a adopté la résolution qui prolonge le mandat de la Monuc de cinq mois en République démocratique du Congo. Ce mandat a été prolongé de cinq mois et non d’un an comme le réclamait le gouvernement Congolais. En revanche, Kinshasa n’a pas obtenu totalement gain de cause sur la question des conditions posées par la Monuc pour soutenir l’armée congolaise. Ce soutien a suscité ces derniers mois de très virulentes critiques notamment des ONG de défense des droits de l’homme qui accusent la Monuc d’aider des unités qui commettent des violations des droits humains.
La résolution dans sa version initiale indiquait que la Monuc retirerait immédiatement son soutien aux brigades qui se livreraient à des exactions contre les civils. La Monuc exigerait par ailleurs que l’armée prenne des sanctions à l’encontre des responsables de ces violations. Voilà pourquoi la résolution indique déjà que le soutien de la Monuc à l’armée congolaise est conditionnée par le respect des droits de l’homme par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
« La formulation comminatoire et la prise de décision unilatérale ont fait bondir les autorités congolaises. Après discussions, l’ambassadeur de la Rdc à New York a obtenu que la formule soit rectifiée. Une victoire sur la forme, car dans sa dernière version, celle qui a été adoptée hier mercredi 23 décembre 2009, le Conseil réitère que le soutien de la Monuc est conditionné au respect par l’armée congolaise des droits de l’homme, souligne notre source. Toutefois, de New York, nous apprenons que concernant les éventuelles décisions de ne plus assister les unités congolaises mises en cause pour violence contre les civils, la Monuc devra discuter avec l’Etat-major des FARDC des modalités de retrait.
Notre source indique également que M. Ileka Atoki, l’ambassadeur congolais à New York, devait intervenir à nouveau devant le Conseil de sécurité, hier mercredi 23 décembre, sur d’autres paragraphes de la résolution, notamment celui qui demande au gouvernement d’adopter rapidement dans les six mois les lois sur la réforme de l’armée et de la police. Dans cette résolution, qui prolonge le mandat de la Monuc jusqu’au mois de juin prochain, aucune précision n’a été donnée sur le départ de la mission de l’ONU du Congo, ni la date butoir ni le calendrier.
Redéfinir le rôle de la Monuc
Pour Raymond Ramazani Baya, ancien ministre des Affaires étrangères de la Rdc interrogé par la Rtg@/Radio, le gouvernement congolais doit redéfinir le rôle de la Monuc, dans le cadre par exemple de la protection des populations civiles. Il s’agit d’une proposition tout a fait louable, mais qui ne cadre pas avec la décision des autorités congolaises. Elle qui a demandé à la Monuc de lui présenter un calendrier précis sur son retrait. La volonté de la Rdc étant affirmée, il est de l’intérêt de la Monuc de présenter un calendrier, pour éviter une perte de confiance. L’on estime que si la Rdc a pris cette lourde décision, ce qu’elle a réfléchi sur les potentielles conséquences.
Comme la résolution est restée muette à ce sujet, est-ce un camouflet pour les autorités congolaises ? La question n’a-t-elle pas été bien présentée ? Voilà autant de questions que les observateurs avertis se posent. Toutefois, nous reconnaissons que la Rdc a pesé le pour et le contre de ses relations et nous pensons qu’elle se sent capable d’assumer sa sécurité au moment où la Monuc se retirera.
Mais des craintes demeurent, surtout lorsqu’on jette un coup d’œil sur le message du clergé de Bukavu, qui du reste, se retrouve dans une insécurité sans pareille, et qui n’a que ses yeux pour pleurer. « En ville comme en campagne, les gens passent des nuits sans espoir du lendemain, surtout les prêtres qui se posent la question de savoir à qui le prochain tour? Un traumatisme qui coupe le goût de la vie et crée des maladies qui tuent dans la durée…
« A qui faut-il finalement s’adresser quand les rues et les villages sont pris d’assaut par les gens en armes non autrement identifiés ? Les partisans de la justice populaire pêchent dans les eaux troubles favorisées par l’absence de ceux qui doivent dire le droit et ne font rien. Fatalité ou hypocrisie partagées par ceux qui veulent fatiguer ou mieux diviser et terroriser? », s’interroge le message.
Jean-Marie Nkambua/L’Avenir
(DN/TH/GW/Yes)