Annoncé pour le mois de juin 2009, le remaniement ou le changement, c’est selon, de l’équipe gouvernementale se fait encore attendre. Mais à analyser les dernières déclarations politiques, le bouleversement tant promis pourrait intervenir dans les prochains jours. Dans les partis politiques, toutes tendances confondues, tant du côté de la majorité que de l’Opposition, c’est déjà la veillée d’armes.

A peine rentré du Kivu, le président de la République s’est retranché dans sa ferme, à Kingakati, dans la commune de Maluku. Un retrait qui suscite de nombreuses interrogations tant il a précédé ces derniers temps l’annonce de grandes décisions au sein des institutions nationales.

On citerait en passant le remplacement du bureau de l’Assemblée nationale présidée alors par Vital Kamerhe. La « ferme présidentielle » a été le lieu où le couperet est tombé : la grande décision y a été prise et de nouvelles orientations ont été données à la majorité présidentielle.
Les observateurs intéressés de la politique congolaise citent également les changements intervenus dans la Magistrature. C’est après mûres réflexions que, dans sa « ferme », le chef de l’Etat a procédé à de grands changements qui soutiennent la réforme dans le secteur de la justice.

Retranché toujours dans ce même lieu, après l’annonce de la démission de l’honorable Augustin Katumba Mwanke, ancien secrétaire exécutif de l’AMP, l’un des hommes du pré-carré du chef de l’Etat et qui serait appelé à d’autres responsabilités d’Etat, voilà qui confirme l’imminence d’un changement ou d’un remaniement de l’équipe gouvernementale. A cela s’ajoute la mission confiée par le chef de l’Etat au gouvernement d’améliorer le climat des affaires au plus tard le 31 mars 2010. Ultimatum pour les uns, manifestation de confiance pour les autres, il n’y a pas mieux que ces appréciations sélectives pour parler du changement ou du remaniement du gouvernement.

Veillée d'armes

Mais il a fallu que le secrétaire exécutif adjoint de l’AMP entre dans la danse pour que la rumeur atteigne son paroxysme. On n’exclut plus l’éventualité d’un bouleversement. Et comme il fallait s’y attende, les choses bougent au niveau des partis politiques et dans toutes les plates-formes politiques, sans oublier la Société civile.

L’on se rappellera qu’il y a de cela quelques semaines, un groupe de parlementaires membres de l’AMP, avait émis des observations sur la gestion du pays, allant jusqu’à initier une motion de méfiance contre le Premier ministre. Cette affaire avait suscité des réactions diverses au sein même de la majorité présidentielle avant qu’elle ne se tasse.

Toujours est-il qu’il nous revient que les rencontres se multiplient tant au sein de l’AMP que de l’Opposition pour mieux envisager les futurs bouleversements. Certains chefs de partis politiques ont même retrouvé de la voix pour éviter d’être pris au dépourvu par des collaborateurs plus zélés et plus rusés. C’est donc la veillée d’armes.

Des objectifs à atteindre

Ce qui confirme ces grandes manœuvres politiques demeure justement les prochains objectifs à atteindre. En effet, en concluant un nouveau programme économique avec le FMI, il est de ces objectifs que la RDC doit absolument atteindre. Dans le cas d’espèce, il s’agit du point d’achèvement pour bénéficier des facilités élargies du programme PPTE et s’attendre ainsi à l’effacement de la dette.

Faut-il poursuivre avec la même équipe qui a déjà donné ses signes de compétence et de faiblesse ou décider de la renforcer pour donner une nouvelle impulsion à l’action du gouvernement ? S’il faut s’en tenir au discours du chef de l’Etat sur l’état de la Nation, il faut à tout prix combattre l’immobilisme et faire preuve de beaucoup d’imagination, de talents, et surtout d’audace politique tant le plus difficile est devant nous.

Autre objectif à atteindre est la bonne préparation des prochaines échéances électorales. A 19 mois pratiquement des élections de 2011, les calculs politiques s’imposent. En effet, à en croire les premières informations concordantes, les élections locales, municipales et urbaines doivent avoir lieu en février 2011. Dans exactement treize mois. Or, l’importance de ces élections n’est plus à démontrer. Elles constituent le thermomètre des élections générales qui sont projetées six mois plus tard. C'est-à-dire, en septembre 2011. On ne peut plus empêcher les grandes formations politiques à s’adonner à de grandes manœuvres politiques.

En fait, c’est maintenant que l’on commence à se préparer pour la « grande année politique de 2011 ». De grands bouleversements annoncés depuis juin et s’ils intervenaient dans les prochains jours, cela n’étonnerait pas. Ils ne manqueraient pas aussi d’intervenir en même temps que le choix de ces « précieux collaborateurs » que le président de la République a tant besoin pour entreprendre le parcours crucial de son mandat. Le chef de l’Etat, pour des raisons de stratégies politiques, ne saurait trop fait perdurer le suspense. Car le compte à rebours a effectivement commencé pour la fin de la présente législature.

Le Potentiel


(DN/TH/GW/Yes)