Avec tout l’air d’un cadeau de Noël signant la fin de la belligérance de la rébellion du CNDP, l’acceptation de ce converti mouvement politique à figurer dans le prochain gouvernement dont la formation fait piaffer d’impatience une bonne partie de la classe politique est l’événement en passe de constituer la grande actualité en RDC
Faudrait-il considérer que les flottements enregistrés sur le plan sécuritaire dans le Kivu ne trouveraient des solutions qu’avec l’intégration du CNDP au gouvernement ? Avec les négociations en cours, l’ex mouvement rebelle, qui a endeuillé le pays, cherche à se hisser dans la gestion de la vie politique nationale. Pourtant, après les élections organisées en RDC, la voie démocratique seule est acceptée, pour accéder à l’exercice du pouvoir.
Le gouvernement central et l’ex-mouvement rebelle Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) sont engagés dans une négociation d’un calendrier de mise en oeuvre des accords de paix signés le 23 mars 2009 à Goma (Nord-Kivu). Ce calendrier est au centre d’une rencontre du comité national de suivi CNDP-gouvernement, en présence des représentants de la facilitation internationale.
Des problèmes persistent entre le gouvernement et l’exmouvement rebelle CNDP, en ce qui concerne notamment la Participation du CNDP dans la vie politique nationale. Selon le rapporteur général du comité, l’abbé Jean-Bosco Bahala cité hier mardi par radiookapi.net, ce calendrier reprend notamment la prise en charge des blessés de guerre du CNDP et l’intégration des éléments réfractaires des groupes armés qui restent encore dans la brousse, la normalisation des grades des militaires intégrés ainsi que l’intégration des cadres politiques.
Toutefois, l’abbé Jean Bosco Bahala n’a pas voulu révéler tout son contenu avant que le document ne soit soumis à l’approbation du chef de l’Etat. « Certaines chose qui étaient en litige devraient être réglées d’une façon réaliste. Le chef de l’Etat avait demandé de faire un calendrier avec jour j+10 avec tous les points qui restaient. Il restait par exemple le point de la participation du CNDP à la vie nationale. Et on a mis une date, nous avons fait un calendrier très réaliste. Par exemple d’ici le 15 janvier 2010, il n’y aura plus d’administration parallèle, il n’y aura plus de barrières, a-t-il indiqué.
Concernant le problème de budget, le prêtre catholique a indiqué qu’il faut des moyens pour faire certaines choses. Le PNUD et la Monuc ont accepté de disponibiliser les moyens pour un projet qui a été fait et le gouvernement a déjà donné sa quote-part. « Dès aujourd’hui, le mécanisme est mis en route pour que les blessés de guerre qui ont été même identifiés puissent avoir les soins requis », a conclu l’abbé Bahala.
Mettre fin aux « frustrations »
Début novembre 2009. Désiré Kamanzi, qui avait succédé au général déchu Laurent Nkunda à la tête du CNDP en janvier 2009, a évoqué « lenteur dans la mise en œuvre des accords de paix signés avec le gouvernement depuis plusieurs mois » pour justifier sa démission. « Frustré », il a expliqué à rediookapi.net les « raisons fondamentales » de sa décision ; Il a évoqué « la lenteur dans la mise en œuvre des accords que son mouvement a signé avec le gouvernement « depuis Janvier, bientôt 11 mois ». « Après avoir signé les accords, nous avons demandé qu’il y ait tenu régulière de comité national de suivi, mais en vain. On s’est réuni une fois seulement à Kinshasa, deux fois à Goma, à la demande de la facilitation internationale. Personnellement j’ai réalisé que ça devenait une grande frustration de ma part », s’est-il défendu.
En tout état de cause, le CNDP exige l’application intégrale des accords de paix de Goma, accusant le gouvernement de « négligence » dans la mise à disposition des moyens nécessaires pour leur mise en application. Ces accords prévoyaient notamment la fin des hostilités, la transformation des ex-groupes armées, dont le CNDP, en partis politiques et l’intégration de leurs cadres dans la vie politique nationale. Au cours de la première rencontre d’évaluation avec le gouvernement à Kinshasa au mois mai 2009, le CNDP avait déjà insisté sur la nécessité du respect par les autorités gouvernementales des engagements pris dans les accords dans leur intégralité.
« Le CNDP est composé des Congolais, ils ont, autant que les autres congolais, droit à participer à la vie politique nationale. Et le gouvernement avait pris cet engagement. On espère qu’il va s’acquitter de son devoir », avait expliqué alors le porte-parole de l’ex-rébellion. Jean Baptiste Rudasinkwa Gasominari.
Le gouvernement, par la bouche du ministre de la Coopération internationale et régionale, Raymond Tshibanda avait admis « la nécessite du respect par tous les signataires des accords de Goma de leur serment devant le peuple congolais ». A cette occasion, le CNDP avait obtenu l’engagement formel de la partie gouvernementale de libérer ses hommes faits prisonniers. Promesse qui avait été respectée et concrétisée au mois de septembre dernier avec la libération de 20 militaires bénéficiaires de la loi d’amnistie promulguée justement dans le cadre des accords de Goma, rappelle radiookapi.net.
Radiookapi.net/Le Potentiel
(DN/TH/GW/Yes)