Concrétisation de l’assistance promise par la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton lors de sa visite auprès des femmes victimes des violences sexuelles au Kivu : une aide de 7 millions USD vient d’être consenti dans ce cadre par les Etats-Unis d’Amérique
L’échelle et l’étendue de ce genre de violence ne sont pas un fait nouveau. Depuis dix ans, les groupes armés qui opèrent en République démocratique du Congo violent et mutilent les femmes dans le cadre d’une stratégie délibérée et coordonnée visant à détruire les communautés locales. Les violences faites à la femme ne sont ni circonscrites par les zones de guerres, ni limitées par les régions en proie au conflit. Les jeunes filles et les femmes sont ciblées en raison de leur sexe tout au long de leurs vies - de l’esclavage sexuel, aux soins de santé et à la nutrition inadéquate donnée aux jeunes filles, en passant par le mariage d’enfants et le travail forcé. Cette liste n’est pas exhaustive.
En République démocratique du Congo, des dizaines de milliers de femmes et de jeunes filles au Nord et au Sud Kivu ont été enlevées, violées, agressées sexuellement et même mutilées ou tuées. La violence en tant que menace permanente est une réalité quotidienne pour presque toutes les femmes et les jeunes filles qui vivent dans l’est du Congo. Les garanties de protection et les opportunités éducatives et économiques sont accessibles à très peu d’entre elles. La violence qui cible les femmes est non seulement un sous-produit de la guerre, mais aussi une stratégie militaire utilisée de manière systématique pour terroriser et humilier les femmes. Des soins vitaux, comprenant les médicaments pouvant prévenir les infections sexuellement transmissibles, le VIH et la grossesse sont hors de portée d’un grand nombre de femmes ayant survécu aux violences sexuelles.
Les agressions perpétrées contre les femmes ne peuvent êtres mis sur le compte de quelques auteurs anormaux. Ces diverses formes de violence découlent plutôt du statut inférieur enraciné et pérenne qui affecte les femmes et les jeunes filles à travers le monde et en RDC. Pour mettre fin à ces violences, en s’attaquant aux causes et aux symptômes de manière égale, il est non seulement urgent de traduire davantage les auteurs de ce genre de violence en justice, mais aussi de travailler sans relâche pour assurer l’égalité complète de la femme dans tous les domaines de la vie.
Depuis 1991, le monde, a consacré 16 jours, du 25 novembre au 10 décembre, à l’idée que la violence perpétrée contre les femmes du fait de leur sexe est une violation fondamentale des droits de l’homme. Ce genre de violence n’est pas « culturel »: elle est criminelle. Elle pose un problème à toutes les nations et il est urgent de trouver une réponse proportionnée à la gravité de ces crimes.
Dans le cadre des efforts que l’Ambassade consent pour souligner notre engagement à combattre la violence sexuelle faite aux femmes relativement aux l6 jours d’activisme, M. Émile Bongeli, Vice-premier ministre chargé de la reconstruction, Mme Marie-Ange Lukiana, Ministre chargée du genre, de la femme et des enfants, et moi-même avons lancé le projet « ESPOIR » le 10 décembre, afin de prêter assistance aux victimes des violences sexuelles dans les provinces du Nord et du Sud Kivu de la République démocratique du Congo.
Ce projet de $7 millions, financé par l’Agence Américaine pour le Développement International (USAID) et exécuté par International Rescue Committee, prévoit un appui aux cliniques, aux hôpitaux, aux centres communautaires pour femmes et enfants ainsi que des soins de santé pour les malades mentaux, à travers des partenariats avec des ONG congolaises, des installations de santé et des groupes communautaires dans le Nord et le Sud Kivu.
Ce projet s’inscrit dans l’engagement de la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton à aborder ce problème important. Les violences sexuelles fondées sur le genre ne concernent pas que les femmes. C’est un défi mondial envers les droits de 1’homme et la sécurité. Il faut trouver des solutions internationales à ce problème international.
Les Etats-Unies se sont engagés à travailler avec le gouvernement de la RDC, les institutions multilatérales et un large éventail de partenaires étrangers, comprenant des activistes, des défenseurs de cette cause, des victimes de violences sexuelles et des personnalités de la société civile; pour mettre fin à l’impunité de ceux qui commettent ces crimes et pour s’assurer que les lois qui reconnaissent l’égalité de la femme ainsi que son droit d’être protégée de toutes violences soit pleinement respecté.
Les femmes sont la clé du progrès et de la prospérité au 21ème siècle. Leur marginalisation et les mauvais traitements qu’on leur inflige sont un frein au progrès de l’humanité. Quand leurs droits leurs sont accordés et quand on les assure les mêmes opportunités que les hommes dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’emploi et de l’engagement politique, elles font avancer leur famille, leur communauté, et leur nation. Il est temps que l’éradication des violences sexuelles devienne notre priorité à tous.
L’Avenir
(DN/Tkm/GW/Yes)