Les habitants de la région de Niangara, dans le district du Haut-Uélé, dans la Province Orientale, ont commencé à fuir leurs foyers à la suite de la rumeur d’une imminente attaque de la LRA.
Noël approche, et les rebelles aussi, a indiqué, pour sa part la députée de Niangara, Jeanne Abakuba qui a précisé que les rebelles de la LRA ne seraient plus qu’à environ 30 kilomètres de Niangara, soit à quelque 720 kilomètres de Kisangani, chef-lieu de la Province Orientale.
Selon certains acteurs de la Société civile cités par IRIN, les rebelles de la LRA ont fait circuler des tracts annonçant qu’ils allaient « célébrer la Noël à Niangara et à Dungu », a dit à IRIN Ambroise Mbongi, responsable d’une ONG locale.
« Le chef traditionnel de Niangara a exhorté les habitants à résister et à se défendre en utilisant des flèches et des lances empoisonnées. La population panique et commence à fuir Niangara », a-t-il ajouté.
Toutes ces menaces rappellent les événements de la période de Noël 2008, au cours de laquelle les rebelles de la LRA avaient exécutés des centaines de civils dans la région et ses environs.
Les récentes menaces de la LRA ont transformé la cité de Niangara en une ville fantôme et plusieurs de ses habitants fuient dans la brousse tandis que d’autres attendent le long des axes routiers Isiro-Niangara et Isiro-Buta, a indiqué M. Mbongi. Et d’ajouter : « Pour empêcher les rebelles de la LRA de traverser la rivière Bamokandi, qui sépare la cité de Niangara de la région de Rungu, des pêcheurs ont déplacé leurs embarcations ».
Au cours du week-end dernier, un présumé « espion » de la LRA a été arrêté à la périphérie de Niangara et serait, selon une source policière, transféré à Kinshasa.
En mars 2009, les rebelles ont brûlé des maisons à Manziba, à 15 kilomètres de Niangara, et pris le contrôle de fermes, obligeant les habitants des villages des alentours à se réfugier à Niangara, a indiqué la député Mme Abakuba.
Le 13 décembre 2009, environ 26 rebelles ont pillé quatre centres sanitaires dans les régions de Makanza, Ngilibi et de Tapili, en territoire de Niangara, a renchéri un membre de la Société civile locale. Le village de Makombo a également été attaqué. Deux jours plus tard, les rebelles ont tué six personnes, parmi lesquels un pêcheur qui les avait aidés à traverser la rivière Uélé, un soldat et le chef du village de Tapili.
Les Fardc restent vigilantes
Toutes les dispositions ont été prises pour contrer la LRA, selon les autorités militaires des FARDC. Selon l’armée congolaise, qui traque les rebelles de la LRA depuis fin 2008, des mesures de sécurité sont en place pour s’assurer que les massacres passés ne se répètent pas et les soldats des FARDC restent vigilantes pour parer au moindre dérapage sécuritaire.
« C’est absurde de dire que la LRA célébrera Noël à Niangara et à Dungu, mais nous ne pouvons pas les empêcher de rêver. Nous avons pris les mesures nécessaires », a dit le commandant de la 9ième région militaire des FARDC dans la Province Orientale, le général Jean-Claude Kifwa.
A rappeler qu’entre le 24 décembre 2008 et le 17 janvier 2009, les rebelles de la LRA avaient tué au moins 865 personnes et enlevé environ 160 enfants à Niangara, Dungu, Faradje et Doruma, des localités du district Haut-Uélé, selon Human Rights Watch (HRW). Au moins 400 personnes ont été tuées dans une série d’attaques réalisées les 25 et 26 décembre 2008, notamment quelque 100 spectateurs d’un concert de musique à Faradje.
De son coté, le gouverneur de la Province Orientale appelle ses administrés au calme et les assure du soutien du Chef de l’Etat lorsqu’il a dit qu’il veille à l’intégrité territoriale comme la prunelle de son œil. « Les rebelles ougandais de la LRA n’auront plus leur place en Province Orientale », a déclaré l’honorable Médard Autsai Asenga, abordé par la rédaction du site web www.digitalcongo.net.
Célestin Lutete/MMC/Le Potentiel
(CL/Milor/Yes)