Le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire Léonard Mashako vient de concrétiser son nettoyage annoncé dans son secteur en publiant la liste des établissements que le contrôle qu’il y a diligenté a déclaré non viables et dès lors fermés d’activités
47 établissements publics et privés jugés non viables ont été fermés conformément à la décision du conseil des ministres du 4 décembre 2009, a déclaré le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, le professeur Leonard Mashako Mamba, le samedi 19 décembre 2009 à l’hôtel Sultani, dans la commune de la Gombe. Il avait à ses côtés son collègue de la Justice, Luzolo Bambi, le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta, l’inspecteur provincial de la police, le général Oleko.
Le ministre de l’ESU a indiqué qu’il y avait trois catégories d’établissements après l’audit de viabilité que son ministère venait d’effectuer dans la ville de Kinshasa. Il s’agit des établissements non viables et qui sont fermés, des établissements intermédiaires à encadrer et ceux qui sont dans une autre situation.
Les établissements fermés n’ont pas de bâtiments propres, pas de matériels didactiques, pas d’enseignants légalement formés, pas d’étudiants légalement admis car il y a dans certains de ces établissements des étudiants sans diplôme d’Etat. S’agissant des bâtiments, Mashako Mamba a déclaré qu’il ne comprenait pas comment une université digne de ce nom pouvait être locataire d’une école maternelle ou primaire, ou fonctionner dans une quincaillerie comme c’est le cas à Matete. Ne répondant pas aux normes internationales admises, ces universités ont été fermées.
Dans le secteur public, trois établissements ont été fermés. Il s’agit du Centre universitaire de Maluku l’extension de l’Université de Kinshasa, l’Institut supérieur technique et professionnel (ISTP/CFAV), l’Ecole nationale du cadastre et des titres immobiliers (ENAC). Dans le secteur privé, 44 établissements ont été fermés. Dans la foulée, on peut citer l’Université américaine de création des richesses (UACR) Université panafricaine de Kinshasa (UPKIN), l’Ecole d’informatique, d’électronique et d’expertise comptable (EIECO)...
Des établissements intermédiaires sont ceux qui remplissent partiellement les conditions et ont un moratoire d’une année pour se mettre en règle. Pour le ministre, il y a des choses qu’il faut reformer. Quatre établissements publics et cinq privés sont concernés par cette mesure. Dans le secteur public, il s’agit de l’Université pédagogique nationale (UPN), l’Institut supérieur de commerce de Kinshasa (ISC), l’Institut national des arts (INA) et l’Institut supérieur de statistique (ISS). Pour les privés, il s’agit de l’Institut facultaire Song Hwa (IFAS), l’Institut supérieur des sciences de santé kimbanguiste (ISSSK,), l’Institut supérieur des techniques de génie sanitaire (ISTGS), l’Université Cardinal Malula (UCM), l’Université de Cepromad (UNIC).
Dans la rubrique autres situations, le ministre a mentionné par exemple des établissements qui ont changé leurs objectifs institutionnels dans ce sens qu’ils n’organisent plus les enseignements classiques. Sept établissements sont concernés par cette mesure tels que l’Ecole nationale des finances (ENF,) ou le Centre de formation des journalistes (CFOJI). Il leur est interdit désormais d’utiliser le label d’Enseignement supérieur et universitaire et d’octroyer des titres académiques.
Dans ce lot, il y a l’Institut de management et de business, qui a délocalisé son institution à Brazzaville. Le ministre a suspendu les activités de cet institut en Rd Congo, mais elles peuvent être reprises avec le renouvellement. Il y a aussi des établissements qui ont interrompu leurs activités, dont les auditoires ont été délocalisés, ceux qui n’ont pas été visité suite à l’indisponibilité des autorités académiques, enfin ceux qui ne sont pas encore opérationnels.
Des mesures conservatoires
Le ministre a pris quelques mesures conservatoires en rapport avec la fermeture de certains établissements. La première concerne l’extension de l’UNIKIN à Maluku. Les professeurs, les administratifs et les étudiants ont été ramenés à l’UNIKIN. Pour les 3.600 autres étudiants des établissements fermés, des instructions ont été données, a dit le ministre, pour qu’ils aillent dans les établissements qui ne sont pas fermés et dans les filières qui sont les leur pour leur inscription après un test.
Le ministre a déploré le fait qu’il y a des gens qui organisent des filières médicales sans laboratoires et sans enseignants. Et il ne comprend pas que certains jeunes préfèrent aller étudier et être collés sous les arbres au lieu de s’inscrire dans un établissement viable. Dans la foulée, il s’est dit étonné de voir le Centre interdisciplinaire pour le développement de l’éducation (CIDEP) continuer à recruter au lieu de fermer. Pour le ministre de l’ESU, l’université ne peut pas être synonyme de voyoucratie. Le ministre de l’ESU a accordé la parole à son collègue de la Justice et au gouverneur de la ville de Kinshasa. Pour Luzolo Bambi, personne n’est au-dessus de la loi.
« Il y a un temps pour négocier, un temps pour appliquer la loi, ce sera la manifestation de la tolérance zéro au niveau de l’enseignement supérieur et universitaire. Si dans un établissement supérieur, on accepte de tricher, c’est tout l’Etat qu’on veut tuer, c’est la disparition de la société », a-t-il dit. « Nous avons compris, la démarche du ministre, a déclaré de son côté le gouverneur André Kimbuta. La décision du gouvernement est irrévocable. C’est une bonne mesure pour nous. De telles mesures feront que nos diplômes soient considérés à l’extérieur du pays ».
Jean-René Bompolonga/Le Phare
(DN/TH/GW/Yes)