Dans le cadre de son cycle café littéraire, le Centre d’information du public de la Banque mondiale à Kinshasa a reçu, le vendredi 11 décembre, le professeur historien Isidore Ndaywel è Nziem.

Il est venu parler de sa dernière publication intitulée «Nouvelle histoire du Congo. Des origines à la République démocratique ».

Cet ouvrage succède à deux ouvrages du même auteur sur le même sujet de l’histoire du pays, notamment « Histoire du Zaïre » et « Histoire du Congo » publié dix ans avant.


Prenant la parole après Louise Engulu Mekonda de la Banque mondiale/section RDC, l’historien a tout de suite émis le souhait de voir les intellectuels lire cet ouvrage qui a inspiré la grande exposition du Cinquantenaire de la République démocratique du Congo à Bruxelles.

Pour rédiger cet ouvrage récent, Isidore Ndaywel est parti d’un postulat en rapport avec la conscience nationale : comment avoir conscience de ce qu’on ne connaît pas. Or la conscience nationale est la fille aînée de la conscience historique.

En fait, a soutenu le professeur et historien, le Congolais ne connaît pas son pays, jusqu’au niveau de sa géographie.

C’est donc à partir de ce postulat que Ndaywel a pendant la période de la Conférence nationale souveraine publié le très volumineux « Histoire du Zaïre », avant d’écrire l’ « Histoire du Congo ».

« J’ai écrit cette nouvelle histoire du Congo par souci pédagogique, en réduisant sensiblement le nombre des pages et en recourant à des textes originaux », a-t-il argué.

Observations Importantes

Isidore a fait quelques observations notables, notamment, que le Congo est une jeune nation, mais un vieux peuple situé en Afrique centrale depuis des millénaires.

Il fait savoir que les datations les plus anciennes sur l’origine de l’homme sont situées en Afrique centrale. « Le peuplement du monde s’est fait à partir de l’Afrique centrale, soit par le Nil qui prend ses sources au centre de l’Afrique, soit par en traversant le Sahara avant la désertification ».

Selon le professeur, le Congolais a l’esprit du vieux peuple de nature généreuse et qui réagit difficilement face à une question cruciale, prenant beaucoup de temps.

Le pays vit sous la bannière de l’internationalisme depuis la proclamation le 1er juillet 1885 de Vivi comme capitale de l’Etat indépendant du Congo jusqu’aujourd’hui.

C’était la deuxième observation du professeur sur la RDC l’étayant avec des faits historiques marquants.

« Depuis le contexte du partage de l’Afrique, de l’époque de la Guerre froide et celle de la mondialisation, le Congo est sous l’internationalisation.

La colonisation belge a été une expérience unique, brouillonne et définitive, avec la Belgique sans expérience à côté d’une colonie importante ; d’où, la colonisation dans la peur.

L’histoire du Congo est un chapitre de l’histoire mondiale contemporaine », a soutenu le professeur historien au cours de ce café littéraire auquel ont assisté des hommes de culture, des parlementaires et autres personnalités. L’auteur

Président de la Société des historiens congolais, Isidore Ndaywel è Nziem est professeur ordinaire au département des sciences historiques de l’Université de Kinshasa, membre correspondant de l’Académie royale des sciences d’Outre-Mer à Bruxelles. Il est également chercheur au Centre des mondes africains de l’Université Paris I – Le Sorbonne à Paris.

 (A suivre…).

Martin Enyimo/Le Potentiel


(Tkm/BT/PKF)