Il créera la Générale congolaise des mines (Gecomin) qui deviendra, en octobre 1971, la Générale des carrières et des mines (Gecamines) à la faveur de la politique du recours à l’authenticité. Ci-dessous, l’historique de cette société à capitaux belges et la motivation de la «congolisation» de l’Union minière du Haut-Katanga tels qu’écrits par André Wameso et repris dans Wikipédia, l’encyclopédie libre.

L’Union minière du Haut-Katanga (UMHK) fut un groupe industriel minier belge établi dans la province du Katanga, en République démocratique du Congo (anciennement, Etat indépendant du Congo, et à partir de 1908, Congo belge, puis Zaïre de 1972 à 1997).

Elle fut fondée le 28 octobre 1906 par la fusion entre une compagnie créée par le roi des Belges Léopold II et Tanganyika Concessions Ltd (un groupe britannique créé par Cecil Rhodes, qui prospecta les minerais au Katanga à partir de 1899, et obtint des concessions en 1900), afin d’exploiter les richesses minérales de la région. Elle fut propriété de la Société générale de Belgique, la plus grande société commerciale de Belgique (qui contrôlait environ 70 % de l’économie du Congo).

Lubumbashi fut le centre des activités de l’UMHK pour l’exploitation du cuivre. Au cours de ses années d’activité, l’UMHK contribua grandement au développement du Katanga, qui prospéra davantage que les régions environnantes.

La prospérité de l’exploitation des ressources minérales du Katanga amena la construction du chemin de fer de Benguela pour atteindre la côte Atlantique (par l’Angola), qui fut achevée en 1911. L’exploitation du minerai commença réellement avec cet événement.

Par exemple, en 1911, la mine de Ruashi, possession de l’UMHK, entra en exploitation, fournissant dès la première année 997 tonnes de cuivre. En 1919, la production annuelle avait atteint 22.000 tonnes, issues de sept fourneaux. En 1935, l’UMHK fut l’une des sociétés signataires de l’accord mondial sur le cuivre. Dans les années 50, le Congo était le quatrième producteur mondial de cuivre.

L’exploitation des autres minerais

Outre le cuivre, le Katanga est également riche en d’autres minéraux. La compagnie contrôlait également une part importante du marché du cobalt (l’UMHK détenait 75% de la production mondiale dans les années 50), de l’étain, de l’uranium et du zinc.

Ses mines étant parmi les plus riches du monde. Henri Buttgenbach, l’administrateur de l’UMHK à partir de 1911, décrivit la cornétite, la fourmariérite, la cuprosklodowskite et la thoreaulite. La découverte de dépôts de radium au Katanga à cette époque lança cette industrie en Belgique.

Johannes Franciscus Vaes, qui étudia les minéraux extraits par l’UMHK, fut le découvreur de la billiétite, de la masuyite, la renierite, la richetite, la schuilingite, la sengierite, la tudtite et de la vandendriesscheite. Gaston Briart, qui donna son nom à la Briartite, était un consultant de l’ UMHK.

En 1922, l’UMHK construisit sa première unité de raffinage d’uranium, et possédait en 1926 un monopole de fait sur le marché mondial de l’uranium (de par le fait que l’UMHK disposait de la plupart des gisements connus à l’époque), monopole remis en cause par l’invasion allemande 1940. Cet uranium fut pour l’essentiel raffiné à Olen en Belgique.

En 1939, Frédéric Joliot-Curie, dirigeant en France le récemment créé Centre national de la recherche scientifique (CNRS), négocia avec l’UMHK la fourniture de cinq tonnes d’oxyde d’uranium, une assistance technique contre la construction d’un réacteur et un million de francs en échange de la communication des découvertes réalisées par le CNRS. Ce, pour en partager le bénéfice. Cet uranium fut transféré à Londres avant l’arrivée des troupes allemandes à Paris.

Les Américains reçurent également de l’uranium de la part de l’UMHK. C’est au cours d’une rencontre demeurée célèbre entre Edgar Sengier, dirigeant de l’UMHK, et le général américain Kenneth David Nichols, travaillant sur le projet Manhattan, que les Américains obtinrent 1.500 tonnes de minerai d’uranium nécessaires au projet, essentiellement originaires de la mine de Shinkolobwe, proche de Likasi.

Une bonne part de cet uranium se trouvait déjà en Amérique, emmenés par Sengier par prévoyance. Environ 1.200 tonnes d’uranium stockées à Olen furent pris par les Allemands en 1940, et seulement récupérés par les alliés à la fin de la guerre.

Etendue des activités

L’UHMK construisit également des écoles, des dispensaires, des hôpitaux, et des infrastructure sportives. Elle disposait d’une ligne de crédit quasi illimitée de la part de la Société générale de Belgique (intégrée depuis à la banque Fortis). En 1959, les profits belges de l’UMHK dépassaient 3,5 milliards de francs belges, et les taxes levées sur les exportations payées au gouvernement congolais constituaient plus de 50 % des revenus du gouvernement. Voire 66 %, certaines années.

En 1960, les ventes de l’UMHK se montaient à 200 millions de dollars américains, en produisant 60 % de l’uranium occidental, 73 % du cobalt, 10 % du cuivre. L’UHMK s’était investie dans 24 autres activités, dont la production hydroélectrique, la chimie et le chemin de fer.

Dissolution de l’Umhk

La fin du Congo Belge entraîna la disparition de la compagnie. Les premières tensions apparurent en 1960 avec l’indépendance du pays. En 1961, l’UMHK se rangea du côté des sécessionnistes lors de la révolte du Katanga et de l’l’assassinat de Patrice Lumumba, le premier ministre élu après la colonisation.

Lors de la sécession, l’UMHK transféra 1,25 milliard de francs belges (35 millions de dollars) sur les comptes bancaires de Moïse Tshombe, en fait une avance sur les prélèvements qui auraient dû être versés au gouvernement central.

Le 31 décembre 1966, le gouvernement congolais de Mobutu Sese Seko nationalisa l’UMHK, activités et propriétés, la rebaptisant Gécomin (La Générale congolaise des mines). Les erreurs de management, le manque de rigueur dans la gestion et l’entretien du patrimoine et les confusions du patrimoine avec celui de l’entourage présidentiel amenèrent rapidement au naufrage de la compagnie. L’industriel George Forrest a repris un certain nombre des activités de la Gécamines, dont l’exploitation du célèbre « terril de Lubumbashi ».

Il est intéressant de savoir comment cet actionnariat, avec ses alliances sous jacentes, a évolué depuis cette fusion « initiale » belgo-britannique. Côté britannique, on a Ernst Oppenheimer qui va entrer dans le capital de la De Beers après la mort de Cecil Rhodes et en prendre le contrôle, il va surtout fonder avec Jean Pierpont Morgan, celui-là même qui sauva Wall Street !) l’Anglo american maison mère de Anglo Gold Ashanti…

Du côté belge, la Compagnie du Katanga a transféré ses actions dans la Société générale de Belgique (dont les actionnaires ont contrôlé près de 70% de l’économie du Congo Belge : MIBA, Union Minière du Haut Katanga, Belgolaise, BCDC, Compagnie Maritime, Cotonnière…), elle-même a fini par être contrôlée par la française SUEZ dont AXA et BNP Paribas sont des actionnaires de taille…

On peut penser que l’indépendance du Congo en 1960 a permis aux Congolais de redevenir propriétaires de ces richesses. Et que la mort de Lumumba, les sécessions kasaienne et katangaise sont-là pour nous prouver le contraire. Et le Maréchal Mobutu n’a-t-il pas nationalisé l’Union Minière du Haut Katanga ? Les témoins de cette «nationalisation» sont encore vivants, j’ai eu le privilège de discuter avec certains d’entre eux, ils vous expliqueront pourquoi «notre cuivre» devait être raffiné à Hoboken et pourquoi nous n’en fixions pas le prix...

La vérité, c’est qu’après la chute du mur de Berlin, les «véritables propriétaires» sont revenus reprendre officiellement leurs biens. Ils ont d’abord tenté de le faire pacifiquement via la Conférence nationale souveraine, avec le fameux projet des privatisations (principalement la Gécamines).

Et face à l’échec de ce projet, c’est par la force qu’ils y sont parvenus. Quand on sait que dans le capital de tous ces grands groupes ayant donc des intérêts directs et indirects au Congo, il y a aussi des fonds de pension, des fonds d’investissement du monde entier, on peut donc comprendre que les richesses de notre pays appartiennent en réalité à tous les capitalistes du monde.

Le Potentiel


(CL/PKF)