La parfaite coordination des actions entre la Banque centrale du Congo et le gouvernement tend à ramener l’équilibre sur le marché des changes. Depuis quelque temps, le Franc congolais récupère de plus en plus du terrain par rapport au dollar américain.

Vendredi dernier à la clôture des marchés, le Franc congolais affichait 899 Fc contre le dollar américain. Bonne nouvelle donc pour les opérateurs économiques qui attendaient qu’une accalmie s’installe sur le marché des changes pour plus de visibilité dans le calcul économique. C’est désormais chose faite.

A la Banque centrale du Congo, l’on se félicite de la reprise. Ce n’est pas une occasion, cependant, de baisser les bras dans l’objectif d’une stabilité durable du niveau général des prix. Jeudi 17 décembre, la Banque centrale du Congo a renoué avec les opérations de vente de devises aux banques par voie d’adjudication, après leur suspension en octobre.

La Banque centrale du Congo avait proposé 15 millions Usd. Mais les Banques commerciales n’ont pu souscrire que pour 12,250 millions Usd au taux de 898 Fc/Usd.

A la direction des marchés de la Banque centrale, le directeur Déogratias Mutombo Muana Nyembo explique l’opération par le souci de répondre à la demande en devises des banques. Rien n’est donc laissé de côté pour le retour en cette fin d’année de la stabilité sur le marché des changes.

« Depuis fin novembre, il y a une accalmie sur le marché des changes qui s’explique par un réajustement de la politique budgétaire (dépenses sur base caisse) et un resserrement de la politique monétaire », a-t-il indiqué. Il est confiant pour le reste de l’année. C’est notamment lorsqu’il rappelle que : « Ce qui importe pour nous, c’est la stabilisation de la monnaie ».

Convergence

Le décor est bien planté pour un retour à la stabilité sur le marché des changes, note le directeur Déogratias Mutombo. Dans l’objectif d’un maintien de la stabilité du cadre macro-économique, l’un des déclencheurs du point d’achèvement, la Banque centrale du Congo et le gouvernement ont décidé de regarder dans la même direction.

Dans les faits, la coordination s’affirme de plus en plus. Et, la conclusion depuis le 11 décembre 2009 d’un nouvel accord formel entre le FMI et la RDC réconforte de ces deux acteurs à travailler pour parvenir à cette fin.

Mais, Déogratias Mutombo s’est montré prudent. Car une distraction peut vite virer au cauchemar.

A ce propos, dit-il, « il faut que la stabilité se maintienne dans la durée pour observer un renversement de la tendance en terme d’inflation ». A fin 2009, le taux d’inflation prévisionnel devait être inférieur à 52%. Le pari n’est pas impossible, a fait savoir le directeur Mutombo.

Le plus important, note-t-il, est de garder le cap de part et d’autre, notamment à la Banque centrale du Congo et au gouvernement. Une assurance, néanmoins, révèle-t-il. « Il y a une synergie entre la Banque centrale et le Trésor public. Les choses marchent correctement.

Le meilleur moyen d’obtenir de bons résultats est de garantir la coordination entre les politiques monétaire et budgétaires. Et, c’est le cas aujourd’hui. Ce qui explique le retour progressif de la stabilité sur le marché des changes ».

Il faut dire que le gouvernement dispose des marges de manœuvre assez étroites pour mettre en œuvre le programme conclu depuis le 11 décembre avec le FMI. Les réserves internationales de la Banque centrale du Congo se chiffrent aujourd’hui à 870 millions Usd.

A fin décembre 2009, elles devaient se fixer à 1,039 milliard Usd compte tenu des recettes courantes attendues et des décaissements des bailleurs promis dans le cadre du programme conclu avec le FMI.

Le Potentiel


(CL/PKF)