Turbulences dans le secteur minier : outre l’agitation autour de la révisitation des contrats miniers, un bouillonnement social s’élève dans les entreprises du secteur, en l’occurrence au Cadastre minier à Kinshasa et à la Gécamines à Kolwezi au Katanga
Les agents du Cami (Cadastre mimer) ont décrété un mouvement de grève vendredi. Ce mouvement durera jusqu’à ce que le gouvernement sera disposé à répondre à leurs revendications. Les agents réclament cinq mois d’arriérés de dotation qui s’élèvent à 1 milliard 175 millions de Francs congolais. Tous les bureaux du Cami à Kinshasa sont restés fermés mercredi. Seuls des rameaux et des banderoles ont décoré la clôture de l’institution.
Dans un entretien avec la presse, le président de la délégation syndicale du Cami, Ntukungulungu, a souligné qu’outre les 5 mois d’arriérés, il faut ajouter la prime de rétrocession. « C’est de janvier 2006 à avril 2009 que la DGRAD (Direction Générale des recettes administratives, domaniales et de participation) n’a plus rétrocédé la prime au Cadastre minier », a précisé la même source.
Exprimant l’indignation du personnel du Cadastre minier, le président de la délégation syndicale a conclu par une interrogation : « Nous nous demandons où va la prime alors que la DGRAD a attesté avoir recouvré cette année 20 millions de dollars américains pour le compte des droits superficiaires ».
Société civile et direction Gécamines/Kolwezi à couteaux tirés
Il s’agit d’une dénonciation des faits liée au départ de Paul Fortin, avocat canadien qui a démissionné de la tête de cette entreprise minière publique congolaise, en septembre dernier. Dans une lettre adressée au procureur général de la République et à plusieurs autorités du pays, la coordination de la société civile de Kolwezi accuse les mandataires de la Générale des carrières et des mines (Gecamines) de mauvaise gestion. Ces derniers rejettent ces allégations et ont saisi, mercredi, leurs avocats pour d’éventuelles actions judiciaires.
La Gécamines a-t-elle produit du cuivre électrolytique à kolwezi ? C’est l’une des questions qu’aurait posées Paul Fortin au cours d’une visite en août dernier à l’Usine de zinc de Kolwezi (UZK). Pour la société civile, une réponse affirmative des agents aurait bouleversé le Canadien qui ignorait tout de cette production. L’usine de production de zinc aurait donc subi une modification à son insu pour produire des cathodes de cuivre. D’après la société civile, certains responsables de la Gécamines auraient discrètement produit entre septembre 2008 et septembre 2009, 340 tonnes de cuivre, équivalant à plus de 2 millions de dollars américains sans que les revenus n’entrent dans les caisses de l’entreprise.
La coordination de la société civile de Kolwezi dénonce aussi le démontage des matériels de la Gécamines à Kolwezi. Elle parle de « cannibalisme pure et simple des installations » estimées à environ 200 tomes de Cuivre estimées à 1.194.000 dollars américains. Plusieurs actes de mauvaise question sont étalés dans le document de la société civile, partant de l’achat « suppose » des bus de marque « Bleu bird » à certains partenariats dans lesquels les ressources de l’entreprise sont sous-estimées. Pour la société civile qui prétend porter la voix de la population de Kolwezi, la justice devrait investiguer rapidement sur tous ces dossiers avant que les personnes concernées ne dissimulent les traces.
La Gécamines contre-attaque
Une correspondance datée du mercredi 16 décembre 2009 indique que la direction de la Gécamines a institué une commission, pour examiner les dénonciations de la société civile. Cette commission a proposé aux responsables de l’entreprise de saisir ses avocats pour entreprendre d’éventuelles actions en justice, la commission estime que « la démission de Paulin Fortin ne peut en aucune manière être liée à la gestion des affaires de la Gécamines, dont il assumait toutes les responsabilités ». La direction de la Gécamines que préside Calixte Mukasa estime que la production des pièces en cuivre cathodique de l’UZK a été « initiée, suivie et commercialisée par la direction générale par les voies habituelles et en suivant les procédures en vigueur à la société ».
Calixte Mukasa a d’ailleurs répondu aux membres de la société civile de Kolwezi, mardi dans une correspondance, estimant vouloir recourir à toutes les voies de droit pour défendre l’honorabilité de son entreprise.
Le Potentiel/Radiookapi.net
(DN/TH/Yes)