Ce n’est pas une mission de gaité à la manière d’un heureux Ulysse faiseur de beau voyage que le ministre Calude Nyamugabo des Petites et moyennes entreprises vient d’effectuer dans son patelin du territoire de Kabare récemment frappé d’un double assassinat de religieux que tous les esprits de paix ont encore une fois déploré. Le ministre a participé au Conseil du gouvernement tenu à Bukavu sous la direction du Chef de l’Etat, le président Joseph Kabila en personne, pour exprimer par cette présence le réconfort qu’il a tenu à apporter à la population du Sud-Kivu éprouvé. Après ce conseil le ministre Nyamugabo s’est rendu à la paroisse à Nyatende auprès de la communauté religieuse attaquée dans le meurtre déploré.


Le ministre tout ému de son passage auprès des siens et des milieux religieux dans l’épreuve livre ses impressions dans un épanchement saisissant à travers les confidences qu’il en donne dans les déclarations ci-après à Digitalcongo.net. Le défi de la sécurisation du Sud-Kivu qui transpire à travers cette interview est éloquent et significatif de l’enjeu en cause qui mérite de retenir l’attention nationale et de tous les hommes épris de paix. Voici la teneur de ces confidences.

Monsieur le ministre, vous revenez de Kabare où viennent d’être tués un prêtre et une religieuse catholiques allongeant la liste des victimes de l’intolérance dans cette partie de la République. Quelles sont les impressions qui vous en ont marqué ?

Je tiens d’abord, au nom des habitants du territoire de Kabare, à dire merci au Président de la République, parce qu’il a bien voulu mobiliser le gouvernement de la République et son cabinet, pour se rendre sur place à Bukavu, à la suite des assassinats qui ont été perpétrés dans le territoire de Kabare, précisément à la paroisse de Kabare et au monastère de Muresa.

Aussitôt que ces tristes événements sont arrivés, le Chef de l’Etat a mobilisé toute son équipe : le Premier ministre et tous les membres du gouvernement, pour réconforter l’Eglise catholique en particulier, et la population du Sud-Kivu en général. Pour cela je tiens à lui dire merci et à lui transmettre les sentiments de remerciement de la population du territoire de Kabare qui est mon territoire d’origine.

Comme vous le savez, à l’occasion de cette présence du Chef de l’Etat à Bukavu, nous y avons tenu le Conseil des ministres qui avait eu comme objectif de réconforter notre population. Après la réunion du Conseil, j’ai personnellement tenu à passer quelques heures de plus à Bukavu pour palper du doigt les réalités dans le territoire. C’est à cette occasion que j’ai rencontré Mgr Maroy, l’Archevêque de Bukavu, pour lui transmettre le message de paix, et lui dire que ce qui est arrivé est du fait de nos ennemis, en fait des ennemis communs qui connaissent la force de l’Eglise catholique, et c’est pour cela qu’ils tentent de nous diviser. Je lui ai donc amené un message de réconfort en lui présentant les condoléances à la suite des deux assassinats de l’Abbé et de la Sœur religieuse.

Je lui ai surtout dit que nous sommes à Kinshasa, certes, mais que nous travaillons pour que la paix revienne sur toute l’étendue de la République, particulièrement dans la province du Sud-Kivu où il y a des forces négatives qui tiennent à démontrer à la population qu’elle est délaissée. Je tiens à dire, comme je le lui ai signifié, que la province du Sud-Kivu n’a pas été délaissée par le gouvernement. Le président de la République y a séjourné pendant plus de trois jours. Le gouvernement y a aussi séjourné et a tenu un Conseil là-bas.

Tout cela avec comme objectif de réconforter la population, de lui dire que le Chef de l’Etat est de cœur avec eux, parce que nous n’avons pas oublié que cette population a voté massivement pour le président de la République et que donc elle mérite d’être sécurisée comme le président de la République ne cesse de sécuriser toute l’étendue de la République.

Par la suite, je me suis rendu auprès de Mgr Maroy à la paroisse de Nyatende, ma paroisse d’origine où il y a eu également des vols à un moment, et donc l’insécurité qui actuellement ressentie dans la province est vécue particulièrement dans cette paroisse. J’ai été dans cette paroisse-là pour apporter le même message du gouvernement aux chrétiens de Nyatende pour leur dire aussi que le Chef de l’Etat est avec eux, que tout le gouvernement est de cœur avec eux, et que ce qui est arrivé est le fait de l’ennemi mais que tout est mis en œuvre pour mettre un terme à cette insécurité.

La paroisse de Nyatende représente beaucoup pour moi. J’ai entrepris d’y soutenir la construction d’une nouvelle église étant donné que l’ancienne a été frappée par les séismes. Cette construction a commencé. Comme moi-même je suis chrétien de cette paroisse, j’ai mis la main à la pâte, en contribuant à ce que débute cette construction. J’étais très heureux de constater qu’il s’agit d’un véritable chantier ouvert avec le démarrage des travaux s’y rapportant. La nouvelle église est donc en train d’être construite avec mon concours.

A la fin de la visite de Nyatende je me suis rendu à la paroisse saint Jean-Baptiste de Kabare où M. l’Abbé Daniel Cizimya a été abattu. J’ai présenté les condoléances au Curé et à tous les prêtres de la paroisse de Kabare dont j’ai fait le tour en ayant l’occasion de me faire expliquer toute la scène de l’assassinat telle qu’elle a été décrite par M. le Curé. J’ai visité la chambre où M. l’Abbé Daniel a été abattu. J’ai partagé cette peine avec les prêtres qui ont vu un des leurs disparaître à la suite de cet assassinat. A eux aussi j’ai emmené le même message de paix, de réconfort, en leur disant que nous étions avec eux et que tout est mis en œuvre pour arrêter les personnes qui commettent ces actes et sécuriser la province, sécuriser les leaders du Sud-Kivu.

Vous avez rencontré et parlé aussi bien avec Mgr. Maroy qu’avec les curés et prêtres compagnons de feu Abbé Daniel. Qu’est-ce que, à leur tour, vous ont-ils dit et déclaré autour de cette insécurité dans laquelle ils baignent ? Vous ont-ils transmis un message particulier à ce sujet ? Par exemple que de vous leaders politiques du territoire, qu’est-ce qu’ils attendent de vous dans le cadre de la sécurisation en cause ?

Oui. D’abord j’ai constaté que ma visite a été un réel réconfort pour eux. J’ai aussi réalisé qu’ils ont compris que nous étions avec eux. Ils ont transmis leurs remerciements au Chef de l’Etat pour tout ce qu’il a mobilisé comme efforts pour que la paix revienne. Et je leur ai dit que les réunions qui se sont tenues en province l’étaient pour les rassurer davantage. C’est vrai qu’ils ont été traumatisés à la suite de ces deux assassinats, mais la vie va continuer son bonhomme de chemin avec la contribution sécuritaire du gouvernement de la République, et nous allons poursuivre les efforts.

Ce sont des chrétiens qui croient en Dieu et qui savent que ce qui est arrivé est arrivé, mais en tant que leaders spirituels pour leur part, ils ont la lourde charge de continuer à veiller à la sécurité parce que les leaders sont aussi appelés à ouvrir l’œil et le bon pour que nous tous, leaders des églises et le gouvernement, conjuguions nos efforts, pour que ceux-ci donnent des fruits réels, à savoir la sécurité totale de la population.

Comment eux-mêmes les interlocuteurs que vous avez rencontrés ciblent-ils l’origine de l’insécurité. Qu’est-ce qu’ils vous en ont-ils dit, puisque pour bien combattre l’insécurité, il faut au préalable en identifier les vrais causes !

Oui, vous savez que la province du Sud-Kivu a connu depuis 1994 beaucoup de problèmes qui aujourd’hui sont ressentis dans leur ampleur. Il y a d’abord le problème des rebelles rwandais FDLR, ensuite il y a les démobilisés de notre armée, et en troisième lieu il y a les Maï-Maï dont certains aujourd’hui se comportent comme des bandits. Pas tous, certes, mais une partie. Tous ces faits conjugués plus le banditisme qu’on retrouve dans d’autres villes et dans d’autres pays, tout cela conjugué fait qu’aujourd’hui la sécurité soit mise à mal au Sud-Kivu. Nous sommes appelés donc à trouver des solutions pour que notre population vaque à ses occupations en toute quiétude.

Et s’agissant de Mgr Maroiy qui a toujours été au front de la liberté au Sud-Kivu, puisque vous l’avez rencontré, que vous a-t-il dit lui dans le cadre toujours de la sécurisation des milieux catholiques notamment ?

Oui, Mgr Maroy l’Archevêque de Bukavu que j’ai rencontré, j’ai trouvé en lui un homme courageux toujours à la recherche de la paix, à la recherche de l’excellence. Nous avons échangé ensemble autour de l’insécurité dans la province. J’ai trouvé qu’il était optimiste, qu’il faisait confiance au Chef de l’Etat et au gouvernement, qu’il était très heureux de constater que le gouvernement et le président de la République s’étaient déplacés à la suite de cette insécurité qui touchait son cercle clérical. Il était donc optimiste.

Le gouvernement ne se déplace pas en vain, sans faire quelque chose de palpable. Un gouvernement se déplace pour trouver des solutions aux problèmes de la population, et dans ce cas, Mgr Maroy était très heureux de constater que ce problème est pris à bras le corps par le Chef de l’Etat qui a passé des nuits à organiser des réunions avec tous les leaders civils et militaires, de même que les autorités de la police pour pouvoir mettre fin à l’insécurité non seulement dans les milieux de l’Eglise catholique, mais surtout de toute la population au Sud-Kivu.

Finalement quel message adressez-vous à cette population que vous êtes allé réconforter ?

Je voudrais demander à notre peuple de veiller, d’ouvrir l’œil et le bon. Nous avons un ennemi commun, celui qui cherche à nous diviser. Je reconnais qu’il est difficile de diviser le peuple congolais. Plusieurs fois des ennemis ont tenté, mais ils ont rencontré des échecs à toutes les fois qu’ils ont tenté cette déstabilisation. Nous devons continuer à le démontrer. Le peuple du Sud-Kivu fait partie de la population de la République démocratique du Congo. Nous sommes unis et nous n’avons qu’un seul Chef, le président Joseph Kabila. Ouvrons donc l’œil et le bon, encore une fois, pour démasquer l’ennemi et l’anéantir. Parce que nous avons besoin de la paix au Sud-Kivu pour bénéficier des avantages de la reconstruction nationale. Parce qu’on ne peut reconstruire une province que lorsqu’elle est pacifiée.

C’est donc là un défi que nous devons le relever en arrivant coûte que coûte à sécuriser notre population pour bénéficier des bienfaits de la reconstruction prônée par le Chef de l’Etat à travers les Cinq Chantiers de la république. Nous ne pouvons bénéficier de cette reconstruction, je m’adresse à mes frères et à mes sœurs, que lorsque nous aurons pacifié notre province. Débusquons donc l’ennemi et permettons à nos forces armées et à la police de l’anéantir pour bénéficier réellement de la reconstruction prônée par le président Joseph Kabila qui s’est révélé leader bâtisseur. Permettons au leader bâtisseur d’accomplir sa mission dans notre province. Parce qu’il a des grands projets pour la reconstruction de cette province du Sud-Kivu.

Propos recueillis par Daniel Nzuzi/MMC


(DN/Yes)