La RDC et le Rwanda qui viennent de normaliser leurs relations après plus d’une dizaine d’années de brouilles s’engagent dans une nouvelle ère de développement de ces relations en relançant la grande commission mixte de coopération jusqu’alors délaissée en veilleuse
La République démocratique du Congo et le Rwanda sont déterminés à poser les jalons d’une nouvelle ère dans leurs rapports. Le ministre congolais de la Coopération internationale et régionale, Raymond Tshibanda NTungamulongo l’a indiqué hier vendredi à l’ouverture des travaux de la 4ème Grande commission mixteRDC-Rwanda.
Le ministre congolais de la coopération internationale et régionale, Raymond Tshibanda N’Tungamulongo, a ouvert hier vendredi 18 décembre à Kinshasa, les travaux de la grande Commission mixte RDC-Rwanda. Le salon Lubmubashi de Grand Hôtel Kinshasa a servi de cadre à cette cérémonie. Les présentes assises, a-t-il indiqué, a pour point de départ, les engagements pris par les deux pays à l’issue de la troisième session ordinaire tenue en juillet 1988 à Kinshasa, précisément à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu.
Avant de préciser qu’au cours de ces rencontres de Kinshasa, il sera question pour les deux Etats, d’examiner en priorité plusieurs questions de coopération notamment celles en matière de sécurité, celles liées au tracé de frontières communes aux migrations ainsi que des questions se rapportant aux réfugiés. A cela, s’ajoute les questions de coopération dans le domaine de l’énergie de l’environnement et du tourisme du commerce et des investissements, des infrastructures, de la coopération technique scientifique et culturelle.
Le représentant du gouvernement congolais dans ces rencontres qui se clôturent aujourd’hui a également promis de doubler les efforts pour que l’année 2009 qui s’achève, soit inscrite dans l’histoire de deux pays comme: l’année de l’opération conjointe dénommée Umoja Wetu », notre unité. Dans son intervention. Mme la ministre rwandaise des Affaires étrangères et des Relations internationales, Louise Mushikiwabo qui conduit la délégation de son pays à ces travaux a, d’abord rappelé les liens séculaires qui unissent les deux pays.
Lesquels liens permettront aux deux états voisins et frères de coopérer encore davantage pour le bien-être de deux populations. Saluant la reprise des relations entre son pays et la RDC, elle s’est ensuite rassurée qu’avec les zèles et l’engagement de deux parties soutenus par la volonté politique de deux chefs d’Etat, ces liens seront renforcés. Louise Mushikiwabo a ensuite souhaité que les assises mettent un accent particulier sur les projets économiques communs qui soient au bénéfice de deux populations respectives. Ces genres de projets à résultats tangibles, permettent de renforcer les liens d’amitié et de fraternité », a-t-elle renchéri. Allusion faite ici au projet commun d’exploitation du gaz méthane du lac Kivu.
Luanda et Kinshasa optent à la grande commission mixte RDC-Angola pour des relations adultes et franches
La grande commission mixte RDC-Angola a tenu sa neuvième session du 5 au 17 décembre 2009 à Luanda en Angola sous la direction de Raymond Tshibanda N’tungamulongo, ministre congolais de la Coopération internationale et régionale et Assunçao Dos Angos, ministre angolais des Relations extérieures. Les deux parties ont abordé des questions d’intérêts communs, notamment celles ayant trait à la stabilité dans la frontière commune, la navigation fluviale, la migration, les transports, l’exploitation pétrolière, la distribution d’énergie, et le dossier sur la construction du pont et de la route reliant la ville de Soyo (dans la province de Zaïre), en passant par la RDC puis Cabinda, à l’extrême nord-ouest de Angola. Après une analyse approfondie des causes et des conséquences, des mécanismes ont été trouvés pour régler les questions de nature migratoire et de vérification de la démarcation des frontières terrestres et fluviales.
Une attention spéciale a été réservée au problème de la délimitation et de la démarcation de la frontière maritime dans le cadre de l’extension du plateau continental », peut-on lire dans le communiqué final signé par Raymond Tshibanda. Les deux délégations ont reconnu la nécessité d’actionner avec diligence les mécanismes conjoints déjà établis pour le traitement adéquat des questions de coopération bilatérale, notamment dans le domaine du pétrole peut-on encore lire dans le même communiqué, ce qui prouve que la question de l’exploitation pétrolière dans la zone dite d’intérêt commun a été évoquée, même si aucune solution concrète n’a pu être dégagée lors des travaux de Luanda. On sait que la question de l’exploitation pétrolière dans cette zone maritime commune fait l’objet de spéculations diverses.
La rencontre était caractérisée par une convergence de points de vue sur les principales questions d’intérêt commun figurant à l’ordre du jour des travaux. Elle a constitué une occasion renouvelée de réitérer la ferme volonté des deux parties de n’épargner aucun effort pour travailler en faveur d’un partenariat exemplaire entre les deux pays et pour exploiter toutes les opportunités de coopération, notamment à travers l’enrichissement et la mise à jour du cadre juridique qui régit leurs relations bilatérales et son adaptation nécessaire aux mutations qui ont eu lieu dans les pays respectifs », ajoute le communiqué, ce qui dénote la franchise des discussions, les deux pays étant conscients qu’aucune question ne peut constituer un tabou à l’étape actuelle de leurs relations. L’Angola et la RDC s’orientent vers des relations « responsables et émancipées », débarrassées de toute connotation négative.
Convergences
A l’ouverture des travaux. M. Assunçao Dos Angos a rappelé que les relations entre l’Angola et la RDC ont toujours eu comme base, la fraternité. Le ministre angolais des Relations extérieures a reconnu que la situation actuelle réclame intervention des gouvernements angolais et congolais, tous deux pays post conflit. C’est ainsi qu’il avait suggéré que soient trouvés des stratèges et des mécanismes de redynamisation de la coopération entre les deux pays frères, de façon à pouvoir parler avec objectivité et sérénité des questions liées aux frontières communes au transport aérien et ferroviaire ainsi qu’à divers projets à impact visible sur les populations.
Dans son speech. Raymond Tshibanda N’tungamulongo, chef de la délégation congolaise a, pour sa part, plaidé pour un rythme plus régulier de rencontres bilatérales rappelant que la dernière réunion de la grande commission mixte RDC-Angola datait de 2004, soit il y a cinq ans. Ce rythme est, selon lui, peu compatible avec la nature des relations entre l’Angola et la RDC.
« La sociologie nous invite à nous souvenir qu’entre les congolais et les angolais, et cela bien au-delà de ceux d’entre-eux qui vivent le long de la frontière, les relations sont séculaires qu’il s’agit souvent des relations de famille, dues au mariage et à la filiation qu’il s’agit tout aussi souvent de l’appartenance à une même aire culturelle, à une même religion, voire à une mère lignée de pouvoir coutumier l’a dit le ministre de la coopération internationale et régionale.
Raymond Tshibanda a souhaité que soient promus le dialogue et la concertation comme uniques moyens de règlement de tout différend, comme base de rapports adultes fondés sur la prise en compte des intérêts de chaque partie la recherche volontariste des compromis et la promotion d’une coopération exemplaire mutuellement avantageuse.
Aucun sujet tabou
Les travaux proprement dits se sont tenus au sein de quatre commissions chargées des questions de migration et des frontières des transports, travaux publics et télécommunications, de défense et sécurité ainsi que des questions pétrolières et des dettes réciproques entre les deux pays. Le communiqué final et le procès verbal signés jeudi 17 décembre à l’issue d’une journée de travail marathon de près de 20 heures parce que, commencée le mercredi à 12 heures jusqu’au jeudi à 8 heures renseignent clairement que les deux parties sont parvenues à un consensus, même sur des questions chaudes notamment la gestion des migrations, la frontière maritime et l’exploitation du pétrole dans la Zone d’intérêt Commun (ZIC).
Outre le ministre des relations extérieures, la délégation angolaise comprenait notamment les ministres des transports, du pétrole, de la justice ainsi que les vice-ministres de la réinsertion sociale et de la défense. Ont accompagné le ministre congolais de la coopération internationale et régionale ses collègues de la défense nationale, de l’intérieur, de la justice, des transports, des PTT, de l’énergie ainsi que les vice-ministres des hydrocarbures et des infrastructures et travaux publics. Trois gouverneurs des provinces frontalières avec l’Angola y ont également pris part, il s’agit du Bas-Congo, du Bandundu et du Kasaï-occidental, ainsi que le vice -gouverneur du Katanga, ainsi qu’une forte équipe multisectorielle d’experts.
Le Potentiel/La Référence Plus
(DN/TH/GW/Yes)