L’agrément du FMI pour soutenir finalement le nouveau Programme économique du gouvernement dénommé PEG II n’est pas un cadeau, mais un effort de plus lui demandé de la bonne gouvernance pour obtenir les avantages et les bénéfices de l’orthodoxie financière
Le gouvernement peut pousser un ouf de soulagement. Le FMI a accepté, après avoir reçu les assurances du Club de Paris, que la dette r-dcongolaise est soutenable. Conséquence: un nouvel accord triennal au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) est conclu avec le gouvernement de la R-dC. Il s’agit du Programme économique de gouvernement (PEG II), assorti d’un appui financier de 551 millions de dollars étalés sur trois ans.
Au terme de cet accord, si les critères de performance que sont la maîtrise des dépenses publiques, la stabilisation du taux d’inflation et du taux de changes sont respectés, la colossale dette de 13 milliards de dollars qui hypothèque le développement du pays depuis plus de trois décennies sera effacée à concurrence de 12 milliards de dollars, soit 90% de l’encours global. Dans le jargon financier, une telle forte réduction de la dette est désignée par l’expression « atteindre le point d’achèvement de l’Initiative pays pauvre très endettés (PVE) », c’est-à-dire l’effacement de la dette extérieure.
Une bouffée d’oxygène
La conclusion d’un nouveau PEG avec les institutions de Breton Wood était très déterminante et fort attendue du gouvernement, dont 48% du budget d’environ 5.8 milliards de dollars devront venir de la charité internationale, c’est-à-dire des bailleurs de fonds traditionnels qui avaient fait de la révisitation des contrats chinois, un préalable. Cet accord est une bouffée d’oxygène pour la nation dont le service de la dette était classé comme 3è poste budgétaire, en 2009, et 8% pour l’exercice budgétaire 2010, afin de consacrer ses maigres ressources pour financer sa reconstruction. Cependant, au regard des moeurs politiques r-dcongolaises, le plus difficile reste à faire car il s’agit désormais de maîtriser les finances publiques, de gérer rationnellement les réserves de change et d’anticiper les pressions inflationnistes.
Le long chemin vers l’effacement de la dette. Il aura fallu 3 dures années de négociations, de revue en revue avec le FMI pour arriver à cet accord. En effet, rompue à la suite des dérapages budgétaires du pouvoir 1+4, la coopération structurelle entre la R-dC et les institutions de Breton Wood (FMI et Banque mondiale) peut désormais reprendre complètement. Même s’il faut souligner qu’à la suite de la crise financière internationale, le FMI et la Banque mondiale ont chacune accordé une aide substantielle de 100 millions au titre des chocs systémiques. En effet, plusieurs obstacles ont obstrué pendant longtemps le dénouement de cet accord dont les principaux ont été les contrats chinois et les assurances financières à obtenir des créanciers du Club de Paris.
De report en report, des allégations aux allégations, l’opinion finissait par se demander ce que réellement voulaient les Occidentaux. En effet, pour n’évoquer que les péripéties de l’exercice en cours, la réunion des créanciers publics de la R-dC, sous le paravent du Club de Paris, a connu beaucoup de ratés. Après la rencontre infructueuse à Paris, en mai 2009, entre les responsables du FMI et la troika financière r-dcongolaise composée de ministres des Finances, du Budget et du gouverneur de la Banque centrale du Congo, d’autres rendez-vous prévus dans la capitale française, en septembre, octobre et novembre 2009 ont été annulés sans raisons apparentes.
A un moment, on avait cru que la descente de Dominique Strauss-Kahn, patron du FMI, à Kinshasa, en août 2009, serait une belle occasion. Rien! En réalité, il s’est agi d’expliquer à partir de Kinshasa les préalables à la reprise de la coopération avec celui qui fut sous les années Mobutu son « élève modèle ». Médaille de complaisance, on le sait depuis les accablantes révélations du journal US « Wall Street », obtenue grâce à la complaisance de De Groots, administrateur du FMI, représentant le Royaume de Belgique, ami des dirigeants de l’époque.
Les préalables exigés par le FMI tels qu’explicités par DSK lors des négociations menées à Kinshasa (23-25 mai 2009) avec le gouvernement, n’étaient n’en d’autre qu’une conditionnalité politique, à savoir la révisitation des contrats chinois auxquels s’ajoutaient ces droits humains qu’il a abordés avec les membres de deux bureaux du Parlement. Sur le plan technique, cette visite avait pour objectif de finaliser les négociations amorcées depuis Washington, le 29 avril 2009, en marge des travaux des assemblées de printemps des gouverneurs du Fonds et des administrateurs de la BM. Le Soft , n°991, date du 8 mai 2009). Ces négociations portaient, comme devait le souligner le directeur général du FMI, sur trois points d’achèvement de la dette extérieure.
En attendant l’accomplissement de ces préalables juridiques, la réunion de Kinshasa a néanmoins accouché « d’un accord sur les politiques économiques et financières pour le reste de 2009 et 2010, compatibles avec les objectifs des autorités congolaises visant la promotion de la croissance, la réduction de l’inflation et la reconstitution des réserves de change fragilisées par la crise financière internationale ». Sans oublier la reconnaissance tacite des contrats chinois. Ce qui était totalement nouveau de la part d’un dirigeant occidental. Lorsque le gouvernement r-dcongolais a signé l’avenant de la réduction du montant des contrats chinois en les portant de 9 à 6 milliards de dollars, un nouvel obstacle est apparu. Il avait pour nom: la signature de l’avenant y relatif par les partenaires chinois.
C’est en octobre dernier finalement que les Chinois ont contresigné l’avenant y relatif. Mais, la casse-tête continuait également du côté du FMI où l’on attendait que ses services confirment, comme il était convenu à Kinshasa, en août dernier, que « 1’accord révisé est compatible avec la viabilité de la dette, (et que) les autorités congolaises seront en mesure de solliciter les assurances financières pour leur programme auprès des créanciers du Club de Paris, le Conseil d’administration du FMI pourra alors rapidement examiner la demandé d’un nouvel accord triennal au titre de la FRPC ».
Fin des sauts d’obstacles, enfin, lorsque l’annonce a été faite d’examiner le dossier R-dC, le 11 décembre 2009, au Conseil d’administration du FMI et que, la bonne décision que ce dernier a prise de conclure le programme, le plus dur reste à faire. L’accord arrive à un mauvais moment, celui où le pays est déjà entré dans l’ambiance de pré-campagne électorale, dont on connaît la propension dépensière. Comme en 2006 lorsque la R-dC a loupé la dernière balle de match à cause des dérapages budgétaires. Désormais, les regards sont tournés vers le gouvernement pour prouver le contraire, c’est-à-dire
convenu à Kinshasa, en août dernier, que « l’accord révisé est compatible avec la viabilité de la dette, (et que) les autorités congolaises seront en mesure de solliciter les assurances financières pour leur programme auprès des créanciers du Club de Paris, le Conseil d’administration du FMI pourra alors rapidement examiner la demande d’un nouvel accord triennal au titre de la FRPC ». Fin des sauts d’obstacles, enfin, lorsque l’annonce a été faite d’examiner le dossier R-dC, le 11 décembre 2009, au Conseil d’administration du FMI et que la bonne décision que ce dernier a prise de conclure le programme.
Le plus dur reste à faire. L’accord arrive à un mauvais moment, celui où le pays est déjà entré dans l’ambiance de pré-campagne électorale, dont on connaît la propension dépensière. Comme en 2006 lorsque la R-dC à loupe la dernière balle de match à cause des dérapages budgétaires. Désormais, les regards sont tournés vers le gouvernement pour prouver le contraire,c’est-à-dire maîtriser le budget, gérer rationnellement les réserves de change et anticiper les pressions inflationnistes. Wait and see!
Le Soft
(DN/Th/GW/Yes)