L’examen en cours au Conseil de sécurité des Nations Unies de la situation sécuritaire en RDC va déterminer de la prolongation ou non du mandat de la mission en RDC assumée par la Monuc, et le contexte prédispose vraisemblablement à envisager cette prolongation
Le Conseil de sécurité des Nations unies est, depuis mercredi 16 décembre 2009, en train d’examiner la situation sécuritaire de la RDC. De cette évaluation, il devra se prononcer sur la prolongation ou non du mandat de la Mission des Nations unies au Congo (Monuc).
C’est en principe ce lundi 21 décembre, que le Conseil de sécurité des Nations unies doit décider de la reconduction ou non du mandat de la Mission des Nations unies au Congo (Monuc). Cela après avoir débattu, le mercredi 16 décembre 2009 à New York, de la situation sécuritaire en RDC. A moins d’une surprise, ce mandat va être, une fois de plus, prolongé d’au moins six mois, car l’insécurité, notamment, dans l’Est du Congo a la peau dure.
Les FDLR sont toujours actifs dans les provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu, semant la désolation au sein des populations. Il en est de même des rebelles ougandais de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) dans la Province Orientale, notamment dans le district de l’Ituri. Sans oublier le front Ouest dans la province de l’Equateur où, même si les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par la Monuc, ont repris la cité de Dongo des mains des insurgés, ceux-ci se sont repliés dans la forêt. Ne connaissant pas exactement leur nombre et les moyens dont ils disposent, à en croire la Monuc, il est aussi difficile que la Mission onusienne plie bagages.
En effet, en dépit de ces opérations de pacification, l’Est de la RD Congo est toujours en proie à l’instabilité avec mort d’hommes et viols de femmes. Atrocités commises par les FDLR et LRA en débandade ainsi que par des éléments des FARDC dans leurs campagnes contre les rebelles rwandais et ougandais.
Le représentant de l’Onu en RDC, Alan Doss, présent aux assises de New York, a, certes, évoqué l’évolution des opérations de sécurisation dans ces parties troublées du Congo qu’il juge positive. Il ne minimise sûrement pas les poches de résistance qu’il sait sérieuses. Car, si on s’en tient au reportage intitulé «Les mines du Congo : entre rebelles et multinationales» de Thomas Fessy de BBC, réalisé, début décembre, à Mwenga au Sud-Kivu, les rebelles se sont réorganisés et sont maîtres d’une partie de ce territoire.
Il note que «les mines constituent la principale activité économique du territoire de Mwenga, mais la majorité d’entre elles sont aux mains des FDLR qui, selon un rapport d’experts de l’ONU publié en décembre dernier, génèrent plusieurs millions de dollars, chaque année, grâce à l’exploitation illégale de ces carrières de cassitérite, d’or et de coltan ».
A Mwenga, rapporte-t-il, les rebelles hutu rwandais viennent vendre et acheter toutes sortes de produits. Un négociant, qui tient à garder l’anonymat pour des raisons de sécurité, raconte comment il se procure des métaux précieux dans les mines de la région. Et le négociant d’expliquer : «Nous achetons chez les creuseurs. Mais pour entrer et sortir de la carrière, nous devons payer les FDRL. C’est une sorte de taxe qu’ils prélèvent pour nous laisser transporter le minerai».
Olivier Dioso/Le Potentiel
(DN/Tkm/GW/Yes)