Au cours d’une interview accordée à digitalcongo.net, le président de la CEI a fait le point sur les élections de 2006 dont l’organisation, a-t-il soutenu, a été un franc succès. Les élections étant un processus qui se prépare dès le début, il invite les partis politiques et animateurs de la société civile à se préparer déjà pour les échéances futures qui auront bel et bien lieu.
Digitalcongo.net : M. l’abbé, c’est depuis 2006 que vous êtes à la tête de la CEI. Avez-vous était imposé par une décision politique ou cela était un choix de quelques compatriotes ?
Président Malu Malu : C’est plutôt depuis 2003 et non 2006 comme vous venez de le dire. J’ai commencé en août 2003 et j’ait été choisi par la société civile au poste de président de la Commission électorale et indépendante (CEI) parce que ce poste était réservé à la société civile. A ce moment là, je représentais déjà la société civile du Nord - Kivu au pré dialogue de Gaborone comme aux assises d’Adis -Abeba avec 4 autres collègues. Nous avons représenté la société civile du Nord - Kivu au dialogue inter congolais à Sun City. A l’issue de ce dialogue sanctionné par l’accord de Pretoria, 12 postes ont été réservés à la société civile de la République Démocratique du Congo.
Et les représentants au dialogue inter congolais ont décidé que ces 12 postes soient réparties sur les 11 provinces de la République démocratique du Congo, RDC, en réservant un poste pour Kinshasa qui est la capitale. Donc, le poste du président de la Commission électorale et indépendante, Cei, ayant été réservé au président de la société civile du Nord Kivu, c’est elle qui m’a désigné pour pouvoir être le président de la Commission électorale et indépendante. Et ce choix a été confirmé par le comité du suivi qui gérait le pré dialogue inter congolais aux perspectives de l’installation des nouvelles institutions de la transition.
Le élections de 2006 quoi qu’on en dise, de l’avis des observateurs nationaux et internationaux, ont été une réussite. Partagez vous ce point de vue ?
Vous savez que les élections sont des opérations très complexes. On doit savoir qu’il y a l’opération pré électorale, électorale ou référendaire et puis les opérations post électorales. En ce qui concerne les opérations pré électorales, tout le monde doit reconnaître que dans un pays qui n’avait pas les infrastructures de base, dont les données sociodémographiques fiables faisaient défaut, le reclassement de la population remontant en 1984, avec les problèmes qu’on a, la crise identitaire, problème de carte d’identité, les attestations de perte de pièces étant plus nombreuses que les pièces elles mêmes ; il n’était pas facile d’organiser les élections. Il a fallu une grande mobilisation nationale pour faire l’opération d’identification et d’enrôlement des électeurs. Cette opération a été une première et une grande réussite puisque nous avons déjà eu une base des données de plus de 25 millions d’électeurs.
Et vous savez vous-même que ce cas est le premier et le gouvernement à cette époque là avait décidé qu’il y ait aussi les cartes d’identités. L’une de plus grande réussite est l’organisation du referendum constitutionnel. Après 1964, le peuple congolais a vue défiler une nouvelle Constitution qui est le socle même sur lequel on fait élaborer les lois. Je voudrais dire que cette opération là est un grand pas pour le pays parce que 15 millions de congolais ont voté la constitution par référendum…
Cette Constitution a été le point de départ de l’élaboration d’une nouvelle loi électorale permettant d’éviter la crise des légitimités. Elle a permis la tenue des élections proprement dites : les élections présidentielles en deux tours, élections législatives nationales et provinciales, l’élection indirecte que ça soit du gouverneur et son vice ou du sénateur. Ces élections ont une certaine caractéristique, la très forte mobilisation des électeurs et une vigilance accrue de Congolaise et Congolais. Je peux vous donner le chiffre, vous avez plus de 111.000 observateurs nationaux, 3.600 observateurs internationaux, plus de 1.500 journalistes qui ont couvert ces événements. Bien sûr qu’il a fallu mobiliser au moins 300.000 agents électoraux sur l’ensemble du pays dans 50.000 bureaux de votes. Ces élections là, nous les avons tous conçu pour qu’elles se passent de manière transparente. Et les bureaux de vote étant aussi les bureaux de dépouillement, il y a eu des spéculations de toutes sortes. Quiconque voulait bien suivre ces événements pouvait aller avec tout le monde dans les bureaux de vote pour savoir qui a gagné et comment cela était établit avec des procès verbaux.
Les procès verbaux, qui ont été envoyés dans les enveloppes scellées, quatre enveloppes dans quatre directions différentes. Cela veut dire que quand on doit vérifier, on sait au moins de quoi il s’agit. Et si vous les déchirez en cours de route, vous ne pouvez pas les refermées et ces enveloppes n’étaient pas sur le marché congolais. Donc, il y a beaucoup des précautions pour ce qui concerne l’intégrité électorale.
Nous savons qu’il y a eu certaines irrégularités lors des opérations électorales Ces irrégularités ont été vérifiées et consignées sur les procès verbaux à travers 64 centres locaux de compilations des résultats. Et nous avons tous fait concernant les élections présidentielles des 60 locaux de compilations pour que les résultats soient mis de manière brute sur le site Internet pour que chacun puisse lui même savoir comment cela se passe. Je pense que le système électoral était transparent. Et à partir de là, chaque Congolais pouvait se faire une idée de ce que cela a été. D’ailleurs nous avons décidé de publier un ouvrage réunissant l’ensemble des observations tant au niveau national qu’international. Et cela permettra que tout le monde soit édifié.
Que répondez- vous tout de même à ceux qui ont parlé de trucage des résultats ?
Il ne pouvait pas y avoir trucage des résultats. Ceux qui en parle ne savent pas comment cela se passe. Là où on veut faire le trucage des résultats, on ne fait pas de bureaux de vote de bureaux de dépouillement. On ne construit pas 64 centres de locaux des bureaux de compilation. On ne permet pas aux journalistes de filmer et de suivre tous qu’ils veulent suivre sur l’ensemble du pays.
Vous devez d’abord savoir qu’à ce niveau là ; il ne pouvait pas y avoir de trucage. Si on me parle des irrégularités, je dis oui, car, cela peut arriver, aucune œuvre humaine n’est parfaite. Mais le trucage non, il n’y a pas eu et il n’y en aura même pas tant que je serais président de la Cei. Nous sommes là pour que les élections soient crédibles. En plus le bureau de la Commission électorale indépendante Cei est composé des personnes venant des diverses tendances : il y a les gens de MLC, RCD, RCD/KML, Maï Maï de la société civile…
Au-delà de l’organisation des élections générales en RDC, vous avez par la suite été associé aux élections du Togo. Est-ce que là aussi on peut parler d’une réussite ?
Au Togo, nous avons été associé à l’opération d’instruction des électeurs. Nous n’avons pas été associé au scrutin lui-même. Il appartient à la Commission électorale togolaise de le faire. Si vous posez la question à n’importe quel Togolais, qu’il soit de l’opposition, de la majorité ou encore citoyen acteur social et élite; je crois unanimement que Qu’il vous dira que l’opération d’enregistrement des électeurs a été saluée par tout le monde comme une très grande réussite. Nous avons assisté le Togo avec 3000 kits que nous les avons et apporté un appui technique. Ces 300 kits nous sont revenus reconditionner par l’Etat togolais avec reconnaissance d’avoir participer à quelque chose d’important.
Cette coopération entre deux pays frères a été saluée aussi par l’ensemble de la communauté internationale comme étant une initiative à encourager. Je peux dire même que nous avons prêté notre propre directeur du centre national de traitement, qui ne nous ait pas revenu parce qu’il a même été engagé par le Pnud pour se joindre au poste force de la commission européenne pour l’assistance électorale et il est entrain d’appuyer plusieurs opérations de ce genre à travers le monde. Ce pour vous dire la collaboration a été une réussite entre ce deux pays frères.
En janvier 2008, vous avez participé à la conférence de Goma sur la paix dans l’Est de la RDC. Vous avez été retenu parmi les personnalités chargées du suivi des résolutions prises lors de cette conférence. Quelle lecture faites vous actuellement de l’application de ces résolutions ?
J’ai participé à la conférence de Goma sur la sécurité et le développement, c’est une conférence importante qui a réunie plus de 1500 personnes venant de tous les horizons tant au niveau national qu’international de toutes les couches sociales et tendances. Et cette conférence a eu un avantage de mettre en place un dispositif important en matière de paix et de stabilisation. Premièrement, deux actes d’engagements l’un pour le Nord Kivu et un autre pour le Sud Kivu réunissant les groupes armés, le gouvernement congolais et les partenaires internationaux autour d’un même objectif la pacification, les désengagements de ces troupes, leurs intégration dans l’armée ou dans la vie civile moyennant certains nombres des dispositifs.
Deuxièmement, il y a eu 4 recommandations importantes et 6 résolutions. Je pense que le programme Amani a balisé le chemin de manière très significative pour pouvoir défendre les préoccupations des uns et des autres durant cette conférence.
Il y avait un travail qui était déjà préparé, l’accompagnement des groupes armés pour les désengagements. Et au sortir de cette crise, les rapprochement de deux pays RDC et le Rwanda à l’issue des opérations conjointes. Les différents groupes armés CNDP, Pareco, Maï Maï Nord Kivu et Sud Kivu ont accepté d’emblée la proposition de désengagement. Ce désengagement a concerné au Nord Kivu plus de 20.000 personnes et au Sud Kivu environ 5000 et qu’ils resteraient environ 5000 résiduels. Cela a concerné aussi le Maniema où il y a déjà plus de 3000.
Mais ce désengagement, n’a pas encore peut être montré tous ses fruits, parce que le processus d’intégration dans l’armée et dans la vie civile continue et c’est un processus beaucoup plus complexe.
Il y a un certain nombre des projets qui sont aujourd’hui assumés par le programme STAREC que je peux évoquer si vous le voulez.
Pouvez- vous nous parler de STAREC et sa composition ?
Starec, qui est un programme de stabilisation et de reconstruction des zones sortant du conflit armées, vient combler les lacunes du programme Amani, parce que la conférence de Goma a été concentrée sur deux provinces. Mais elles ne sont pas les seules à être concerné par les conflits. Starec vient maintenant intégré les autres provinces dans cette dynamique c'est-à-dire Province orientale avec le Haut-Bas Uelé, Ituri, la province du Maniema, la province du Katanga avec le nord Katanga et le district du Tanganika donc c’est un plan qu’il faut stabiliser et reconstruire. Mais le programme Amani avait comme tache de baliser le chemin.
STAREC a déjà donné un impact géographique. On méditait sur la personne qui devait diriger starec, contrairement au programme Amani, où il y avait beaucoup des représentations non seulement des groupes armées et de communauté. Starec a crée une double identité, l’équipe qui dirige starec est une équipe restreinte parce qu’elle n’a pas comme rôle de diriger les opérations sur le terrain. Starec voudrait que ça soit les autorités de chaque province, district qui puissent être les parties prenantes de projet et l’équipe Starec qui est composée, en ce qui concerne la coopération interprovinciale, de 8 personnes chargées de soutenir les facteurs sur le terrain par la planification stratégique, la préparation sur le projet, la mobilisation des ressources humaines, matérielles et financières.
Cette équipe interprovinciale est soutenue par un comité technique conjoint;.Ce comité technique conjoint est composé du gouverneur, vice gouverneur, du ministre du Plan appuyé par différentes divisions provinciales et avec l’appui de partenaires internationaux. Voyez que la perspective est complètement différente. Alors ces équipes techniques du terrain élaborent les projets appuyés par l’équipe interprovinciale. Et ce projet là remonte pour qu’on voie quelle sera la contribution internationale, nationale et provinciale à la réalisation de ce projet. Je peux vous dire qu’il a été décidé qu’en plus de cette équipe interprovinciale une petite équipe que je dirige, c’est une équipe de 4 personnes pour appuyer le Starec en ce qui concerne la mobilisation des ressources.
Le coordonnateur du Starec est Hangi Binini qui est le directeur de Finances, moi-même je suis le chef de la cellule de la mobilisation des ressources ; et nous travaillons en équipe intégrée avec ceux qui avaient géré le plan de stabilisation et ceux de fonds de consolidation de la paix au niveau des Nations Unis. C’est une équipe dirigée par Mr Spion. Ces équipes là, sont des équipes techniques, mais c’est le Premier ministre qui dirige le comité de suivi de Starec composé de ministres dont les compétences sont requises des programmes de Starec. Les partenaires internationaux soutiennent le programme Starec, le représentant de la société civile et du secteur privé et des communautés.
C’est le ministre du Plan au niveau national qui est le secrétaire du comité de suivi. Cela permet que le plan de Starec soit intégré dans le plan national et que les actions qui sont menées à l’Est ne soient pas en contradiction avec ceux de l’Ouest. Nous voulons mobiliser des ressources mais capitaliser déjà ce qui était prévu. Pour ces zones sortant du conflit armé, mais le gouvernement a l’obligation de contribuer au programme Starec.
Il y a un projet sur le casernement des militaires, afin de redonner au militaire la discipline. Ce projet est en élaboration pour que nous ayons une armée efficace. Mais aussi les autres normes de la réforme de l’armée dans notre pays. Nous avons un grand projet sur la restauration de l’autorité de l’état qui implique la police et la justice. Et là aussi ce sont les projets très importants du programme Starec. Il y a aussi la lutte contre les violences sexuelles et la volonté de mener cette lutte dans toutes ses dimensions. Nous avons encore un projet phare du désenclavement de ces zones sortant du conflit armé, et les projets des routes sont considérés comme projets prioritaires.
Vous voyez maintenant la différence entre programme Amani et Starec. Ce dernier va engager une très grande dynamique participative sur beaucoup des fronts. Il a donc décidé de s’impliquer dans le programme gouvernant de la République démocratique du Congo autour du 4 piliers importants : la restauration de l’autorité de l’Etat, la relance socio économique, les questions humanitaires et sociales pour la question des déplacés dont je n’ai pas beaucoup parlé. Au lieu d’avoir les camps ; il faut inciter les déplacés de rentrer et sécurisés les espaces vulnérables pour les accueillir.
Le Starec se joue aussi dans une dynamique de coopération sous régionale dans la région de Grands Lacs et donc c’est par la relance économique. Starec va aussi appuyer la dynamique de la CPGL, la Communauté économique du pays de Grands Lacs et la dynamique de la conférence internationale dans la région de Grands Lacs.
Vous prévoyez vendre les cartes d’identité pour financer les élections. Pensez vous objectivement que ce mode de financement peut aboutir aux résultats escomptés ?
(Rire) Je dois d’abord vous dire que ce n’est pas la Commission électorale et indépendante, Cei. C’est plutôt le gouvernement de la République démocratique du Congo chargé de la mobilisation des ressources. Il est la seule institution qui soit chargée de trouver les ressources pour faire l’opération de la carte d’identité et d’électeur.
Alors puisqu’il est devant un double défis ; il a le devoir de doter le Congolais d’une carte d’électeur et d’identité et que les deux opérations utilisent les mêmes équipements par rationalité. Il ne peut qu’essayer de voir comment ces opérations là peuvent utiliser au maximum les mêmes équipements. Sur ces deux opérations la carte d’électeur est gratuite ; alors que la carte d’identité est payante. Quoi de plus normale que le gouvernement dise, je cherche des partenaires dans le cadre d’un partenariat publique et privé qui seront prêts à pré financer les opérations de révision des fichés électoraux qui est la première phase et en même temps la carte d’identité.
Alors quand vous dite que la carte d’identité doit financer la carte d’électeur, on annonce en fait la finalité. Mais c’est le gouvernement qui a le secret de la modalité. Ne pensez pas que ce n’est pas possible, c’est possible, puisque je vous informe que le gouvernement est très avancé dans la discussion avec les partenaires dans cette opération.
Dans les jours qui viennent, vous serez conviés en tant que Congolais à récupérer votre carte d’électeur d’une part votre carte d’identité. Ce ne sont pas les opérations qui se passent le même jours et en même temps. Ce sont les opérations indépendantes. Je vous informe que l’opération de la carte d’électeur est pilotée par la Commission électorale et indépendante et la carte d’identité par le ministère de l’Intérieur. Il y a juste une collaboration interinstitutionnelle entre le gouvernent et la Cei.
Y-a-t-il une question à laquelle vous vous attendiez et que nous n’avons pas posée ?
En ce qui concerne les élections, il y a une question qui revient souvent, c’est la question liée aux séquences des opérations. Certains sont tombés dans la grossièreté et pensent qu’on sacrifiera une opération par rapport à une autre. Ça ne se fait pas comme cela dans un pays. Les élections sont constitutionnelles. Et donc, en ce qui concerne les séquences des élections nous devons d’abord assurer tout le monde que nous allons organiser les élections urbaines, municipales,et locales après la révision du fiché électoral.
Et que la CENI qui va remplacer la Cei va organiser les élections générales, présidentielles, législatives nationales et provinciales. Les élections urbaines, municipales et locales auront lieu avant les élections générales de 2011 même si ces élections là se dérouleront la même année. Elles seront séparées. Mais elles se dérouleront la même année et elles se préparent sérieusement dès maintenant et 2010 sera une année décisive parce que c’est une année où le peuple congolais doit se préparer à ces élections urbaines, municipales et locales et aux élections générales.
Les élections se préparent pendant longtemps et elles se déroulent pendant peu de temps. C’est ça le secret des élections, donc nous devons apprendre à soigner chaque étape. Quant à la Cei , elle est déjà fortement mobilisée; elle est suffisamment avancée techniquement, pour prendre ses responsabilité.
Elle demande que tout les autres partenaires, toutes les autres parties prenantes du processus électoral se préparent de la même manière. Il ne faut pas rester longtemps entrain de raconter les histoires et être surpris les jours des élections. Les partis politiques, la société civile et autre ; préparer vous. J’insiste sur une chose, nos élections qui vont arriver, je souhaite qu’elles soient surveillées par le mécanisme indépendant de la société civile et partisan des partis politiques.
Que tout le monde se prépare dès maintenant. Dans le monde électoral, les rumeurs, les racontars, radio trottoirs n’ont pas de place ; mais ce la précision et la planification, c’est l’éducation, la transparence dans l’information et dans l’équipement, processus et les procédures. J’aimerai bien que nous puissions tous nous impliqués et savoir qu’elles auront bel et bien lieu, elles respecteront le calendrier constitutionnel du pays.
Quand à la Cei, nous sommes prêt à remplir le rôle qui nous a été assigné. Nous sommes convaincu que la Ceni qui sera mis en place viendra avec les mêmes dispositions et que nous la remettrons ce témoin avec une grande joie d’avoir contribué au processus de démocratisation et de consolidation de la paix de notre pays. Je vous remercie.
Propos recueillis par Rodrick Mulamba/MMC
(RM/TN/Yes)