La reprise, par les Fardc, de la localité de Dongo le dimanche 13 décembre 2009 met fin à l’aventure politico-militaro-fétichiste d’un certain Udjani Mambana. Opérée avec le concours logistique de la Monuc, l’action menée par la 321ème brigade en provenance de Kindu s’est faite dans l’ordre et la discipline.
Ceci constitue la preuve – si besoin est – que les Fardc ne sont pas l’engeance dont certaines ONG véhiculent l’image par médias interposés. Il n’a été, en effet, enregistré aucun massacre, aucun viol de femme, aucun pillage dans le chef des militaires congolais, en dehors de ceux dénoncés par Ambroise Lobala, l’énigmatique porte-parole des « Patriotes-Résistants ». Ainsi, tombent d’elles-mêmes toutes les horreurs anticipativement déversées – via Internet – sur l’armée congolaise. Conduite par le général Babacar Gaye et composée d’humanitaires parmi lesquels les activistes des Droits de l’homme, la délégation de la Monuc qui s’est rendue à Dongo est rentrée à Kinshasa sans ramener de quoi alimenter les « ogres »...
Fait fort significatif, le prolifique et omniprésent Ambroise Lobala, qui envoie des « rapports » journaliers au site de l’Apareco tantôt à partir de Libenge, tantôt de Dongo quand ce n’est pas d’Imese (l’autre ajouterait comme par provocation de Paris), a perdu sa plume les 13 et 14 décembre 2009. C’est seulement le surlendemain que de Libenge – à supposer qu’il existe réellement - il a annoncé deux jours plus tôt l’occupation de la localité de Lolanga et l’interception par les siens d’un « 2ème bateau transportant une forte cargaison d’armes et de munitions ».
Or, pour un haut fait d’armes mémorable comme celui-là, il n’aurait pas attendu 48 heures pour alerter l’opinion.
D’emblée, il y a lieu de retenir qu’à l’instar du premier, le deuxième bateau n’a pas d’identification ni de caractéristiques. De petits détails intéressants (longueur, largeur, tirant d’eau, équipage etc.) n’apparaissent nullement dans les communiqués.
Faisant allusion à un affrontement qui a eu lieu à Lolanga le 13 décembre entre « les forces des Patriotes-Résistants et les armées étrangères déployées en République Démocratique du Congo », Ambroise Lobala signale que son Etat-major « a décidé du retrait volontaire » de ses forces de Dongo « pour des raisons stratégiques » ; soulignant au passage que « La MONUC et les troupes mercenaires ont concentré leurs aviations et le gros de leurs troupes sur la petite localité de Dongo qui constitue à leurs yeux un objectif devenu symbolique, alors qu’elle ne représente plus pour les Patriotes-Résistants une base stratégique pour la poursuite de notre avancée » !
Ce communiqué mérite d’être analysé, et bien analysé !
En effet, point de départ de la « rébellion » ou de la « libération » - au choix – Dongo est maintenant seulement qualifiée de petite localité ; ce qui veut dire, concrètement, qu’elle ne dispose pas d’infrastructures appropriées pour une concentration d’avions militaires de la Monuc, des Fardc et des troupes rwandaises.
Et la voici, comme par enchantement, propulsée base aérienne !
En toute logique, avec la capacité qui lui est désormais prêtée d’accueillir hélicos et avions de chasse, cette localité devient plutôt un point stratégique pouvant servir de point de départ d’une véritable contre-offensive. Son abandon ne peut s’expliquer que par la défaite. D’où l’absence des « rapports » du 13 et du 14 sur le site de l’Apareco. D’ailleurs, ceux des Internautes qui ont consulté ce site du 13 au 15 décembre 2009 ont trouvé des matières à diversion comme la rumeur sur la mort d’Etienne Tshisekedi, l’imminence de la proclamation de la République des Volcans par le Cndp etc. Pas un mot n’a été dit sur le front.
Ambroise Lobala termine le point 2 de son communiqué par cette déclaration péremptoire : « Toute version contraire à celle-ci ne relève que de la propagande et est destinée à camoufler les nombreux revers subis par les agresseurs sur le terrain. Ceci est vérifiable par le nombre de cercueils qui sont ramenés chaque jour à Kinshasa à des heures tardives de la nuit ».
Tout esprit éveillé ne peut que s’en poser la question : pourquoi ramener dans la capitale congolaise des cercueils censés contenir des corps des militaires « parlant anglais et kinyarwanda », puisque les affrontements, selon le communiqué du 12 décembre 2009 signé, tenez bien, de Dongo, ont mis face aux « Patriotes-Résistants » des militaires rwandais de Rdf ?
Ce communiqué mérite aussi une analyse attentive. Dans ses trois premiers paragraphes, Ambroise Lobala écrit ceci : « A leur réveil ce samedi 12 décembre 2009, les habitants de Gemena ont découvert soudain qu’ils étaient sous occupation étrangère. En effet, à peine remis du pillage systématique de la résidence du sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo et de la plantation de son père, feu le sénateur Jeannot Bemba Saolona, les compatriotes habitant cette ville se sont vus imposer un traitement digne du régime nazi à l’endroit des juifs en Allemagne et en Pologne. De parcelle en parcelle, de carrefour en carrefour, sur les routes des champs ou sur le chemin du travail, des militaires parlant anglais et kinyarwanda ne se contentent plus de rançonner. Mais ils pillent, violent, tabassent, insultent de la manière la plus vile nos compatriotes. Leur tort est d’être de congolais et plus particulièrement de la même ethnie que les sénateurs Bemba ».
Leur intérêt dans la découverte, soudaine, de l’occupation étrangère.
Pourtant, dans un autre communiqué datant du 9 décembre 2009, Ambroise Lobala déclare ceci, à propos de la contre-offensive menée contre les « Patriotes-Résistants trois jours plutôt : « 1. En date du 06 décembre dernier, de violents combats ont opposé les troupes des Patriotes-Résistants de la RDC à celles des Rwanda Défense Forces (RDF) dans le village de GUGA. L’ennemi a connu de nombreuses pertes en vies humaines, et a abandonné sur le champ de bataille, un lot très important d’armes et de munitions » et « 3. A la même date, les renforts ennemis partis de Gemena ont été interceptés au niveau de BOZENE par les combattants des Patriotes-Résistants de la RDC. Les forces ennemies ont alors commencé le pillage de la petite bourgade avant leur retraite. Un chef du village sorti pour les en dissuader a essuyé des coups de feu, mais heureusement, il n’a pas été atteint ».
Cela revient à dire que bien avant le 6 décembre 2009, les troupes rwandaises (alias renforts ennemis) se trouvaient déjà à Gemena, au vu et au su des compatriotes ; donc en pleine besogne d’occupation, si occupation il y a et si troupes rwandaises il y a.
Visiblement, Ambroise Lobala est devenu amnésique. Autrement, il se serait souvenu que dans son communiqué du 28 novembre 2009, il avait signalé l’imminence de l’arrivée des « nouvelles troupes rwandaises » à Gemena, en provenance de Gbadolite. Ce qui suppose qu’avant le 28 novembre, il y avait déjà à Gemena les premières troupes rwandaises ! Il avait même ajouté qu’« Afin de venger la cuisante défaite que les forces patriotiques leur ont infligée à Dongo en date du 26 novembre dernier, la coalition Rwanda-MONUC a fait venir d’importants renforts de Kigali ». Mieux, il avait fourni quelques informations sur le routing : « Ainsi donc, un gros porteur parti de Goma ce vendredi 27 novembre a amené sur Kisangani ces nouveaux renforts des troupes de l’armée régulière rwandaise. De Kisangani, l’appareil a effectué trois rotations sur Gemena pour y acheminer ce corps expéditionnaire spécialisé en génocide », avait-il dit.
Au regard de ce qui précède, on réalise combien Ambroise Lobala – ou la personne qui se cache sous ce nom – a de plus en plus du mal à gérer sa politique de communication fondée sur la manipulation, l’intoxication et la désinformation.
Porte-parole injoignable !
Le vrai problème, on s’en doute, est la tentative d’intellectualiser une « rébellion » ou une « libération » ayant plutôt pour chef de file un féticheur, en la personne du fameux Udjani Mambana.
En prétendant connaître tout ce qui se prépare et se fait dans les allées du Pouvoir à Kinshasa, Honoré Ngbanda pouvait tout ignorer des origines des affrontements interclaniques et intertribaux de Dongo, sauf l’identité et la profession de ce « leader ».
C’est probablement ce qui explique le cloisonnement médiatique imposé à la « rébellion » ou « libération » lancée à partir de la localité devenue non stratégique.
On n’a pas à être un esprit éveillé pour s’en rendre compte : plus d’un mois durant – et d’ailleurs jusqu’à ce jour – Ambroise Lobala Mokobe n’a été joignable ni par e-mail, ni par téléphone cellulaire, ni par valise satellitaire ! Pour un porte-parole, c’est bien le comble ! Tous ses communiqués de « front » ne sont envoyés qu’au site de l’Apareco ; ce qui n’est possible qu’en disposant de l’Internet grâce auquel il peut accéder, à partir de Dongo ou de Ligenbe, d’Imese ou de Lolanga, aux informations livrées par exemple par «Radio Top Congo » ou le « journal l’Avenir » !
Intellectuel de haut niveau – du moins c’est ce qui apparaît au travers de sa terminologie (à moins de copier servilement Honoré Ngbanda) – Ambroise Lobala n’a accordé jusque-là qu’une seule interview. Et encore, à Radio Bendele, la « Bouche-Oreille » voisine de l’« Œil du Patriote ». Or, avec la maîtrise des sujets internationaux dont il fait montre, il est capable d’intervenir sur Rfi ou Voa, Tv 5 ou Bbc, Okapi ou Cnn ! Il n’est jamais intervenu sur aucun de ces médias.
Resté invisible, il risque de passer pour un illustre inconnu. Simplement pour servir de couverture à un féticheur qui, lui, est réputé pour ses méfaits dans le Sud-Ubangi.
La question, pertinente, est de savoir comment des intellectuels avérés qui pullulent autour d’Honoré Ngbanda au sein de l’Apareco ont-ils cru se servir de l’aventure du féticheur Udjani Mambana pour en faire une « rébellion » et en espérer une « libération » ?
Forcées les unes à l’exil, les autres à l’errance dans une forêt équatoriale inhospitalière, les populations de l’Equateur vont se souvenir, le moment venu, qu’un fils du coin, en la personne d’Honoré Ngbanda, aura donné sa caution à une tribu contre une autre tribu et profité des affrontements cycliques autour des étangs de poisson pour les envoyer, elles, crever ailleurs...
C’est du « suicide » !
Omer Nsongo die Lema
(TN/Yes)