L’Union européenne a rencontré mercredi la préoccupation du Président Joseph Kabila de traduire dans la réalité la politique de « Tolérance zéro », en appelant les autorités congolaises à faire en sorte que cette politique, proclamée par le Chef de l’Etat congolais contre les anti-valeurs, ne soit pas un vain mot.

« Les autorités congolaises ont la responsabilité de faire en sorte que la politique de tolérance zéro ne soit pas que des mots, mais soit traduite dans la réalité », a déclaré devant le Parlement européen la ministre suédoise des Affaires européennes, Cecila Malmström, dont le pays préside l’Union Européenne.

Mme Malmström a qualifié d’ « extrêmement dramatique » la situation au Congo où les droits de l’homme, selon elle, « sont foulés au pied » et où « Il y a beaucoup d’actes de violences sexuelles », notamment dans l’Est du pays. « Nous sommes préoccupés par l’avenir de ce pays », a-t-elle ajouté.

D’autres personnalités politiques européennes qui sont intervenues devant le parlement de Strasbourg, notamment l’ancien ministre belge des Affaires étrangères et actuel commissaire européen à l’aide au développement Karel de Gucht, ont aussi appelé le chef de l’Etat congolais à mettre fin à l’impunité ».

Lors de son dernier séjour à Bukavu, dans le cadre de son actuelle visite de travail, le Président joseph Kabila a, en effet, réitéré mercredi, dans une adresse aux notabilités de la province du Sud-Kivu, son engagement à lutter contre l’insécurité et les anti-valeurs qui prennent corps dans la partie Est de la RDC, particulièrement dans la province du Sud- Kivu où certains originaires coalisent avec les FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda). Il a en outre lancé une sévère mise en garde aux opérateurs économiques qui s’adonnent à l’exportation frauduleuse des produits miniers vers les pays voisins.

Le Chef de l’Etat, rappelle-t­on, avait aussi prévenu dans son dernier discours sur l’état de la nation devant le Parlement réuni en congrès que les auteurs d’actes d’indélicatesse ou de manquements graves dans l’exercice de leurs charges seront sévèrement sanctionnés, pour la moralisation de la vie publique. C’est notamment le sens des mesures d’assainissement que j’ai récemment prises dans le secteur de la justice », a dit le Président de la République, ajoutant que ces mesures n’en sont qu’un premier pas.

« Elles doivent être complétées, et cela sans tarder », a-t-il martelé, en annonçant la révision de la loi pénale pour en renforcer les peines ainsi que la mise sur pied d’une structure de coordination multidisciplinaire de lutte anti-fraude.

Acp


(TN/Milor/GW/Yes)