La fin de la session budgétaire qui est intervenue mardi dernier au Palais du peuple avec l’adoption du budget de l’exercice 2010 après harmonisation des deux chambres du Parlement résonne dans les états-majors politiques de la majorité comme un nouveau rendez-vous avec le très attendu remaniement du Gouvernement.

Il y a plus d’un mois, en effet, les salons capitonnés de la capitale avaient grouillé d’une rumeur annonçant que ce remaniement allait intervenir après l’adoption du budget, cela après plusieurs rendez-vous manqués depuis que le Chef de l’Etat a évoqué la question voici plus de sept mois.

Comme toujours, l’enjeu de ce réaménagement de l’équipe Muzito tourne autour du besoin d’imprimer à l’Exécutif national plus d’efficacité.

Des situations successives sont intervenues depuis sept mois pour justifier ce réaménagement.

Il s’agit, par exemple, des vides laissés à certains postes après la mort du ministre Philippe Futa de l’Economie et le départ du ministre de la Recherche scientifique à la CEPGL, notamment. Sans oublier la nomination, fin janvier 2009, de l’alors ministre des Relations avec le Parlement en qualité de directeur de cabinet du chef de l’Etat.

Pour ce nouveau rendez-vous, une certaine opinion estime que le Chef de l’Etat devrait tirer les conséquences des nouvelles orientations qu’il a données au Gouvernement lors de son discours sur l’état de la Nation prononcé le 7 décembre 2009 devant les deux chambres du parlement réunies en Congrès.

Joseph Kabila avait, à l’occasion, déclaré vouloir consacrer l’année 2010 au social, autant qu’il avait assigné au Gouvernement des priorités économiques et financières, notamment dans la perspective de l’assainissement du climat des Affaires.

D’autre part, le nouvel accord formel conclu avec le Fonds Monétaire International (FMI) est assorti d’une série d’objectifs à atteindre pour voir la RDC accéder au point d’achèvement de l’Initiative des pays pauvres très endettés (PPTE).

Et au volet politique, l’année 2010 constituant une charnière vers l’année électorale 2011, certains observateurs croient que la majorité devrait s’ajuster, comme l’a fait savoir récemment le secrétaire exécutif adjoint de l’AMP, Koyagialo Gbase Te Gerengbo. Un ajustement qui impliquerait la mise en disponibilité des leaders dont la plupart sont actuellement aux affaires.

Ce programme qui augure un nouvel ordre de gestion de la chose publique convainc les observateurs de la nécessité de réaménager le Gouvernement, notamment dans les secteurs les plus directement concernés.

On estime, d’autre part, que la brève production du petit groupe de députés de l’AMP qui ont tenté d’initier un courant rénovateur s’inscrirait dans la logique d’éveiller l’attention et ramener sur la table le dossier du remaniement.

endundo Dans tous les cas, seul le Président de la République, qui a évoqué le sujet depuis belle lurette, détient la décision quant à ce remaniement.

Pour cela, toutes les supputations glanées ça et là ne relèvent, jusque là, que de la spéculation.

Ceci d’autant plus qu’à ce jour, il n’est pas encore observé de manœuvres dans ce sens au sein de la majorité. Mais ce qui est sûr, c’est que les leaders politiques sont désormais aux aguets pour cette fin d’année qui paraît être de tous les enjeux.

Normal, alors, si la plupart de députés-candidats ne gagneront pas leurs bases respectives pour les vacances parlementaires.

Nombre d’entre eux soutiennent, en effet, la thèse du remplacement des chefs de partis actuellement aux affaires par les élus, estimant que ceux-ci répondraient le mieux aux attentes de leurs électeurs.

Jonas Eugène Kota/Forum des As


(TN/Milor/Yes)