Chat échaudé craint l’eau froide. La tragédie survenue à l’Est à cause de Nkunda Batware, comme celle qui y sévit en ce moment à cause des Fdlr, aura sans doute servi de leçon inoubliable à la Mission onusienne au Congo (Monuc). Au lendemain des élections présidentielle et législatives de 2006, tout avait commencé comme un simple jeu à l’Est. Petite étincelle d’apparence anodine au départ, Nkunda et le Cndp avaient fini par prendre une ampleur nationale, puis internationale.

Pour avoir minimisé la menace dès le départ, la Monuc a été vite prise de court par les événements. Elle s’est réveillée tardivement, lorsque la rébellion grondait nerveusement aux portes de Goma. Pour extirper cette dernière, il a fallu recourir à une médiation internationale. Sans grand succès. Aujourd’hui où l’Est est en train d’essayer de trouver son calme, voici qu’à l’Ouest une gronderie armée s’est signalée.

A l’Equateur précisément. Rudement éprouvée par le passé, la Monuc a vite renoncé à faire une lecture complaisante de la situation. Contrairement au gouvernement central, c’est elle qui la première avait attiré l’attention sur le danger de la situation de Dongo. C’est toujours elle qui avait pris le courage de se détacher de l’entendement premier de la réalité sur terrain. Elle a refusé de se convaincre que les événements de Dongo ne se résumaient qu’à un simple conflit interethnique. Bien lui en pris cette fois.

En effet, grâce à son insistance, Kinshasa a fini par prendre toute la mesure de la situation. Il s’avère, au bout de compte, que les événements de Dongo n’étaient qu’un arbre qui cachait la forêt. On parle même, et cela en de termes très clairs, d’insurrection. 11 mutins sont en ce jour aux arrêts. Et une instruction judiciaire est en cours depuis. Le porte-parole du gouvernement l’a fait savoir à l’opinion publique.

Partant, toutes les mesures sont prises en vue d’éviter que la menace, quoique maîtrisée, ne ressurgisse. Mais, surtout que l’on en vienne pas à la stabilité du pays. Car qu’on s’en souvienne, là-bas comme ici, tout avait débuté sous le couvert de l’innocence. C’est pour cette raison principale que la Monuc a dépêché à l’Equateur des véhicules blindés, des hélicoptères de combat et des troupes. Les premiers militaires de cette mission sont arrivés le mardi 15 décembre à Dongo. Une base opérationnelle temporaire (Tob) y est désormais fonctionnelle. Elle l’est aussi à Bozene.

Cette mesure militaire de la RDC entre dans le cadre du soutien aux opérations conjointes Fardc-Parec. Celles-ci visent a rétablir l’ordre et l’autorité de l’Etat à Dongo, Imesse et leurs environs. Au total ce seront 5000 soldats appartenant aux contingents ghanéen, tunisien, égyptien ainsi que des éléments de la force spéciale guatémaltèque qui vont se déployer sur le terrain.

C’est la brigade Ouest de la Monuc qui est chargée de coordonner les actions de soutien aux mouvements de troupes sur 3 axes : il s’agit de l’axe Nord, Gemena-Mbangi-­Libenge ; axe central : Gemena-Bozenge-Kungungu-­Dongo et axe Sud : Mbandaka-Imesse, tout le long de la rivière Ubangui. Comme, on peut  le constater, cette fois la Mission onusienne a préféré devancer les événements.

Pour rien au monde, il ne faut pas que l’Ouest du Congo bascule aussi dans l’instabilité. Surtout que, comme l’avait révélé Le Palmarès, « des mains noirs et voisines s’activaient dans l’ombre de cette situation ».

Le Palmarès


(CV/TH/Yes)