La balkanisation de la Rdc n’aura pas lieu. Joseph Kabila rassure l’opinion qu’il y veille comme à la prunelle de ses yeux. Joseph Kabila met en garde les opérateurs économiques du Sud-Kivu qui excellent dans l’exportation frauduleuse des ressources minérales de la Rdc vers des pays voisins. Le Chef de l’Etat a quitté le Sud-Kivu hier pour Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu.

C’est depuis près d’une semaine que Joseph Kabila a séjourné au chef-lieu de la province du Sud-Kivu. Il y a poursuivi sa politique d’itinérance après Mbuji Mayi et Mwene-Ditu au Kasaï Oriental et à Gemena dans la province de l’Equateur.

La géographie de ces visites n’est pas un fait du hasard. Au Kasaï oriental, le Chef de l’Etat est allé réconforter la population de cette province, particulièrement à Mbuji Mayi et à Mwene-Ditu à la suite des sinistres qui ont frappé ces deux villes. Il a mis son séjour à profit pour résoudre les problèmes qui se posent dans cette partie de la Rdc. C’était du concret en trouvant des solutions au problème de la Miba et d’annoncer les travaux de voirie de la ville de Mbuji-Mayi. Du Kasaï Oriental, Joseph Kabila s’est rendu dans la province de l’Equateur, particulièrement à Gemena au Nord Ubangi où s’était déclarée une rébellion dans la cité de Dongo et qui a gagné certaines localités du District. Joseph Kabila est allé se rendre compte de cette situation et envisager des solutions. On peut dire aujourd’hui que ce passage de Joseph Kabila à l’Equateur a servi à quelque chose. Car, quelques jours seulement après le passage du Chef de l’Etat, la rébellion a été mise en déroute. Son fief de Dongo est actuellement sous contrôle de l’armée nationale. Selon les témoins, la vie reprend. On attend que les déplacés vers le Congo Brazzaville regagnent leurs villages.

La pédagogie de l’itinérance

Aussitôt revenu à Kinshasa, Joseph Kabila n’a pas eu de repos. Il a aussitôt repris son bâton de pèlerin pour la province du Sud-Kivu où on a enregistré une suite de meurtres commis par des hommes armés dont l’Eglise catholique locale semble être la cible désignée.

Le Chef de l’Etat est allé encore une fois consoler la population de cette partie du pays. Partout où il est passé, le Chef de l’Etat a appliqué ce qu’on peut désormais qualifier comme étant sa pédagogie. Prendre contact direct avec la population, toucher du doigt les problèmes qui se posent et y proposer des solutions. Pour ne pas décider seul, suivant la nature des problèmes qui se posent, Joseph Kabila associe ses collaborateurs de différentes institutions. Si à Mbuji Mayi il a présidé la réunion interinstitutionnelle, à Bukavu il a été question d’un conseil des ministres.

Au Sud-Kivu, le défi à relever c’est certes celui de l’insécurité. Mais, surtout il faut mettre à nu ceux qui jouent au cache-cache en entretenant l’insécurité. Et Joseph Kabila qui n’entretient pas la langue de bois a été direct et clair avec les populations du Sud-Kivu. Il a saisi l’occasion de la rencontre avec les notabilités de cette province pour dire certaines vérités que d’aucuns considéraient jusque-là comme taboues.

Le défi de la sécurité

La sécurité a été en bonne position dans l’important discours du Chef de l’Etat à Bukavu. A ce sujet, Joseph Kabila s’est vu dans l’obligation de faire comprendre aux populations du Sud-Kivu qu’il n’a pas renoncé à son engagement d’instaurer la sécurité sur cette partie du pays contre vents et marées. Combattre l’insécurité sous toutes ses formes est un objectif majeur, a-t-il fait remarquer.

Le Chef de l’Etat a démontré par ses propos que les fils du Sud-Kivu contribuent malheureusement à la déstabilisation de leur province. Sans langue de bois, Joseph Kabila a fustigé le comportement de certains fils de cette province qui ont purement et simplement choisi de composer avec les Fdlr qui, pourtant, pillent, tuent. Leurs victimes sont les populations congolaises du Sud-Kivu. On peut donc se poser la question de savoir, au nom de quelle population certains fils du Sud-Kivu fondent leur lutte.

Lorsqu’il a été question de lancer la lutte contre les Fdlr qui étaient la cause de la guerre avec le voisin rwandais et dont le Sud-Kivu a payé un des prix les plus élevés, la réaction la plus vive, la plus controversée contre ces opérations est venue des notabilités de cette province. Lorsque l’opération Kimya 2 commence notamment dans la province du Sud-Kivu, on a senti la mauvaise humeur dans certains milieux notamment au sein de la société civile. La conséquence logique de cette situation, c’est qu’à ce jour, certains fils de cette province ne cachent plus leur soutien aux Fdlr.

Des compatriotes anti-patrie ?

D’aucuns se poseraient la question de savoir pourquoi tel comportement contradictoire au discours nationaliste du Sud-kivutien ? L’intérêt est un vrai instrument pour nous crever les yeux, a dit un psychologue. On ne peut justifier le soutien aux Fdlr que par des intérêts économiques. Le Chef de l’Etat a donc épinglé le fait que certains fils de la province du Sud-Kivu exportent frauduleusement les matières premières dans les pays voisins.

On connaît l’apport des Fdlr dans cette exploitation illégale des ressources naturelles de la Rdc. Non seulement par leur présence, les Fdlr permettent l’existence des trous noirs qui sont des zones de non Etat qui favorisent l’exploitation illicite des ces ressources, mais aussi, les Fdlr constituent une main d’œuvre dans cette exploitation. Et pourtant, Joseph Kabila est d’avis que les Congolais et ceux qui ont de l’argent doivent participer à la création des richesses et donc au développement de la province du Sud-Kivu. La meilleure façon de le faire, c’est de penser à l’industrie de transformation des ressources naturelles de cette province. Cela n’a rien à voir avec l’exploitation frauduleuse des minerais congolais à l’état brut.

Cet affairisme explique aussi le changement de discours et de comportement chez certains prétendus " compatriotes Maï-Maï". Hier partisans du départ des occupants étrangers, aujourd’hui, les Maï-Maï s’opposent à l’opération Kimya 2 dont l’objectif est de permettre aux rebelles hutus rwandais de rentrer dans leur pays. Et pourtant, on s’attendait à ce qu’ils apportent tout leur concours aux Fardc dans cette guerre. Tous ces gens, affairistes, qui agissent sous l’étiquette d’hommes politiques ou de celle d’activistes de la société civile, sans oublier les prétendus Maï-Maï, doivent prendre très au sérieux cette mise en garde que Joseph Kabila leur a lancée dans son discours devant les notabilités de la province.

Il est vrai que certains éléments des Fardc font montre d’une indiscipline impardonnable en se mettant au service des ennemis de la paix. Joseph Kabila a également mis en garde ces éléments indisciplinés des Fardc. Car, il n’y aura plus de pardon pour ces récidivistes.

Non à la balkanisation de la Rdc

Ceux qui fomentent des troubles à l’Est de la Rdc, ceux qui se prêtent au jeu de certains nostalgiques, ont peut-être une idée derrière la tête. On parle de la balkanisation de la Rdc. Joseph Kabila, en sa qualité de garant de l’intégrité du territoire congolais, ne pouvait pas ne pas se prononcer sur ce sujet. Apparemment, Joseph Kabila n’aborde pas souvent cette question qui, pour lui est hors question. Cette fois, on en parle tellement que Joseph Kabila s’est vu obligé d’en parler. Pour lui, il s’agit d’une rumeur. Cependant, il a tenu à rassurer les Congolais qu’il veille sur l’intégrité du territoire national autant qu’à la prunelle de ses yeux.

Il y a un lien entre cette rumeur et la situation d’insécurité à l’Est du pays. Et Joseph Kabila a fait savoir que l’amélioration de la situation sécuritaire au Sud-Kivu est de la responsabilité de tous les fils et filles de cette province et du pays. Tant que cela ne sera pas compris ainsi, il sera difficile de parler de la paix dans cette partie du territoire national.

Les relations avec les pays voisins ne sont pas étrangères à la situation sécuritaire et à l’économie. Cela explique les efforts du gouvernement de construire des rapports de bon voisinage avec tous ses voisins. S’il y a des gens qui pensent que certains voisins leur serviront encore de base arrière pour la déstabilisation de la Rdc, ils doivent refaire leurs calculs. C’est pourquoi Joseph Kabila ne pouvait pas parler de la sécurité et de l’économie à l’Est du pays sans évoquer les relations avec nos voisins. Le chef de l’Etat a quitté Bukavu hier pour Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu.

Joachim Diana G./L’Avenir


(CV/PKF/GW/Yes)